14 avril 2013

Julien Merle, "vigneron contemporain"

Je poursuis mon périple en Beaujolais, avec Julien Merle, à Légny (Sud Beaujolais)

"Vigneron Contemporain", c'est ainsi qu'il s'intitule lui-même.

Anneaux aux oreilles mais casquette vissée sur la tête, ce jeune du Beaujolais est un paradoxe vivant, à la fois traditionnel et progressiste. Sérieux et joyeux-drille.

Chez lui, pas d'intrants, sa seule concession au modernisme est un groupe de froid. Pas de soufre ajouté, des levures indigènes, il revendique sa différence, son refus des appartenances - il n'est encarté nulle part, ni en bio, ni en nature, même s'il s'en sent proche.

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Par contre, le refus du tout technologique, pour lui, n'est pas le non-interventionnisme: "la simplicité, c'est plus compliqué". Car c'est le risque.

Une attitude? Beaucoup de mots pour pas grand chose? Non, car l'homme est sincère.

Et il a de jolies formules comme: "trop boiser, c'est vouloir faire d'un âne un cheval de course"; ou encore: "Le Beaujolais, c'est un lubrifiant socail".

Voyons donc ce que cela donne dans verre...

Beaujolais blanc 2011
Un peu de poire au premier nez, s'ouvre à l'aration sur de la pêvhe et des notes florales; bouche concentrée sur les épices. 13,5/20
 
Rosé 2011
Groseille au nez, une pointe de sucrosité , ce qui exhale le fruit en bouche. Simple mais plaisant 13/20
 
Beaujolais Nouveau 2012
Très joli nez, bel équilibre en bouche; fumé, léger grillé, complexité, début d'évolution, poivre
Pas de macération carbonique, 17 jours de cuvaison (et oui, ce genre de "nouveau", c'est bien du vin !). 14,5/20
 
 
Beaujolais Champ Blanc 2011
Assemblage de 4 ha du domaine (calcaire et schistes). Julien a conçu cette cuvée "pour l'instant partagé", nous dit-il. C'est réussi!
Griottine au nez, un peu de quetsche aussi, une belle tension en bouche, du fumé, de matière, mais pas trop; un bon équilibre et de la sapidité en finale. Presque un côté Côtes du Rhône nord. 15/20
 
 
Cuvée Philibert 2010
L'hommage liquide de Julien à son grand père: "J'ai voulu faire un vin comme il aurait pu en faire".
Un cuvée élevée en fût usagé, issue de vieilles vignes sur sables (1,2 ha)
Joli fruit noir au premier nez, puis on part vers le poivre blanc; le bois est très bien fondu en bouche; c'est assez rond, mais pas mou, car il y a une belle fraîcheur en finale. 15/20
 
Cuvée Philibert 2011
 
Très joli fruit, cerise noire, mûre; la bouche est riche, les tannins bien présents - ce vin est un séducteur au enton et aux épaules carrées. 16/20.
 

00:38 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 avril 2013

Beaujolais (suite): pèlerinage à Vauxrenard

Vauxrenard est un charmant petit village du Beaujolais, à l'Ouest de Fleurie ou au Sud de Juliénas, comme vous préférez. Sur la carte, ça paraît tout proche de la "civilisation" - je veux dire des grandes voies de passage.

Mais même avec un GPS, ce n'est pas si évident. Et puis ça tourne pas mal. Bref, il faut une bonne raison pour y aller.

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Moi, je l'avais: rencontrer, en chair et en os, une personne que j'apprécie beaucoup, une femme avec qui j'ai noué, au travers des blogs, une sorte d'amitié virtuelle, j'ai nommé Isabelle Perraud, des Côtes de La Molière.

J'aime son honnêteté, j'aime sa franchise, sa force de conviction, sa passion; j'aime aussi sa façon de remettre le vin dans un ensemble bien plus vaste, la vie, celle du vigneron, celle du consommateur, celle de la planète.

Certains font le pélerinage de Bernadette à Lourdes, moi, j'ai fait celui d'Isabelle à Vauxrenard.

Eh bien, elle est encore mieux en vrai!

Pétillante comme un jeune Moulin à Vent sur son gaz. Naturelle.

Tiens, au fait, j'ai adoré son 2011. Sa droiture, son fruit un peu espiègle (on dirait Isabelle!). Sa "buvabilité". A peine 12°! Et pourtant, ce n'est pas fluet, non, c'est fluide, nuance. Et puis le grain de sel sur la langue en fin de bouche...

Je n'avais pas beaucoup de temps, on m'attendait à Epernay, et je n'étais pas trop sûr de la route pour redescendre à Mâcon (je me suis perdu, d'ailleurs).

Alors, je suis parti trop vite, un peu comme un voleur. Avec deux bouteilles sous le bras (merci!), et puis surtout, le souvenir de moments précieux passés en compagnie de gens vrais. Isabelle, bien sûr, et puis Bruno, son mari, dans genre un peu plus taiseux, peut-être, mais pas moins intègre dans sa démarche.

A bientôt, j'espère!

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France | Tags : côtes de la molière | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |