17 septembre 2013

Quelques chiffres sur les Foires aux Vins en Belgique... et quelques exemples chez Delhaize

Selon le panelliste GfK, chaque ménage belge dépense en moyenne 250 euros par an pour l'achat de vin (auxquels il faut sans doute rajouter environ 10% d'achats en direct à l'étranger, principalement en France).

Difficile d'estimer ce que les Foires aux vins représentent dans ce chiffre tant les grandes enseignes pratiquent, soit l'intox, soit le flou. Une estimation raisonnable: entre 10% et 15% des ventes totales de l'année en volume, et 20% en valeurs - car les Foires sont l'occasion pour les Belges d'acheter des bouteilles un peu plus chères, notamment des Bordeaux - une région qui, pour l'oenophile du Royaume, reste une institution. Un peu comme les tomates-crevettes, les Diables Rouges, le Coucou de Malines, les fraises de Wépion... et les querelles linguistiques.

Curieusement, Francophones et Néerlandophones semblent s'accorder pour mettre du Bordeaux dans leurs caves - même si, pouvoir d'achat oblige, c'est en Flandre et à Bruxelles que les bouteilles les plus chères partent le plus vite.

Le Mois du Vin chez Delhaize

Voici quelques exemples de prix tirés de l'opération "Le Mois du Vin", chez Delhaize.

C'est une foire sans en être une, car fidèle à sa réputation de "Sommelier de la GD belge", Delhaize préfère pousser son fond de rayon permanent (avec des décotes allant jusqu'à 30%), plutôt que de faire des coups sur des vins hors assortiment. Une minorité de vins sont exclusifs à cette opération, et encore pourra-t-on les retrouver, pour la plupart, sur le site spécialisé de l'enseigne, Delhaize Wineworld.

Cette sélection reflète donc assez fidèlement le travail (soigné) des acheteurs de l'enseigne à longueur d'année, plutôt que l'art des achats en parallèle. 

Commençons avec les Bordeaux: le Saint Julien Château Saint Pierre 2010 est à 65,88 euros, le Pomerol Château Gazin 2010 à 63,20 euros, le Margaux Château Rauzan-Gassies 2010 à 46,67 euros et le Saint Emilion Château La Couspaude 2010 à 40,76 euros. Mais ce sont un peu les arbres qui cachent la forêt: l'essentiel des prix des Bordeaux proposés par l'enseigne au lion se situent en dessous de 6 euros.

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Du côté des autres régions aussi, la tendance est plutôt aux petits prix: mise à part un Nuits-Saint-Georges de Louis Latour à 34,60 euros, le choix de vins de Bourgogne (assez orienté vers les vins du Mâconnais ou de la Côte Chalonnaise), fait la part belle aux vins de moins de 10 euros. Idem en Loire et en Rhône (avec une sélection assez ramassée, il est vrai, respectivement 9 et 11 vins).

Même chose du côté des vins italiens: sur les 16 vins proposés, seul un dépasse les 8 euros: l'excellent Montefalco Rosso 2009 d'Arnaldo Caprai (dont on s'étonnera un peu de le retrouver en Grande Distribution, mais c'est une autre histoire).

L'offre espagnole est nettement plus fournie (37 vins), parmi lesquels ont trouve la bouteille la moins chère du tarif: un vin sans indication géographique de provenance, à 1,91 euro. Enlevez les taxes, la bouteille et le transport, il ne reste pas grand chose pour le vin!

Notons quand même que c'est aussi d'Espagne que viennent le Contino Vino Del Oliva 2003 (48,37 euros) et le Gran Claustro 2005 (39,20). Et côté rapport qualité prix, le Somontano Granacha-Syrah 2011 de Viñas del Vero, tout en gourmandise.

Autres pays représentés: le Portugal (14 vins, parmi lesquels le fringant Douro Altano Quinta do Altade 2010 à 10,16 euros), le Chili (9 vins), l'Afrique du Sud (7 vins, dont le joli Jordan Bradgate 2011), l'Argentine (7 vins), l'Autriche (4 vins), l'Australie (4 vins), l'Allemagne (3 vins), le Luxembourg (3 vins), les Etats-Unis (2 vins) et la Nouvelle-Zélande (2 vins, dont le superbe Pinot Noir 2010 de Southbank Estate, à faire damner bien des Bourguignons). Sans oublier un vin belge, le Ry d'Argent 2010, assemblant deux nouveaux cépages allemands, le Cabernet Jura et le Régent (pas d'avis, jamais dégusté).

Au total, Delhaize propose quelque 230 vins en promotion (dont 13 effervescents) du 12 septembre au 9 octobre 2013. La sélection des vins bio (20 produits) a fait l'objet d'un chapitre à part dans le catalogue édité pour l'occasion.

19 juin 2013

"Les plus beaux rosés du Monde" selon Alexis Goujard

Alexis Goujard écrit à la Revue du Vin de France et y signe un dossier sur les rosés.

Ne le connaissant pas, je ne peux donc émettre aucun jugement sur ses compétences professionnelles.

Mais quand je lis la phrase suivante, je sors de mes gonds: "C’est d’ailleurs en Provence que sont produits les plus beaux rosés du monde".

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C'est en Provence... et nulle part ailleurs?

Sur quoi au juste mon auguste confrère base-t-il cette affirmation lapidaire? Qui décide? Le meilleur journaliste du monde? Et sur la foi de quelles dégustations? Je ne l'ai pas vu au Mondial du Rosé, cette année. Mais peut-être était-il en reportage dans d'autres grandes régions du rosé. A Tavel? En Anjou? Ou bien à l'étranger?

Car je suppose que M. Goujard a goûté beaucoup de rosés de Navarre ou de Tunisie, pour faire à ce point autorité. Et puis des Pouilles, aussi. Du Portugal. D'Afrique du Sud. En a-t-il fait le tour? Et qu'est-ce qui l'autorise à conclure de manière aussi péremptoire? Au fait, comment définit-il la beauté? Qu'est-ce pour lui que le plus beau rosé du monde?

Je crois que même le Directeur des Côtes de Provence, mon copain François Millo, n'oserait jamais se montrer aussi chauvin.

Tant de "goujarterie" vis à vis des autres producteurs de beaux rosés dans le monde, c'est la goutte d'eau qui fait déborder... mon verre de Col de l'Orb (un excellent Saint Chinian rosé de la Cave de Roquebrun).

 

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Saint Chinian, autre beau terrroir à rosés (et colorés, en plus)

On touche là aux limites du journalisme viticole. M. Goujart fait-il de ses goûts une généralité? Veut-il imposer sa vision personnelle du vin? Ou bien se borne-t-il à répéter de vieux poncifs, le "wishful thinking" de certains Provençaux pour qui la planète rosé commence à Aix et s'arrête à Fréjus? Est-ce de l'arrogance de sa part, ou bien un simple copier-coller intellectuel?

M. Goujard, avec tout le respect que je dois à un confrère, on ne peut pas écrire ce genre de choses.

D'ailleurs, il n'y a pas de plus beau rosé du monde, pas plus qu'il n'y a de meilleur vin du monde, n'en déplaise à M. Parker pour qui on le trouve à Bordeaux.

Et j'espère bien qu'il n'y en aura jamais, car ce serait une insulte à la diversité, au pluralisme, à la liberté de choix.

Et le plus drôle, c'est que bon nombre des rosés de Provence sélectionnés par M. Goujard, et qu'il énumère en dessous de cette malencontreuse introduction... me plaisent.

La Bégude? OK. Toasc? OK. Roquefort? OK. Château Bas? OK. Château Simone? OK.

Bon, Alexis, on ne se connaît pas; alors, on ne  va pas déjà se fâcher!

Tout le monde peut écrire une bêtise, il suffit de la reconnaître. Faites-moi plaisir, essayez d'autres rosés et on en reparle...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, France, Provence, Tunisie, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |