10 mai 2011

Cavas Weinert

Hubert Weber, oenologue suisse émigré en Argentine voici une quinzaine d'années, nous fait visiter Cavas Weinert, à Lujan de Cuyo. Celle-ci appartient à une famiille allemande, qui l'a elle même reprise à des Italiens en 1975.

L'entreprise possède son propre domaine à Lujan (sols limoneux assez profonds), mais achète également des raisins dans la région. Vendanges manuelles dans tous les cas, et supervisées par Weinert. Du Malbec, principalement, mais aussi du Cabernet Sauvignon, du Merlot et du Sauvignon. 80% de la production est exportée; ses gros marchés sont le Canada, les Etats-Unis, l'Allemagne, la Chine et la Suisse.

Weinert.jpg

Les caves

Visiter Weinert, c'est un peu faire un saut dans l'espace et dans le dans le temps. Si l'appareilllage viticole est moderne, les cuves béton et les grands foudres de Slavonie nous parlent de l'époque "pré-oenologique", et les bâtiments eux-mêmes, avec leurs belles voutes, leur appareillage en brique, le ciment verni, évoquent l'Europe du 19ème siècle. C'est assez beau.

Marc et moi craignons le pire; en Espagne et en Italie, on trouve des caves de ce type dont les vins sentent litéralement la poussière.
Hubert Weber ne nous rassure guère quand il nous dit que Weinert préfère la vieille école, l'école bordelaise, et les élevages longs. Mais la vérité n'est-elle pas dans le verre?Weinert3.jpg Alors nous dégustons.

 

 

Hubert Weber



Carrascal  blanc sauvignon 2010
Un vin déconcertant: pas très sauvignon au nez, au sens exubérant du terme; quelques notes de goyave, du miel; il s'ouvre peu à peu sur du fruit jaune bien mûr; en bouche, il nous livre une cargaison de jolis épices, fenouil, safran, épices, romarin. Belle longueur, acidité très bien fondues. Un sauvignon bein reposé. 14/20
Pour les passionnés d'étymologie, Carrascal est le quartier par lequel a commencé la fondation de Mendoza.

Carrascal rouge 2006
Assez fin, marqué par le foudre, notes d'épices, belle mâche, style un peu italien, ou languedocien, du fruit, pas trop mûr, parfait à boire, une pointe de piquant en finale.Malbec 40%, Cabernet 35%, Merlot 25% deux ans de foudre. 14/20

Weinert Malbec 2005
3 ans de foudre, et pourtant plus de fruit encore que le précédent, aucune oxydation; le nez est d'abord plutôt floral (jasmin, giroflée), puis épicé; en bouche, par contre, c'est le fruit qui prend le relais; un fruit juteux,griotte, framboise, avec quelques touches de cuir et de fumé. Les tannins sont bein présents, mais pas agressifs. On finit sur le cacao. Un vin presque gourmand magré l'élevage. 14,5/20

Weinert2.jpgCavas de Weinert 2004

Cavas de Weinert 2004
40% cabernet 40% malbec 20% merlot; un an d'affinage en plus.


Robe très jeune pour un 2004. Le nez est très épicé, fumé, cuir, épices douces, thym, cannelle, fenugrec; la bouche est complexe; un peu serrée au départ, elle s'ouvre sur du fruit noir, de la prune, du moka; le tout avec une bonne fraicheur, une touche de belle amertume (réglisse). On pense à un grand cru de Bordeaux bien mûr, ou un un grand Rioja, mais pas décharné. Comme dit Marc, l'élevage a affiné le vin, mais il ne l'a pas usé.15/20

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

08 mai 2011

De Santiago à Mendoza

Le vol n’a pas beau durer que 35 minutes et quelque, le temps d’un saut de puce au dessus des Andes, passer de Santiago à Mendoza, c’est vraiment changer de monde. Nous quittons le Chili sous la grisaille (ici, c’est comme en novembre en Europe), et à peine franchie la montagne, on se retrouve sous le ciel bleu… et au dessus d’une sorte de désert ocre et rouge zébré de routes, avec ça et là, des oasis de vert. Ca secoue sec en descendant, les vents sont forts, on est content d'atterrir.

photo.JPG

A droite, le Chili sous les nuages, à gauche, les contreforts des Andes.

 

Descendu de l’avion, c’est le premier contact avec une Argentine un peu endormie, en pleine chaleur (25°), un climat très sec et un ciel très pur (nous sommes à 900m d’altitude), et puis une ville très étendue, des avenues bordées d’arbres, de jolies maisons, face à des tas de ferraille.
Désolé d’imposer ces lieux communs à tous ceux qui connaissent l’Amérique latine. Mais pour les autres : le Chili et l’Argentine, ou en tout cas Mendoza, c’est aussi différent que deux pays voisins peuvent l’être, le contraste étant d’autant plus saisissant qu’on ne s’y attend pas.

photo.JPG

Les Andes passées, la descente vers le haut plateau entourant Mendoza, sec et quasi désert


Voilà qui devrait se traduire dans les vins... Marc et moi partons immédiatement pour Lujan de Cuyo le vérifier chez Weinert et chez Hubert Weber.

La suite au prochain numéro !

03:13 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine, Chili | Tags : vin, vignoble, voyage, chili, argentine | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |