11 mai 2014

Un banquier au Wosa... et une moule saucisse à l'Eurovision

Wine of South Africa a un nouveau président, M. Michael Jordaan, jusqu'ici administrateur délégué de la First National Bank.

Il remplace à ce poste Johann Krige, le charismatique patron de Kanonkop.

Un banquier pour un vigneron? Est-ce là la marque d'un glissement vers une logique d'investisseur? De "branding"? Le vin sud-africain serait-il devenu un "asset"? Un capital plutôt qu'une boisson?

Ou bien faut-il juste y voir la perspective de l'émergence d'une nouvelle "pensée créatrice", d'une "passion d'entreprendre", comme on semble vraiment le penser au Wosa? Krige ne manquait pourtant pas de passion d'entreprendre. Et lui au moins connaissait le produit. Bizarre que le Wosa n'ait trouvé personne, dans le secteur du vin, pour le remplacer.

Dans un monde où le mélange des genres est érigé en vertu; dans un monde où le/la gagnant(e) de l'Eurovision est une sorte de femme à barbe répondant au nom de Petite Moule Saucisse (Conchita Wurst, en version originale), on ne s'étonne plus de rien. On constate.

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Moules à la Saucisse façon Hortense (c) Ricardo Cuisine

11:36 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Europe | Tags : conchita wurst, wosa, théorie du genre | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

08 avril 2014

Boycott des vins: attention!

J'ai abordé la semaine dernier le sujet épineux du boycott des mairies frontistes, comme à Beaucaire, voire des vins qui en sont issus.

J'ai envie d'élargir le débat.

Vous savez que pendant des années, les vins sud-africains ont été l'objet de ce type de boycott, à cause de l'Apartheid.

D'autres pays, ou d'autres régions pourraient être dans la ligne de mire, mais semblent pourtant s'en tirer à moindre frais.

Il y a le cas d'Israël, dont une bonne partie de la production de vin est issu du plateau du Golan, donc de zones occupées du territoire syrien, mais dont on trouve sans difficultés les vins dans les supermarchés européens et américains.

Il y a le cas de la Chine, dont on ne peut pas dire qu'elle remplisse tous les critères d'un régime démocratique, et dont l'action au Tibet suscite l'indignation de bien des démocrates.

Il y a le cas du Chili ou de l'Argentine, dont certains groupes viticoles sont toujours aux mains d'héritiers de soutiens actifs des anciens régimes totalitaires et sanguinaires de ces deux pays.

Il y a l'Autriche, dont certains producteurs n'ont absolument pas renié le passé nazi de leurs parents.

Il y a l'Italie, où apparaissent toujours de-ci de-là des étiquettes à la gloire du Duce.

Il y a les pays de l'Est (Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, République Tchèque) où bon nombre de dirigeants de caves aujourd'hui privatisées ont fait leur carrière au sein de Partis communistes, dont tous n'oeuvraient pas vraiment au bonheur de l'humanité (excusez l'euphémisme).

J'en oublie sans doute.

Mais pour chaque exemple, je me pose la même question: le boycott touche-t-il les bonnes personnes?

Peut-on faire "payer" à toute une population les errements de ses dirigeants (dont la population est déjà souvent la première victime)?

Le boycott ne risque-t-il pas d'avoir des effets indésirables, comme d'appauvrir les travailleurs qui n'ont souvent rien à voir avec les patrons des groupes de production?

Est-ce au consommateur de trancher des situations qui devraient se régler devant l'ONU, le Tribunal Pénal International ou les tribunaux des pays concernés?

Le boycott pose décidément plus de questions qu'il n'y répond. C'est une arme à double tranchant. Je ne l'emploie personnellement qu'avec circonspection, et jamais de manière globale.