13 septembre 2013

Peer Steinbrück n'a pas confiance dans les vins trop bon marché

Le candidat social-démocrate aux élections allemandes, Peer Steinbrück, devenu récemment célèbre pour son doigt d'honneur en couverture du Süddeutsche Zeitung Magazine, s'est également fait tancer par la presse pour une déclaration liée au vin: "Je n'achèterait jamais un vin à moins de 5 euros", a-t-il déclaré.

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Ses détracteurs y ont vu de l'élitisme - mal venu, n'est-ce pas, pour un homme de gauche censé "faire popu".

Je serai moins catégorique. Compte tenu des coûts de production et des taxes, 5 euros est un prix effectivement assez bas sur le marché allemand - au moins pour le vin local.

Et puis, un type qui dit ce qu'il pense, plutôt que de dire ce que l'on attend de lui, je trouve ça plutôt sympathique.

Sans compter que le goût du bon vin n'est d'aucun parti.

08:26 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

26 juillet 2013

Quand Wagner composait au Champagne...

Quel peut bien être le rapport entre Richard Wagner et Moët & Chandon?

L’Hôtel Chandon, bien sûr!

C’est dans cette belle demeure d’Epernay, en effet, que le musicien saxon a composé une bonne partie de son opéra Tristan & Ysolde, en février 1858.

La genèse de Tristan & Isolde

Exilé de Saxe pour raisons politiques (c’est un anarchiste convaincu), et fraîchement séparé de sa femme Minna, Wagner séjourne alors en France. Et plus particulièrement à Epernay, où il a un ami: le peintre Kientz, qui réalisait alors le portrait de la famille Chandon. C’est ainsi qu’il fait la connaissance des grands négociants champenois.

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Paul Chandon, le maître des lieux, est organiste à ses heures et grand admirateur des oeuvres de Wagner. Il prête volontiers son orgue au compositeur, qui, lorsqu’il ne travaille pas, visite les caves de Moët & Chandon.  Son séjour à Epernay est des plus agréables, et même, productif - rappelons aux rappeurs que Tristan & Isolde est un des plus grands opéras du répertoire. C’est en Champagne que Wagner l’achève.

Wagner, reconnaissant, offre à Chandon des places pour la première de Tannhaüser à Paris. Echange de bons procédés, le Champenois fait livrer à la loge de Wagner une caisse de sa cuvée «Fleur de Sillery».


Le Champagne, boisson consolatrice

L’oeuvre déroute le public parisien, cependant. Et loin de fêter le triomphe espéré, les bouteilles de Chandon servent plutôt de consolation à l’auteur. Sa réaction n’est pas sans rappeler celle de Napoléon, qui disait «Je ne peux vivre sans champagne, en cas de victoire, je le mérite; en cas de défaite, j'en ai besoin».

Wagner garde cependant un souvenir ému de cette «consolation effervescente», et continuera de commander régulièrement les grandes cuvées d’un Champagne qu’il qualifie de généreux…

C’est qu’après Tristan & Isolde, il lui reste encore toute la Tétralogie à écrire. Ca donne soif...

Hervé LALAU

(Avec l'aimable autorisation d'In Vino Veritas)

 PS. A l’occasion, réécoutez un peu la Chevauchée des Walkyries (oui, bande de Béotiens, la scène avec les hélicos, dans Apocalypse Now); on distingue très bien l’élégance des bulles de Champagnes qui éclatent...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Champagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |