17 novembre 2009

Le même goût chaque année?

Un critique vineux peut-il publier des commentaires sur des vins qu'il n'a pas dégustés?

Pour le journaliste australien Matt Skinner, qui sort chez Beazley le guide 'The Juice 2010", la réponse est oui. Et voici ses explications: "Il y a des  vins qui ont une qualité constante d'année en année, et en tant que vins populaires, accessibles et de bon rapport qualité-prix, je tiens à les inclure dans mon guide parce que je sais que mes lecteurs vont les apprécier. Pour ce faire, j'inclus des notes de dégustation non-spécifiques basées sur le millésime en vente et le millésime antérieur; en me concentrant sur des arômes de base et les mariages possibles avec les mets."

Autant vous dire qu'à titre personnel, je ne suis pas convaincu; et préfère continuer à vous parler des vins que j'ai vraiment dégustés. Je note aussi que les commentaires "non -spécifiques" de certains vins non-dégustés par M. Skinner semblent pourtant très précis. Faut-il parler de voyance?

Par ailleurs, des vins dont le principal atout serait d'offrir exactement le même goût d'année en année - le rêve du marketteur, le Coca-Cola du vin? - ne m'intéressent tout simplement pas.

Enfin, si M. Skinner tient absolument à évoquer telle ou telle entrée de gamme, pourquoi ne pas parler de ces vins en indiquant l'année réellement dégustée? Pourquoi prendre le risque d'induire le consommateur en erreur?

Même s'il est animé des meilleures intentions, comme journaliste, je trouve son attitude pour le moins maladroite.

D'ailleurs, si des lecteurs n'avaient pas noté que certains vins commentés n'étaient pas encore embouteillés lors de la sortie du livre, M. Skinner aurait-il jugé bon de faire cette mise au point?

14:49 Écrit par Hervé Lalau dans Australie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 octobre 2009

Les contraintes de production australiennes encore allégées

Frappés par la sécheresse et par la surproduction, les vignerons de l'Etat de l'Australie Méridionale ont su émouvoir leurs responsables politques, qui se proposent de changer la réglementation en matière d'assemblage de vins dans l'Etat.

Jusqu'à présent, un produit vendu sous l'étiquette d'un domaine devaient inclure "une proportion substantielle" de leur propre production dans les cuvées portant leur nom. Cela pouvait déjà sembler laxiste aux yeux de la concurrence européenne. Mais c'était encore trop, apparemment.

A présent, dans le cas de catastrophe naturelle (récolte très réduite pour cause de sécheresse, de ravageurs ou de problèmes d'irrigation, notamment, mais la liste n'est pas exhaustive), cette limitation n'existera plus.

Le producteur pourra donc vendre sous son nom un vin provenant exclusivement d'achats effectués ailleurs, avec comme seule limite sa propre capacité théorique de production. Chez nous, cela s'appelle du négoce.

 

00:08 Écrit par Hervé Lalau dans Australie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |