17 août 2014

17ème Mondial des Pinots

C'est déjà le dernier jour du Mondial des Pinots, à Sierre. Pour tout dire, je n'ai pas trop envie de partir - l'organisation est bien rodée, l'ambiance conviviale. Il n'y a pas trop de vins (1300, issus de 25 pays, avec une forte proportion de vins suisses), et donc pas trop de jurés non plus - un petit club d'aficionados.

Et pour couronner le tout, le thème est clair: les pinots.

De là à dire sur je n'ai pas eu de surprise, non. Les blancs de noirs, par exemple, m'ont étonné. Cette spécialité helvétique (on la retrouve parfois sous le nom de Dole blanche) consiste à vinifier le pinot noir en blanc. Certains sont très bons, d'autres moins, la plupart décoiffent: on ne sait pas trop pu les classer, certains, minéraux en diable, évoquent le Chablis, d'autres plus gras, le pinot gris. A mon jury, les meilleurs venaient d'Argovie.

Côté pinot noir, j'ai eu mon lot de coups de cœur - du Valais et des Grisons, mais aussi de Bourgogne, de Baden (Kaiserstuhl) et de Nouvelle-Zélande. Ce sont les 4 origines auxquelles mon jury à décerné des médailles d'or.

Dans l'ensemble, toutes médailles confondues - or et argent, ce sont les Grisons qui l'emportent. Serait-ce L'autre pays du Pinot Noir? Il faudra un jour qui j'aille voir...

Les primés au concours seront présentés lors du festival Vinea le 5 septembre en dégustation libre. Si vous y êtes, vous pourrez donc vérifier si nous avons bien fait notre boulot!

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Bourgogne, Europe, Nouvelle-Zélande | Tags : pinot noir | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

08 avril 2014

Boycott des vins: attention!

J'ai abordé la semaine dernier le sujet épineux du boycott des mairies frontistes, comme à Beaucaire, voire des vins qui en sont issus.

J'ai envie d'élargir le débat.

Vous savez que pendant des années, les vins sud-africains ont été l'objet de ce type de boycott, à cause de l'Apartheid.

D'autres pays, ou d'autres régions pourraient être dans la ligne de mire, mais semblent pourtant s'en tirer à moindre frais.

Il y a le cas d'Israël, dont une bonne partie de la production de vin est issu du plateau du Golan, donc de zones occupées du territoire syrien, mais dont on trouve sans difficultés les vins dans les supermarchés européens et américains.

Il y a le cas de la Chine, dont on ne peut pas dire qu'elle remplisse tous les critères d'un régime démocratique, et dont l'action au Tibet suscite l'indignation de bien des démocrates.

Il y a le cas du Chili ou de l'Argentine, dont certains groupes viticoles sont toujours aux mains d'héritiers de soutiens actifs des anciens régimes totalitaires et sanguinaires de ces deux pays.

Il y a l'Autriche, dont certains producteurs n'ont absolument pas renié le passé nazi de leurs parents.

Il y a l'Italie, où apparaissent toujours de-ci de-là des étiquettes à la gloire du Duce.

Il y a les pays de l'Est (Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, République Tchèque) où bon nombre de dirigeants de caves aujourd'hui privatisées ont fait leur carrière au sein de Partis communistes, dont tous n'oeuvraient pas vraiment au bonheur de l'humanité (excusez l'euphémisme).

J'en oublie sans doute.

Mais pour chaque exemple, je me pose la même question: le boycott touche-t-il les bonnes personnes?

Peut-on faire "payer" à toute une population les errements de ses dirigeants (dont la population est déjà souvent la première victime)?

Le boycott ne risque-t-il pas d'avoir des effets indésirables, comme d'appauvrir les travailleurs qui n'ont souvent rien à voir avec les patrons des groupes de production?

Est-ce au consommateur de trancher des situations qui devraient se régler devant l'ONU, le Tribunal Pénal International ou les tribunaux des pays concernés?

Le boycott pose décidément plus de questions qu'il n'y répond. C'est une arme à double tranchant. Je ne l'emploie personnellement qu'avec circonspection, et jamais de manière globale.