23 avril 2010

Angela aime le vin

Ce discours d'Angela Merkel, publié dans La Vigne, intéressera plus d'un vigneron européen.

Merkel Vin

 

La Chancelière allemande paraît beaucoup plus déterminée à soutenir le vin que, disons, certains présidents voisins - et je ne pense ni à la Suisse, ni à la Pologne, ni à la Tchéquie. 

La différence est d'autant plus frappante qu'en définitive, la viticulture est certainement un enjeu économique moins important pour l'Allemagne que pour certains de ses voisins.

"Vérité par-delà le Rhin, erreur au-delà", comme aurait dit le philosophe.

 

07:23 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne | Tags : vin, hedonisme, politique, tradition, angela merkel | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

01 avril 2010

Le Petit Chaperon rouge n'a plus peur du loup capitaliste

En 1856, Julius Kloss et Carl Foerster, deux entrepreneurs amoureux du Champagne, et tentés par la vogue de la bulle, fondent une cave à Freyburg Unstrut, tout au Sud de ce qui s'appelle encore le Royaume de Prusse.

La période est favorable: on sort de la guerre de Crimée et avec la paix retrouvée, le commerce se développe en Europe. Le succès est  au rendez-vous: en 1886, Kloss & Foerster écoulent déjà 250.000 bouteilles de sekt. Et les Prussiens se prennent d'affection pour leurs bulles. Entre eux, ils rebaptisent la marque du nom de "Rotkäppchen" (le Petit Chaperon rouge), à cause de son manchon rouge. Et son succès ne fait que croître, au moins entre les guerres.

La cave étant située en zone soviétique après la seconde guerre mondiale, le dernier Kloss est arrêté et son entreprise nationalisée, sous le nom de Rotkäppchen. Et la marque devient le sekt officiel de la république dite démocratique, que l'on sert pour honorer les grands de ce monde - enfin, surtout ceux des pays frères qui font le voyage de Berlin Est.

Rotkaeppchen

Rotkäppchen, grand prix du packaging de la DDR en 1980

 

A la chûte du Mur, beaucoup ne donnent pas un kopeck de ses chances de survie. Mais certains employés, eux croient dans l'avenir et en 1993, rachètent l'entreprise au Fonds de Privatisation allemand.

Et 11 ans plus tard, la société redevenue capitaliste rachete le Mumm allemand aux Canadiens de Seagram. Elle produit aussi des vins tranquilles; elle a un joli site internet, avec boutique on-line.

Et l'an dernier, alors que le Champagne voyait se ventes plonger en Allemagne, le groupe est-allemand a augmenté ses ventes de 12%, à 778 millions d'euros.

Un exemple étonnant, presque unique, de réussite d'une entreprise ex-communiste dans le monde du grand capital. "Que venez vous faire ici, camarades?", comme aurait dit Ferrat...

Et ce n'est pas un poisson...

00:26 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |