16 janvier 2008

Cap au Sud

Talentueux et médiatique sommelier belge, Eric Boschman (Fawa, RTL, La Libre Belgique, The Bulletin, IVV…)  est un grand découvreur de vins devant l’Eternel. L’Afrique du Sud ? Pourquoi pas, du moment que c’est bon !  Eric nous remet en mémoire quelques données sur cet autre pays du vin : «C’est le plus vieux des vignobles dits du «Nouveau Monde»: les Hollandais et les Huguenots français ont planté des vignes au Cap dès le 17 ème siècle.
Ce n’est pas un très gros vignoble ; toutes régions confondues, sa surface (110.000 ha)  équivaut à celle du vignoble bordelais. Les raisins blancs représentent 60 % des surfaces, et les rouges 40%. Le chenin reste le premier cépage du pays.

 

Klein Constantia

Klein Constantia

 

Ce vignoble est découpé en 12 régions, dont les plus réputées sont Constantia (une superbe vallée au climat assez frais), Paarl (16% des surfaces, au climat méditerranéen), Stellenbosch (16% des surfaces également) et Swartland (fief des rouges corsés et des vins doux).
On note aussi l’émergence de nouvelles régions intéressantes, comme Little Karoo (un climat très sec), Olifants Rivier (au nord, très sec également), sans oublier les toutes nouvelles zones viticoles de l’Overberg, au climat plus modéré, propice au pinot noir et au sauvignon.
Mais la région la plus étendue reste celle de Worcester (17% des surfaces), avec notamment Breede Rivier.


De tous les vignerons du « Nouveau Monde », les Sud Africains ont peut-être l’approche la plus « européenne ». Il y a là-bas des vrais vieux domaines, comme Constantia, de vrais vins d’auteur, à côté d’une production de masse. N’oublions pas, enfin, que le pays des Springboks est aussi celui du pinotage, un cépage 100% sud-africain. Issu du croisement entre cinsault et Pinot noir, il séduit par son fruit assez exubérant - il s’est même implanté récemment en Californie. J’ai  - très modestement - écrit de belles choses sur ce cépage dans une vie antérieure. Bref, l’Afrique du Sud, c’est comme le steak d’autruche, faut essayer.»

 

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Eric Boschman 

11:47 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

16 octobre 2007

18 vins d’Afrique du Sud

Voici quelques semaines était organisée chez Fawa une dégustation de vins sud-africains importés par le groupe Fourcroy. 18 produits étaient proposés à un petit groupe de sommeliers et journalistes vineux, dont la plupart comptent parmi les collaborateurs d’In Vino Veritas. A savoir : Eric Boschman (Télémoustique, The Bulletin, RTL…), Andy De Brouwer (Sommelier, Les Eleveurs et La Bodega), Xavier Faber (Meilleur Sommelier de Belgique), Marc Vanhellemont (journaliste In Vino Veritas/Oenosphère) et Dirk Rodriguez (De Morgen).

Constance… dans la qualité

Une de ces maisons a fait l’unanimité: Klein Constantia, dont les trois produits proposés (Sauvignon 2006, Marlbrook 2001 et Vin de Constante 2000) ont été plébiscités.

Commençons par le Klein Constantia Sauvignon Blanc 2006 : nez floral en diable, agrémenté de réglisse, belle matière en bouche, juste ce qui faut d’agressivité, de mordant pour rappeler qu’il s’agit bien d’un sauvignon, mais également une belle minéralité. Bouche puissante, bonne longueur, sensation d’équilibre. Un des dégustateurs a simplement inscrit : « Ca c’est très très très bon ».

Poursuivons avec le Klein Constantia Marlbrook 2001 (48% cabernet sauvignon, 44% merlot, 8% cabernet franc). Le nez s’annonce bien, sur une compote de fruits rouges mêlé de vanille, le tout agrémenté de notes fumées. Ce fumé, on le retrouve dans la bouche, soyeuse à souhait ; le boisé est bien intégré, le vin reste élégant, même s’il en garde sous la pédale. Belle longueur. Un moment de grâce : malgré un assemblage typiquement bordelais, ce vin présente une belle personnalité. Déjà à boire.

Terminons sur le Vin de Constance 2000. La fiche technique nous parle de muscat de Frontignan, et d’une kyrielle de gens célèbres qui ont apprécié ce vin à travers les âges (Napoléon, Frédéric le Grand, Bismarck…). Ce qui nous parle le plus à nous, c’est encore le nez du vin, très riche. Caramel, notes de torréfaction, figues, les impressions se succèdent et se superposent. En bouche, la sucrosité est importante, et tapisse les papilles, avant que de laisser la place à quelques notes plus aiguës d’acidité et de résine. La finale finit sur l’alcool, mais sans excès.

«Ik keer weltevrede terug !»

Dans un registre un peu plus commercial (ce qui n’a rien de grossier dans notre bouche), deux autres maisons ont séduit les dégustateurs.

Weltevrede Estate, tout d’abord, avec son joli Gewurztraminer 2005. Nez explosif (eau de rose, pamplemousse), belle matière, un peu de sucre résiduel pour lier le tout. Un très beau rapport qualité-prix, pour un apéritif original.
La même maison propose un rouge, le Bedrock Blanck Syrah 2004, qui, sans faire l’unanimité, a séduit une partie du panel par ses notes de réglisse et sa matière, mais un boisé assez prononcé a quelque peu tempéré l’enthousiasme. Bien fait, tout de même, on sent que la maison a du potentiel.
Boschendal, ensuite. Deux produits proposés par cette maison ont été appréciés par notre panel :
- le «1685 Range» Sauvignon Blanc 2005, tout d’abord. Bonne intensité au nez, caractère variétal affirmé (« tutti frutti », écrit un de nos dégustateurs), bouche relativement longue, bon rapport qualité prix.
- le  «1685 Range» Cabernet Sauvignon-Shiraz 2003 : Vin commercial, au bon sens du terme. Du fruit (poivron, tomate), notes végétales et fumées, bonne charpente acide, finit un peu court. Mais là encore, un bon rapport qualité prix.

La seule vraie déception vient de la maison Vergelegen, très médiatisée (ils ont régulièrement les honneurs du guide Platters, la référence sud-africaine), mais dont les vins – au positionnement prix « grand cru » - n’ont pas eu les faveurs de notre jury.

La morale de la dégustation : on trouve de très belles choses au pays des springboks ; la notoriété des domaines et le prix des vins ne sont pas les critères les plus pertinents pour établir son choix.

                                      (c)  Hervé Lalau




Les maisons sélectionnées


-Klein Constantia, au pied du Mont Constantia, et avec ses vues sur la Baie de False, est souvent décrit comme un des plus beaux vignobles du monde. C’est aussi le berceau du vignoble sud-africain: c’est là, en effet, que le premier gouverneur de la colonie hollandaise a planté ses premiers ceps. Après des années d’abandon, l’exploitation a été entièrement restaurée par la famille Jooste depuis les années 1980. Ce redressement spectaculaire a entraîné dans son sillage les autres domaines de la vallée de Constantia.
Le domaine compte 70 ha, les coteaux nord étant plutôt plantés en rouge (merlot et cabernet-sauvignon), les coteaux sud, plus frais (nous sommes dans l’autre hémisphère), plutôt réservés pour le sauvignon, le chardonnay et le muscat à petits grains (haenepoot) ? Ce dernier est utilisé pour le fameux Vin de Constance, issu de raisins passerillés sur pied.

-Weltevrede est un petit domaine de la vallée de Roberston, cultivé en bio, sur la fameuse route 62. Fondé en 1912, il toujours dans les mains de la famille Jonker. Il s’est spécialisé dans les blancs aromatiques (muscats, gewurztraminer).

-Changement de dimension avec Boschendal, une propriété de 254 ha, dans la région du Franschhoek. Le domaine est d’origine huguenote. Il s’étage entre 120 et  350 m d’altitude, dans un écrin de nature situé entre les monts Drakenstein et Simonsberg. Vues garanties, et surtout superbes conditions pour les raisins, grâce à des températures relativement fraîches, et une grande biodiversité.
L’encépagement a été revu dans les années 1990, pour mieux adapter les cépages aux différents micro-climats et terroirs. Boschendal mise en particulier sur la syrah et le sauvignon.

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Petit rappel géographique

Le vignoble sud-africain est relativement ancien – son développement remonte au 18 ème siècle. Sa surface (110.000  ha) est à peu près équivalente à celle du vignoble bordelais. Selon les années, sa production varie assez fortement, entre 4 et 7 millions d’hectos. Les raisins blancs représentent 60 % des surfaces, et les rouges 40%.
Ce vignoble est découpé en 12 régions, dont les plus réputés sont Constantia (une superbe vallée au climat assez frais), Paarl (16% des surfaces, au climat méditerranéen),Stellenbosch (16% des surfaces également) et Swartland (fief des rouges corsés et des vins doux), On note aussi l’émergence de nouvelles régions intéressantes, comme Little Karoo (2,7 % des surfaces, avec un climat très sec), Olifants Rivier (9% des surfaces, au nord, très sec également), sans oublier les toutes nouvelles zones viticoles de l’Overberg, au climat plus modéré, propice au pinot noir et au sauvignon.
La région la plus étendue reste celle de Worcester (17% des surfaces), avec notamment Breede Rivier, Cette région couvre une partie importante de la vallée Breede River et connaît des microclimats et différents types de sols dans les différentes rives de la vallée.

 

06:30 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |