16 mai 2014

Marchandisage des vins: le cas du Pinot Noir d'Alsace

On appelle marchandisage (alias merchandising) l'ensemble des techniques d'optimisation commerciale dans un point de vente. Cette jeune "science" est née avec le libre-service, dans les années 60, de la nécessité de bien présenter des produits qui doivent se vendre eux-mêmes.

Un des volets importants du marchandisage consiste à regrouper les produits en catégories logiques, afin que le consommateur s'y retrouve. Logique produit, et logique d'utilisation. Il y a ainsi des "univers bébé", où l'on trouve aussi bien les petits pots que les langes; il semble que c'est plus logique pour le consommateur que de mettre les petits pots pour bébé avec les conserves, par exemple.

Dans le cas des vins, c'est plus complexe qu'il n'y paraît.

Faut-il regrouper les vins par pays d'origine? Par région? Par cépage? Par couleur? Mixer le tout (tous les blancs ensemble, puis par région, ou par cépage?). Il n'y a pas de règle.

A chaque pays sa vérité, selon la logique et le niveau de connaissance du consommateur. Si, dans le pays en question, la clef d'entrée du consommateur est le cépage, alors on classe par cépage. Le Sancerre blanc voisine avec le sauvignon de Nouvelle Zélande - enfin, pour autant que le marchandiseur sache que le Sancerre est issu de sauvignon. Dans d'autres pays, on privilégiera l'origine, parce que c'est ce que cherche le client.

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Le Pinot Noir au milieu des rosés (Photo (c) H. Lalau)

Le marchandisage est une science évolutive, car elle suit les tendances de consommation; dans de nombreux magasins, on a vu ainsi se créer ces derniers mois des rayons "rosé". C'est l'illustration du succès des vins de cette couleur: alors qu'ils étaient jusqu'ici le plus souvent disséminés entre les différentes régions d'origine, les voici maintenant regroupés. Ils sont ainsi plus visibles. 

Il peut cependant se poser un problème: quand la catégorie de marchandisage entre en conflit avec la catégorie de produit.

C'est le cas, à mon sens, dans ce supermarché de Carrefour Belgique, quand le Pinot Noir d'Alsace se retrouve au sein du linéaire des rosés (voir photo).

Certes, le seul cépage rouge d'Alsace ne donne pas toujours des vins très colorés; mais de là à les classer systématiquement parmi les rosés (en tout cas, parmi les vins délibérément rosés), je crois qu'il y a une marge.

Je ne suis pas sûr, d'ailleurs, que c'est là que le consommateur ira le chercher. Pour autant qu'il le cherche.

Amis producteurs alsaciens, votre avis?

Une question plus globale, à présent. N'est-il pas paradoxal que les régions de production fassent tant d'efforts pour hiérarchiser leur production, tentent d'établir des distinctions logiques entre leurs vins (les appellations génériques, les régionales, les communales, les crus, etc...), pour qu'en fin de course, les enseignes de la grande distribution appliquent leurs propres critères, fassent tourner leurs logiciels, implantent leurs modules à leur tête?

 

00:24 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Belgique | Tags : marchandisage, merchandising, vin, pinot noir d'alsace | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

25 avril 2014

In Vino Veritas 165

Au sommaire du dernier numéro d'In Vino Veritas, on trouve un dossier sans concessions sur les Primeurs 2013, signé Fabian Barnes, une dégustation de Single Malt Whiskies par Luc Charlier, mais aussi, de l'oenotourisme au fil de la N7, la première apparition de notre rubrique Bulles, une sélection de pinots gris d'Alsace, un point sur les blancs de Campanie, une page sur l'Encruzado, quelques coups de coeur, quelques coups de griffe... et même un peu d'art dans ce monde du vin, avec l'ami Mahler (par votre serviteur)...

Il y a bien que dans IVV qu'on peut trouver tout ça...


In Vino Veritas, probably the Most Modest Wine Magazine...

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