06 janvier 2010

Terroir, éthique, etc...

"Je ne peux pas exprimer un terroir sans avoir une pratique éthique et responsable. Et pour moi, le bio, c'est ça."

Jean-Michel Deiss

14:25 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace | Tags : vin, alsace | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

03 janvier 2010

Que seront demain les Grands Crus d'Alsace?

En 2009, un débat a fait rage en Alsace: celui de la définition des Grands Crus. Question d'actualité, puisque de nouveaux décrets doivent être déposés auprès des autorités européennes. La mention du cépage sera-t-elle interdite, comme le souhaite Jean-Michel Deiss? Va-t-on vers une spécialisation du type "un cru, un cépage"? Ou au contraire, la complantation sera-t-elle autorisée?  Les partisans du "lien au terroir" affrontent ceux qui pensent qu'on aurait tort de s'imposer de nouvelles contraintes commerciales.

Mais toute AOC n'est-elle pas déjà une promesse de terroir, puisque "d’origine?" A l'évidence, l'AOC ne peut se réduire à une aire ou un territoire; d'ailleurs, le territoire, c’est la "promesse" (bien vague) du vin de pays, aujourd’hui rebaptisé «Indication Géographique Protégée». Il n'est peut être pas inutile de rappeler les textes de référence: en 1992, les AOC ont été reconnues au plan européen, sous le nom d'AOP, et en voici la définition: "l'Appellation d'Origine Protégée (AOP) consacre un lien exclusif entre la dénomination et l'origine géographique. La qualité ou les caractéristiques du produit sont essentiellement dues au milieu géographique. Toutes les opérations (production, transformation et élaboration) doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté".


Rangen Clos Saint Urbain Vue Generale

Un des Grands Crus indiscutables: Le Rangen de Thann

Alors, si l’on suit cette logique (celle des textes), ce ne sont pas seulement les Grands Crus qui devraient exprimer leurs terroirs, mais tous les vins d’Alsace, puisque toute la production régionale est estampillée AOC. On est loin du compte, bien sûr.

Et même en Grand Cru, la situation est loin d’être idéale, ou simplement conforme à ce que l’on pourrait en attendre. La définition des terroirs laisse à désirer (certains grands crus englobent plusieurs sols très diférents, par exemple); ils sont aussi trop nombreux pour qu’on puisse établir une règle commune. Combien, sur les 51, sont de vrais terroirs? Au moment l'Alsace revendique des Premiers Crus, c'est la vraie question de confiance.

Le débat sur la mention du cépage est intéressant, mais réducteur. Tout d’abord, la mention du cépage est en passe d’être libéralisée partout en France, alors qu’elle était une exception alsacienne. Difficile de revenir en arrière… D’autre part, il faut faire la part du volontarisme et du réalisme, des bonnes intentions et du marché. En bref, quelles que soient les règles choisies, comment les fera-t-on respecter  par tous? C’est plus facile de décider ce qu’on peut mettre sur une étiquette que de vérifier ce qu’il y a derrière.

J'aime l'Alsace et ses vins. Par tradition familiale et par goût. Et je reconnais parfaitement le droit aux Alsaciens de régler leurs affaires à leur manière. Pour autant qu'ils respectent le consommateur, et que leur hiérarchie de la qualité repose sur du concret. Mais je ne suis pas Alsacien. Alors, si vous l'êtes, donnez-moi votre sentiment. Quelle est votre liste de vrais Grands Crus? Votre opinion sur les Premiers Crus? Et le rôle du vigneron face au fameux "terroir"?

00:07 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |