01 avril 2010

Le Petit Chaperon rouge n'a plus peur du loup capitaliste

En 1856, Julius Kloss et Carl Foerster, deux entrepreneurs amoureux du Champagne, et tentés par la vogue de la bulle, fondent une cave à Freyburg Unstrut, tout au Sud de ce qui s'appelle encore le Royaume de Prusse.

La période est favorable: on sort de la guerre de Crimée et avec la paix retrouvée, le commerce se développe en Europe. Le succès est  au rendez-vous: en 1886, Kloss & Foerster écoulent déjà 250.000 bouteilles de sekt. Et les Prussiens se prennent d'affection pour leurs bulles. Entre eux, ils rebaptisent la marque du nom de "Rotkäppchen" (le Petit Chaperon rouge), à cause de son manchon rouge. Et son succès ne fait que croître, au moins entre les guerres.

La cave étant située en zone soviétique après la seconde guerre mondiale, le dernier Kloss est arrêté et son entreprise nationalisée, sous le nom de Rotkäppchen. Et la marque devient le sekt officiel de la république dite démocratique, que l'on sert pour honorer les grands de ce monde - enfin, surtout ceux des pays frères qui font le voyage de Berlin Est.

Rotkaeppchen

Rotkäppchen, grand prix du packaging de la DDR en 1980

 

A la chûte du Mur, beaucoup ne donnent pas un kopeck de ses chances de survie. Mais certains employés, eux croient dans l'avenir et en 1993, rachètent l'entreprise au Fonds de Privatisation allemand.

Et 11 ans plus tard, la société redevenue capitaliste rachete le Mumm allemand aux Canadiens de Seagram. Elle produit aussi des vins tranquilles; elle a un joli site internet, avec boutique on-line.

Et l'an dernier, alors que le Champagne voyait se ventes plonger en Allemagne, le groupe est-allemand a augmenté ses ventes de 12%, à 778 millions d'euros.

Un exemple étonnant, presque unique, de réussite d'une entreprise ex-communiste dans le monde du grand capital. "Que venez vous faire ici, camarades?", comme aurait dit Ferrat...

Et ce n'est pas un poisson...

00:26 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

16 avril 2009

Deutschland über alles et cotisations obligatoires

On les dit disciplinés. Pourtant, les vignerons allemands ont réagi avec une violence toute latine, ces dernières semaines, en se révoltant contre leur institut viticole (Deutsches Wein Institut). Depuis des lustres, celui-ci se finance via des cotisations obligatoires. Mais la Cour constitutionnelle allemande vient de les déclarer hors la loi: en clair, chacun est libre aujourd’hui de les payer ou non.

 

Ce qui relance le vieux débat sur l’utilisation des fonds. Comme le DWI défend la « Maison Allemagne » (Deutschland ûber alles...), il y a bien sûr toujours eu des gens qui se sentaient oubliés. Il y a aussi pas mal de grands groupes qui pensent payer trop cher pour une promotion générique qui ne leur rapporte pas assez au regard de l’investissement.  Certains pensent déjà à monter des instituts régionaux, ou à se regrouper para affinités de producteurs.

Finalement, le système français des cotisations volontaires obligatoires ferait presque des envieux...

 

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09:39 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |