02 janvier 2009

Foster's gardera-t-il son pôle vins?

Les marchés financiers n'étant pas spécialement propices à la revente, ces derniers temps,  Foster's, qui souhaitait se recentrer sur la bière et se délester de ses activités vins (Lindemans, Penfolds, Rosemount) reconsidère sa décision.

Sauf embellie boursière inattendue, le groupe australien préférerait restructurer ses activités plutôt que de vendre à perte.

11:56 Écrit par Hervé Lalau dans Australie | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

04 juillet 2008

La cloche a sonné!

La chronique dominicale de l'ami Eric Boschman est exceptionnellement avancée... à aujourd'hui. C'est qu'il flotte déjà un air de vacances sur ce blog...
 
"C’est le temps de l’amour, le temps des beaux jours et de l’aventure. Enfin, des aventures, parce que bon, c’est un beau roman, c’est une belle histoire. Elle descendait là-bas dans le midi, il rentrait chez lui, là-haut vers le brouillard, elle descendait dans le midi, le midi. Ils se sont trouvés au bord du chemin, sur l'autoroute des vacances. C'était sans doute un jour de chance, ils avaient le ciel à portée de main, un cadeau de la providence. Alors pourquoi penser au lendemain ? Ben justement, il faut y penser.
 
Lindemans


«On» ne cesse de nous le répéter: l’alcool, c’est mauvais pour la santé. Ça fait vieillir les tissus prématurément, ça creuse les poches sous les yeux, c’est pas bon pour les femmes enceintes ni pour les futurs bébés, ça rend con souvent, ça diminue notre habilité à conduire un engin motorisé, ça fait chanter faux, et j’en passe et des meilleures. Si j’ai oublié quelque chose, soyez gentils de ne pas m’en tenir rigueur. L’alcool est déjà dans le collimateur des législateurs européens, maintenant que le monstre fumant est vaincu du moins en apparence, les prochains à passer sous les fourches caudines seront les producteurs de sucres et puis, la commande 734 est prête à la boucherie, viendra la temps des producteurs de boissons contenant de l’alcool. Les acteurs de la filière ont cinq ans pour promouvoir la prévention et la consommation sage et puis, hop, ils connaîtront le sort producteur de tabac.
 
Arghhhhh, c’est que le vin contient de l’alcool, et plutôt de plus en plus que de moins en moins, et le degré devient la nouvelle antienne à la mode. Au moment où déboulent des vins à 9 %vol. comme des nouveautés, parce qu’une certaine presse, après avoir ardemment défendu les bêtes bodybuildées au degré d’alcool élevés, trouve qu’il faut absolument des vins avec peu de degrés, les vins du nouveau monde en prennent plus plein la tronche que les autres. Le problème du niveau d’alcool est éminemment complexe ; c’est à la fois le résultat du productivisme agricole aveugle des ces cinquante dernières années, de l’évolution des technologies viti et vinicoles, mais aussi, et là c’est bien emmerdant, de la pollution atmosphérique due au carbone. Même si en quelques années, les producteurs de levures pouvaient « sortir » des souches moins performantes et donc ayant besoin de plus de sucres que celle qu’ils ont mis trente ans à mettre au point et dont on use et abuse aujourd’hui pour produire de l’alcool, le problème ne serait pas réglé. La vigne, comme les autres végétaux, synthétise le carbone. Comme il y en a de plus en plus, elle produit de plus en plus de sucre, je schématise hein, mais c’est grosso modo comme ça. Ce qui signifie, en bout de course, que les vins titrent plus de sucre, ce qui potentiellement représente plus de degrés d’alcool. On peut plier le truc comme on veut, mais on est dans le jus sur ce coup-là. Aujourd’hui, certaines stations œnologiques constatent des écarts importants entre les maturités industrielles et phénoliques des raisins. Ce qui à pour conséquence, si l’on veut des vins mûrs, de produire à des degrés d’alcool élevés.

En une grosse décennie, ne fut ce qu’a Bordeaux, les vins ont pris en moyenne un degré. Sur les étiquettes. Parce qu’en plus, la législation autorise l’affichage d’un demi degré d’écart, au dessus ou en dessous de la réalité. Pour être clair, actuellement à Bordeaux on shoote allégrement à 13,5 voire 14%vol au lieu de 12,5. Et Bordeaux n’est pas vraiment une zone où la maturité des baies est toujours évidente, alors, imaginez un instant ce qu’il en est dans les Côtes du Rhône ou dans la Yarra Valley. Comme solutions à court terme, si l’on veut céder à cette mode idiote des degrés bas envers et contre tout, il faut soit  mouiller les vins à l’eau, soit travailler en osmose inverse ou encore tenter de vendanger plus tôt, à la limite de la maturité. Mais des raisins pas mûrs ne donnent jamais de bons vins, c’est évident.
 
Et si, au lieu d’aboyer avec les loups, les consommateurs que nous somment réfléchissaient un peu? Le degré d’alcool n’est qu’une composante parmi d’autres d’un vin. Même si cela peut paraître paradoxal, c’est une chose qui demande énormément d’expérience à percevoir. Une fois que l’on oublie l’étiquette, ce qui est fondamental c’est l’équilibre de l’ensemble. Vous pourrez trouver qu’un pinard affichant 12%vol au compteur paraît lourd alors qu’une grosse bête à 15%vol vous paraîtra tout en dentelle. Il ne faut pas se focaliser sur ce genre de détail, l’important est le bonheur procuré par les flacons, le reste n’est que blabla de «spécialistes». Alors, tant qu’à dire du mal des vins bas en alcool, en voici quand même un, venant à la nage ou presque du nouveau monde qui est plutôt fort sympathique à découvrir.
 
Il s’agit d’un assemblage sémillon-sauvignon. Le caractère naturellement rond du sémillon apporte la note fruitée, alors que la vivacité classique du sauvignon donne la fraîcheur et l’acidité. Les deux, sur cette base peu alcoolisée, se marient bien pour présenter un nez très marqué par le fruit, avec un petit côté citronné, voire une pointe de menthe fraîche. La bouche est fraîche, florale, un peu courte, avec une phase aqueuse qui disparaît si on le goûte très frais. L’ensemble est fort agréable pour un apéritif au chaud dans les jours qui viennent, sous un parasol ou au bord d’une rivière. Comme en plus, c’est une capsule à visser qui obture le flacon, ce serait bête de priver son pic-nic d’un petit coup de blanc."
 
Eric "Holiday" Boschman  

Lindemans Early Harvest 2007, aux environs de 6 € chez Delhaize

09:37 Écrit par Hervé Lalau dans Australie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |