21 mai 2010

A propos des D.A.C. autrichiennes

A tous ceux qui consultent ce blog ou me contactent pour tenter de répondre aux questions du dernier concours vin de La Libre et de la DH, je précise:

-Primo, que je suis très flatté d'être ainsi une référence (au royaume des aveugles...).

-Secundo, qu'on compte aujourd'hui 7 D.A.C. en Autriche, même si pour deux d'entre elles, les premiers vins ne seront mis en marché qu'en septembre.

Tiens, dans ma grande bonté, je vous redonne les noms. Même si vous n'en avez rien à faire, puisque ce n'est pas dans la question: Weinviertel, Mittelburgenland, Traisental, Kremstal, Kamptal, et les deux petites dernières, Leithaberg et Eisenberg. A vos souhaits!

Je suppose que les organisateurs ont prévu ce petit hiatus et accepteront les 2 réponses, à savoir 5 ou 7. Sinon, changez de journal!

Ou bien changez de concours! J'en propose de temps à autres, ici même, mais je n'ai pas le succès de celui de La Libre et de la DH, qui me vaut à chaque fois un bel arrivage de nouveaux lecteurs, qui, comme les vols d'étourneaux, repartent aussi secs sous des cieux. plus rémunérateurs. Car il faut dire que sur mon blog, il n'y a rien à gagner, c'est juste pour le plaisir d'apprendre.

Notez que grâce à la Libre et à la DH, il y a maintenant des gens qui savent qu'il y a du vin à Treisental. Ce qui leur sera très utile dans les soirées. Plus que de connaître le nom du premier ministre cambodgien ou la capitale du Nicaragua, en tout cas.

Si c'est votre premier rendez-vous, évitez quand même d'étaler trop longtemps votre culture vineuse, à moins bien sûr que vous ne sortiez avec un(e) oenologue...

PS. Pour plus de renseignements sur la viticulture autrichienne, un email, un seul:

austrian-wines@skynet.be

 

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

18 septembre 2009

La Joyeuse Eglise du Rouge Autrichien

Ce blog prend parfois des allures de vieille radio locale : «Je vous parle depuis les bords du lac de Neusiedl…».

Notez que c’est vrai. Je suis au bord du lac de Neusiedl. Nous sommes une dizaine d’allumés, autrichiens, allemand, américain, anglais, suédois et français, tous membres d’une sorte de secte réunie pour la grand messe annuelle du vin rouge autrichien – Notre Dame des Roseaux. Le but étant de sélectionner les meilleurs pour le Guide des Vins Autrichiens. Principalement des 2007, cette année.

Neusiedlersee-Card-
La mer des Viennois

Rouge autrichien ? Un concept sectaire s’il en est, puisque le vin autrichien se résume le plus souvent au blanc dans l’imaginaire des buveurs étrangers. A tort, bien sûr, mais c’est là péché véniel, car les rouges autrichiens s’exportent à peine. Comment connaître et honorer ce qu’on n’a jamais l’occasion de boire?

Nous en sommes à notre quatrième session, et nous venons de dépasser notre 200ème vin – nous espérons bien atteindre les 250. Nous commençons donc doucement à comprendre ce qui se passe ici. L’ambiance est bonne, notre religion n’a rien de sévère.

Je ne vous parlerai pas des régions, car nous dégustons à l’aveugle – la seule indication fournie est le cépage. A ce propos, deux surprises, deux déceptions, et deux confirmations.
Côté (bonnes) surprises : le Zweigelt et le Blaufränkisch. Le premier, dans un style fruité et croquant qui m’évoque inévitablement les bons crus du Beaujolais. Le second, dans un genre plus construit, mais tout aussi délectable. A l’unanimité, la secte a brûlé un cierge à ces deux saints patrons du rouge autrichien.
Côté déceptions: les pinots noirs et les merlots. Les premiers manquent généralement de chair, et plus grave, de nez. Les seconds pèchent généralement par l’excès inverse, trop riches, trop travaillé aussi, bien souvent. Notre prière donnerait donc quelque chose du genre «Pardonnez-leur leurs pinots, car ils ne savent pas ce qu’ils font». Quoique notre Evêque, Helmut Knall, nous délivre un message différent : «Les vignerons d’ici sont persuadés que le pinot doit être quelques chose de spécial, et l’entourent de beaucoup de soin. Mais il n’est pas toujours à son aise chez nous. Ici, au Burgenland, il a trop chaud, par exemple. Mais il est présent depuis le Moyen-Age en Autriche…»
Deux confirmations : le Saint Laurent (qui prend parfois des allures de pinot) donne de très belles choses ; les assemblages de divers cépages (« cuvées », comme on dit dans la secte) sont généralement réussis. La recette commence à être connue:  dans le désordre : cabernet et merlot, Blaufrânkish, barrique et vigneron de qualité. J’allais oublier les cabernets «in purezza». Ils sont charnus, sans grand reproche. Leur seul tort est de trop aimer le bois, au point qu’on identifiera plus facilement le tonnelier que le pays de production. Mais ils méritent le respect.

Bref, ce marathon autrichien s’achève dans la joie. J’ai rarement eu l’occasion de déguster autant de bons rouges bien élevés en un même lieu. La messe est dite, allez en paix.

08:49 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |