09 novembre 2013

Vaurenard ou le Beaujolais de garde

Des vins de garde, en AOC Beaujolais? Oui, ça existe! La preuve par le Château de Vaurenard, à Gleizé.

Tout commence il y a tout juste 30 ans, en novembre 1983. Comme chaque année, à cette date, Ghislain de Longevialle a tout vendu en BN, la cave restant morte 10 mois de l'année.

C'est alors que Ghislain s'est demandé : «Est-ce là ma seule ambition? Et où sont passés les vins du grand-père, ceux qui pinoteaient?».

Il a donc commencé à garder une partie de la récolte – 20%, tout d’abord, puis un peu plus chaque année.

Autres particularités de ce beau domaine de 25ha d'un seul tenant : il n’a plus un bidon d'insecticide depuis 1999, ni d’antibotrytis. Dixit Ghislain : «La vigne se défend elle-même».

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Le magnifique château de Vaurenard et sa chapelle (photo H. Lalau)

Si pour son "BN", la macération ne dure que 4 à 6 jours, pour les autres vins, c’est 5 semaines. Ni pigeage ni remontage, il travaille avec une grille et refroidit avec des barres flottantes. L’élevage se fait en foudres, sauf pour le chardonnay qui va en barriques.

 

Château de Vaurenard Baron de Richemont, Beaujolais Supérieur 2009

Une gourmandise. Mais une gourmandise sérieuse, bien en chair (vignes de 40 ans et plus). De la griotte, des épices (2 ans de foudre). 14/20

 

Château de Vaurenard 2003 Cuvée Quintessence

Ce n’est sans doute pas l’idée qu’on se fait du Beaujolais. A tort !

Le nez présente des notes surmuries, « sur-Maury », même, mais la bouche a gardé une belle fraîcheur –le fruit est toujours là ; La structure d’un grand vin bien élevé, mais beaucoup de charme, aussi. 16/20

 

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Ghislain de Longevialle et sa cuvée Quintessence 2003 (photo H. Lalau)

Château de Vaurenard 1999

Nez très floral (violette et pivoine), du cuir et des épices, aussi ; la bouche présente une jolie structure granulée, du gras, du glycérol – la « mémoire du bois »… 14,5/020

 Contact: ghislain.de.longevialle@chateaudevaurenard.com

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

26 juin 2013

Bourgogne Gamay, plus vendeur que Beaujolais Villages?

C'est Vitisphère qui l'annonce: "Mommessin présentait sur Vinexpo sa toute nouvelle cuvée Grand Granite, une version haut de gamme de l’appellation Bourgogne Gamay. «L’idée est de mettre en avant les grands terroirs de granit que l’on trouve dans les crus du Beaujolais», explique François Jaubert, directeur technique de la société. Cette cuvée est issue de vignes de Gamay de trois crus du Beaujolais: Moulin-à-Vent, Morgon, Brouilly, terroirs qui donnent «les vins les plus capiteux de la région».

Mais pourquoi ne pas vendre cette cuvée sous le nom de Beaujolais Villages?

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Pas en Bourgogne, non - à Pouilly le Monial, en Beaujolais... (photo H. Lalau)

Comment Bourgogne Gamay, appellation régionale et peu usitée peut-elle être plus valorisante que Beaujolais ou Beaujolais Villages, surtout pour une cuvée prétendument "haut de gamme" et connotée terroir?

Et surtout si l'on parle de mettre en avant les granites du Beaujolais!

Déjà, j'ai du mal à comprendre la réflexion qui soustend la mise en place des Coteaux Bourguignons (pour moi, à peine une IGP, vu la variété des sols et des micro-climats).

Mais un Bourgogne Générique Haut de Gamme produit sur les meilleurs terroirs du Nord Beaujolais, là, je voudrais vraiment qu'on m'explique la démarche. Est-ce que c'est juste de l'opportunisme marketing? Ou j'ai loupé un épisode?

Granites ou terres dorées, vive les terroirs du Beaujolais - quand même!

03:25 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |