11 juin 2009

What's in a (grape) name?

Vous vous rappelez: nos amis Australiens ont récemment "découvert" que leur albariño était en fait du savagnin. Pas de leur plein gré: il leur a fallu 6 mois pour admettre l'évidence, sur la base des travaux l'ampélographe français Jean-Michel Boursiquot, dont certains Aussies sont allés jusqu'à mettre en doute l'objectivité. Il faut dire que la France n'est pas toujours en odeur de sainteté chez les Kangourous.

Les vignerons ainsi dupés accusent maintenant le conservatoire des cépages espagnols. Mais leur Australian Wine and Brandy Corporation (AWBC) n'est pas sans reproche. Les classements de cette auguste institution, chargée, entre autres, de poursuivre les fraudes à l'étiquetage, ne semblent pas au point. Et ce n'est pas un "Bloody European" qui le dit, mais le très australien Richard Smart, consultant bien connu pour ses travaux sur le réchauffement climatique.

Celui-ci dénonce ainsi les approximations de la liste des cépages autorisés par l'AWBC: on y trouve entre autres l'"albarinho" (orthographe fautive aussi bien en espagnol qu'en portugais). Le sauvignon vert, lui,  est donné pour un synonyme du sauvignon blanc; et la petite syrah (ou durif), pour un synonyme de shiraz.

Pour revenir au savagnin, il faut noter que ce cépage ne figure pas comme tel sur cette fameuse  liste: ceux qui veulent garder le faux albariño devront attendre qu'on l'y mette - à moins bien sûr qu'ils ne l'appellent traminer. Mais cela risquerait d'introduire une nouvelle confusion, car pour l'AWBC, le traminer est un synonyme du gewürztraminer. "Ce qui est faux, bien sûr", souligne le Dr Smart.

Et si les si fiers Australiens mettaient au point leurs propres cépages?

08:16 Écrit par Hervé Lalau dans Australie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 avril 2009

Jurassic albariño

C'est officiel, selon le très sérieux Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO), les 150 ha d'Albariño plantés en Australie, et plus spécifiquement dans la Barossa, sont en fait... du Savagnin!

C'est ce qu'avait déjà conclu l'an dernier l'ampélographe français Jean-Michel Boursiquot (celui-là même qui avait identifié le Carménère chilien). Mais à l'époque, l'establishment australien n'avait pas voulu le croire. Venant d'un Français, même la vérité n'est pas toujours bonne à dire à Sydney...

Quoi qu'il en soit, les producteurs de la Barossa vont donc devoir réétiqueter leurs vins.

Pas de chance, l'Albariño commence à bien démarrer commercialement au Royaume-Uni, un des marchés prioritaires des Kangourous.

Mais les vignerons du Jura (ou du Valais), eux, pourront s'enorgueillir de cette parenté inattendue...

 

08:51 Écrit par Hervé Lalau dans Australie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |