10 novembre 2013

Le souffle du Moulin à Vent de Richard Rottiers

Il y a les vins sans soufre, et les vins sans souffle. Celui que je vous présente aujourd'hui ne fait partie d'aucune des deux catégories.

C'est un Moulin à Vent, déjà. Mais surtout, souffle sur lui l'esprit... d'un vrai créateur!

Passé par Chablis, Gaillac, la Provence, la Nouvelle Zélande et l’Afrique du Sud, Richard Rottiers a posé ses valises à Romanèche-Thorins pour les beaux yeux de sa compagne Corinne ; il y a fait souche en reprenant un petit domaine de 3,15 ha. Innovateur dans l’âme, il aime à expérimenter ce qu’il a appris ailleurs, surtout en ce qui concerne la préservation de l’environnement…

IMG_2200.jpgHeureusement pour lui et pour nous, Richard Rottiers n'a pas rendu son dernier souffle... (Photo H. Lalau)

Richard Rottiers Moulin à Vent Dernier Souffle 2011

Rien de lugubre dans ce vin, même si la parcelle se trouve derrière le cimetière de Romanèche-Thorins. Terroir de granit, bien sûr… Son nom fait à la fois référence au lieu, et au vent (du Moulin). 

Beaux fruits rouges et noix (questche, griottines, noyau de cerise) et violette au nez; en bouche, beaucoup de fraîcheur et surtout, un grain étonnant en finale - quand salinité rime avec sapidité.


08:16 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France | Tags : moulin à vent, rottiers | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

09 novembre 2013

Vaurenard ou le Beaujolais de garde

Des vins de garde, en AOC Beaujolais? Oui, ça existe! La preuve par le Château de Vaurenard, à Gleizé.

Tout commence il y a tout juste 30 ans, en novembre 1983. Comme chaque année, à cette date, Ghislain de Longevialle a tout vendu en BN, la cave restant morte 10 mois de l'année.

C'est alors que Ghislain s'est demandé : «Est-ce là ma seule ambition? Et où sont passés les vins du grand-père, ceux qui pinoteaient?».

Il a donc commencé à garder une partie de la récolte – 20%, tout d’abord, puis un peu plus chaque année.

Autres particularités de ce beau domaine de 25ha d'un seul tenant : il n’a plus un bidon d'insecticide depuis 1999, ni d’antibotrytis. Dixit Ghislain : «La vigne se défend elle-même».

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Le magnifique château de Vaurenard et sa chapelle (photo H. Lalau)

Si pour son "BN", la macération ne dure que 4 à 6 jours, pour les autres vins, c’est 5 semaines. Ni pigeage ni remontage, il travaille avec une grille et refroidit avec des barres flottantes. L’élevage se fait en foudres, sauf pour le chardonnay qui va en barriques.

 

Château de Vaurenard Baron de Richemont, Beaujolais Supérieur 2009

Une gourmandise. Mais une gourmandise sérieuse, bien en chair (vignes de 40 ans et plus). De la griotte, des épices (2 ans de foudre). 14/20

 

Château de Vaurenard 2003 Cuvée Quintessence

Ce n’est sans doute pas l’idée qu’on se fait du Beaujolais. A tort !

Le nez présente des notes surmuries, « sur-Maury », même, mais la bouche a gardé une belle fraîcheur –le fruit est toujours là ; La structure d’un grand vin bien élevé, mais beaucoup de charme, aussi. 16/20

 

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Ghislain de Longevialle et sa cuvée Quintessence 2003 (photo H. Lalau)

Château de Vaurenard 1999

Nez très floral (violette et pivoine), du cuir et des épices, aussi ; la bouche présente une jolie structure granulée, du gras, du glycérol – la « mémoire du bois »… 14,5/020

 Contact: ghislain.de.longevialle@chateaudevaurenard.com

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |