08 mai 2011

De Santiago à Mendoza

Le vol n’a pas beau durer que 35 minutes et quelque, le temps d’un saut de puce au dessus des Andes, passer de Santiago à Mendoza, c’est vraiment changer de monde. Nous quittons le Chili sous la grisaille (ici, c’est comme en novembre en Europe), et à peine franchie la montagne, on se retrouve sous le ciel bleu… et au dessus d’une sorte de désert ocre et rouge zébré de routes, avec ça et là, des oasis de vert. Ca secoue sec en descendant, les vents sont forts, on est content d'atterrir.

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A droite, le Chili sous les nuages, à gauche, les contreforts des Andes.

 

Descendu de l’avion, c’est le premier contact avec une Argentine un peu endormie, en pleine chaleur (25°), un climat très sec et un ciel très pur (nous sommes à 900m d’altitude), et puis une ville très étendue, des avenues bordées d’arbres, de jolies maisons, face à des tas de ferraille.
Désolé d’imposer ces lieux communs à tous ceux qui connaissent l’Amérique latine. Mais pour les autres : le Chili et l’Argentine, ou en tout cas Mendoza, c’est aussi différent que deux pays voisins peuvent l’être, le contraste étant d’autant plus saisissant qu’on ne s’y attend pas.

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Les Andes passées, la descente vers le haut plateau entourant Mendoza, sec et quasi désert


Voilà qui devrait se traduire dans les vins... Marc et moi partons immédiatement pour Lujan de Cuyo le vérifier chez Weinert et chez Hubert Weber.

La suite au prochain numéro !

03:13 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine, Chili | Tags : vin, vignoble, voyage, chili, argentine | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

08 janvier 2011

Lurton l'Argentin

J'ai eu la chance l'année dernière d'interviewer François Lurton. Un homme au destin peu banal.

Héritier d'une grande dynastie vineuse girondine, formé à la comptabilité et au commerce international, François Lurton avait son avenir tout tracé devant lui: il vendrait les vins du "clan" à Bordeaux. Et pendant dix ans, il l’a fait. Mais la famille, ce n'est pas toujours facile à vivre. Et encore moins à bouger.  Ou bien était-ce vraiment l’appel du large et des terroirs? Comme en Languedoc, où il prospectait pour son père, d’abord, puis beaucoup plus loin...

François Lurton 03.jpgLurton dans la Pampa

Ses galons de chef d’entreprise et de vinificateur, en tout cas, c’est bien loin de Bordeaux qu’il les a gagnés. D’abord comme consultant, avec son frère Jacques, de la Californie à la Moldavie en passant par la Loire. Mais assez vite, les frères Lurton ont voulu faire leurs propres vins. Ils acheté des terres, planté des vignes. En Argentine, d’abord, puis en Espagne, au Chili, au Portugal, au fil des coups de cœur.  Sacré défi que de coordonner des activités réparties entre 5 pays et deux continents, de former et d’animer les équipes, de déléguer sans perdre le contact avec le terrain. D’autant que depuis 2007, François a repris seul les rênes de la société.

L’aventure est née un peu du hasard, des relations de famille. Mais François, lui, ne laisse rien au hasard. Dans le choix de ses implantations, dans les techniques de vinification, dans la recherche de l’esprit d’un lieu, dans le marketing de ses gammes, susceptibles de plaire au consommateur moderne et cosmopolite, Lurton est un perfectionniste. C’est tout cela qui s’exprime dans ses vins. Typés, mais commerciaux. Ni trop peu, ni pas assez.

Je ne vous le cache pas, voila un type, et il ne sont pas si nombreux, pour lesquels je ressent une réelle admiration.

Las Higueras.jpgLas Higueras Malbec 2009

En Argentine, François s’est installé dans la Vallée d’Uco, sur les rives du fleuve Mendoza, à 700 m au dessus du niveau de la mer. C’est un terroir d’argiles et d’alluvions, au climat quasi-méditerranéen (pas étonnant que la finca porte le nom d'Higueras, les Figuiers), et propice au Malbec. Mais aussi à la Bonarda et au Pinot Gris.

Voici ici le Malbec 2009 - sans doute le plus emblématique des cépages d'Argentine.

Une petite digression à ce propos: c'est faire preuve d'un grand manque de curiosité que d'attribuer ainsi aujourd'hui à chaque pays son cépage; ou peut-être faut-il y voir la marque de ce marketing simplet qui voudrait que tous les Touraine blancs soient des sauvignons, quand le monde croule sous le sauvignon... Simplifier pour expliquer, d'accord, mais simplifier l'offre pour ne plus avoir rien à expliquer, c'est autre chose...

Quoi qu'il en soit, notre expat' bordelais signe avec ce Malbec un vin élégant, structuré mais pas body-buildé, d’une étonnante fraîcheur. Aux fruits noirs du nez répondent de beaux épices en bouche,  de soyeux tannins.  Belle longueur, mais surtout beaucoup de délicatesse (12,8°, c'est très raisonnable, pour le Nouveau Monde).

Voici un Argentin civilisé, un hidalgo plus qu'un gaucho, dirons-nous (mais je n'ai rien contre les gauchos)...

Pour les Belges ou les frontaliers; en vente chez Delhaize, au prix modique de 4,79 euros.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine, Bordeaux, Vins de tous pays | Tags : lurton, vin, vignoble, argentine, malbec | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |