11 novembre 2012

11/11/11

Le 11 novembre 1918, à Rethondes, est signé l'armistice entre l'Allemagne et les Alliés. Il doit être d'application sur le front  à 11 heures et ce pour une durée de 36 jours régulièrement renouvelée.

J'ai visité à plusieurs reprises la clairière de Rethondes - c'est en forêt de Compiègne, et ma famille est de l'Oise. Quand j'étais enfant, quelques anciens me parlaient de la liesse populaire de ce jour-là. Une joie qui se donnait libre cours après tant de jours de peur - c'est qu'en juin de la même année, les Allemands avaient avancé jusqu'à Compiègne. Mon grand oncle me racontait que quelques Uhlans étaient parvenus aux portes de Beauvais...

À la suite de cet armistice sera signé, le 28 juin 1919, le traité de Versailles. C'est peu de dire qu'il ne parviendra pas à apaiser les conflits...

IM000034.JPGDans champ de bataille, il y a champ et fleurs des champs- ici dans la Somme (Photo H. Lalau)


Dans les pays anglo-saxons, les citoyens portent des coquelicots sur le revers de leurs vestes. Le coquelicot symbolise les soldats morts au combat, car, après un combat, les champs, nus, se recouvrent de ces fleurs rouges sous l’effet de la poussière de chaux laissée par les bombardements. En France, on utilisait le bleuet car il rappelait la couleur des uniformes des soldats pendant la guerre, mais cette tradition s’est perdue.

 

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Thiepval, monument 1914-1918

Ce 11 novembre, on fête donc la victoire, la naissance de nouveaux pays d'Europe (Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie...), le retour à la France de l'Alsace et de la Moselle... et la fin d'une boucherie sans précédent.

On peut dire ce qu'on veut de l'Europe politique, de son côté technocratique, mais si le traité de Rome avait pu être signé en 1927 plutôt qu'en 1957, on aurait peut-être évité la boucherie suivante.

Ce midi, je déboucherai une bonne bouteille à la mémoire de tous ces morts tombés des deux côtés.

11:57 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Alsace, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

30 juillet 2012

Jeux Priapiques: débranche-tout et bois un bon coup de Lisson

Une compétition sportive d’envergure internationale a débuté voici quelques jours dans une grande ville de Grande-Bretagne que je préfère ne pas citer. Chroniques Vineuses se refuse à lui faire une quelconque publicité.

L’idéal de fraternité et de gratuité qui a présidé à l’instauration de cette compétition, à la fin du 19ème siècle, n’est plus qu’un vague souvenir - l’amateurisme a disparu des radars. Et les grands sponsors qui cofinancent cette démesure mercantile n’ont rien à voir avec un quelconque mode de vie sportif (que les entraineurs nous expliquent comment le fast food, la bière et le cola peuvent entrer dans la préparation d’une épreuve sportive!).

Si je vous en parle quand même ici, c’est pour vous inciter à refuser ce régime abrutissant; il a envahi nos télévisions, nos journaux, nos radios; et avec lui, une vague de chauvinisme débile – comme si la seule raison de s’intéresser au BMX (oui, c’est un sport officiel) ou au badminton était qu’une équipe française, belge, suisse ou martienne y ait des chances de médailles. Dis, c'est qui qui a la plus grosse?

J’aurai tout de même une pensée émue pour les équipes féminines de certains pays arabes inscrites dans les épreuves de cyclisme: avec des roues voilées, elles seront indubitablement défavorisées. C’est mon côté égalitariste: un homme, une voix. Une femme, un voile.

Bref, si vous m’en croyez, déconnectez-vous de tout ce cirque marketing, de cette course à l’audience, de ce sportivement incorrect. Et profitez du bon air, faites du sport par vous même plutôt que par procuration, mangez et buvez bon. Ignorez les usines à fric pour privilégier les producteurs qui vous veulent vraiment du bien, ceux qui vivent sainement de leur travail, comme vous, je n'en doute pas. Chaque consommateur a un petit pouvoir: celui de choisir les produits qu’il consomme. Je suis ce que je mange, dit l’adage. Si chacun d'entre nous faisait vraiment en sorte que sa consommation lui ressemble, la malbouffe aurait du plomb dans l’air, de même que pas mal de multinationales de la délocalisation.

La Californie a interdit le gavage des oies – pour ma part, je demande l'interdiction du gavage des pauvres téléspectateurs; et avec lui, l’étalage de graisses, d’intolérance crasse et de réclame éhontée en provenance des bords de la Tamise, ces derniers jours.

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Bon, on se calme et on ouvre une bonne bouteille.

Je lève mon verre de Clos des Cèdres à la santé de tous les vrais sportifs. Iris, au Lisson, ne sponsorise aucune épreuve des Jeux Priapiques, elle sponsorise le plaisir, un plaisir épicé, long et direct.

 

PS. Vous me direz que c'est un peu facile de critiquer. Peut-être. Mais ce qui me paraît le plus facile, c'est le financement de ce type d'organisations. Peu importe l'ardoise qu'elles laissent, sans parler des infrastructures inutiles, peu importe la conjoncture économique, elles trouvent toujours des bailleurs de fonds, ne seraient-ce que les gouvernements. C'est aux contribuables qu'on devrait donner une médaille!

PS 2. Même certains Anglais s'en rendent compte, voyez ICI

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Grande-Bretagne, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : jeux priapiques | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |