14 août 2009

Boschendal Pinot Noir Chardonnay 1685

A quelques heures de mon départ pour l'Afrique du Sud (un voyage que j'aurai le plaisir de vous narrer en détail dès dimanche prochain), j'ai voulu réviser un peu. Voici donc un vin de Boschendal, maison remarquable par ses excellents rapports qualité-prix.

1685, ce n’est pas le millésime (heureusement!), mais la date de l’arrivée à Boschendal des premiers colons huguenots – les Springboks ont une mémoire d’éléphant !
Cela prouve en tout cas que le vin n’est pas né d’hier, au Cap. Et chez Boschendal, aujourd'hui, il s'agit d'une gamme de produits.

 

Boschendal

Ce blanc de table, je l'ai dégusté dans son millésime 2008 (notez que l'Hémisphère Sud ayant toujours de l'avance, le 2009 devrait bientôt être disponible)
Chardonnay et Pinot noir, voilà un assemblage peu commun, mais où chacun apporte ce qu’il a de meilleur; les 60% de chardonnay, la richesse, le gras et la structure ; le pinot noir (vinifié en blanc), les petits fruits rouges, les épices, la fraîcheur, en un mot, la séduction.

Les deux cépages sont issus de deux vignes bien séparées, situées sur les contreforts du Simonsberg, entre Stellenbosch et Paarl.


Accords gourmands: son bel équilibre gras-acidité fera merveille sur une viande blanche ou un poisson en sauce, même légèrement relevée.

09:37 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 juin 2008

Boschman chez les Springboks (suite)

Où notre ami Eric, toujours chez les Springboks, nous parle de degrés..

Une promesse est un promesse, depuis sept jours, vous avez la langue qui pend lamentablement dans l’attente fébrile de plus d’infos à propos des vins en provenance de la nation Arc en Ciel. Le suspense est à son comble, les tirs au but de Turquie/Croatie, à côté, c’est comme une blague. Vous êtes fébriles, mais bon sang où sont encore mes satanées lunettes, l’article commence et je vais rater le début. Kevin, au lieu de tremper ton pistolet au Nutella dans le jus d’orange de Christelle, va donc voir si mes lunettes ne sont pas près de la télécommande. Et, il n’y a pas de mais, pas la peine non plus de soupirer, quand on a un bulletin comme le tien, on écrase et on file tout doux. Je vous rassure, pendant que Kevin est à la chasse aux besicles, cet article commence à peine, et puis, l’avantage du direct dans les journaux, c’est qu’il y a une fonction ralenti. Voilà, vous êtes équipés.
 
Je vous expliquais la semaine dernière que l’histoire récente du pays était fort importante par rapport à la viticulture, que les choses se mettaient doucement en place. Il faut, avant de passer aux commentaires de dégustation aborder un autre problème fort important à l’heure actuelle : le degré d’alcool des vins. Au moment où déboulent des vins à 9% vol. comme de soi-disant nouveautés, parce qu’une certaine presse, après avoir ardemment défendu les bêtes bodybuildées au degré d’alcool élevés, trouve qu’il faut absolument des vins avec peu de degrés, les vins du nouveau monde en prennent plus plein la tronche que les autres.
 
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Or, le problème du niveau d’alcool est éminemment complexe ; c’est à la fois le résultat du productivisme agricole aveugle des ces cinquante dernières années, de l’évolution des technologies viti et vinicoles, mais aussi, et là c’est bien emmerdant, de la pollution atmosphérique due au carbone. Même si en quelques années, les producteurs de levures pouvaient «sortir» des souches moins performantes et donc ayant besoin de plus de sucres qu’aujourd’hui pour produire de l’alcool, le problème ne serait pas réglé. La vigne, comme les autres végétaux, synthétise le carbone. Comme il y en a de plus en plus, elle produit de plus en plus de sucre, je schématise hein, mais c’est grosso modo comme ça. Ce qui signifie, en bout de course, que les vins titrent plus de sucre, ce qui potentiellement représente plus de degrés d’alcool. On peut plier le truc comme on veut, mais on est dans le jus sur ce coup-là.
 
Aujourd’hui, certaines stations œnologiques constatent des écarts importants entre les maturités industrielles et phénoliques des raisins. Ce qui à pour conséquence, si l’on veut des vins mûrs, de produire à des degrés d’alcool élevés. En une grosse décennie, ne fut ce qu’à Bordeaux, les vins ont pris en moyenne un degré. Sur les étiquettes. Parce qu’en plus, la législation autorise l’affichage d’un demi-degré d’écart, au-dessus ou en dessous de la réalité. Pour être clair, actuellement à Bordeaux on shoote allégrement à 13,5 voire 14% vol au lieu de 12,5. Et Bordeaux n’est pas vraiment une zone où la maturité des baies est toujours évidente, alors, imaginez un instant ce qu’il en est dans les Côtes du Rhône ou à Stellenbosch. Comme solutions à court terme, si l’on veut céder à cette mode idiote des degrés bas envers et contre tout, il faut soit  mouiller les vins à l’eau, soit travailler en osmose inverse ou encore faire croire aux gogos qu’en vendangeant plus tôt le problème est résolvable. Des raisins pas mûrs ne donnent jamais de bons vins, c’est évident.
 
Et si, au lieu d’aboyer avec les loups, les consommateurs que nous somment réfléchissaient un peu ? Le degré d’alcool n’est qu’une composante parmi d’autres d’un vin,. Et même si cela peut paraître paradoxal, c’est une chose qui demande énormément d’expérience à percevoirt. Une fois que l’on oublie l’étiquette, ce qui est fondamental c’est l’équilibre de l’ensemble. Vous pourrez trouver qu’un pinard affichant 12%vol au compteur paraît lourd alors qu’une grosse bête à 15% vol vous paraîtra tout en dentelle. Il ne faut pas se focaliser sur ce genre de détail, l’important est le bonheur procuré par les flacons, le reste n’est que blabla de «spécialistes». Alors, tant qu’à parler de vin, voici quelques flacons plaisir dont je n’ai pas noté le degré, vous ne m’en voudrez pas, mais qui m’ont fait vachement plaisir.
 
Parfois, il m’arrive de tenter d’être cohérent, je m’en vais donc commencer par un Pinotage. A tout seigneur tout honneur, voici le domaine Beyerskloof. Ce vin est élaboré par le Pape du cépage, un des hommes qui lui donne chaque année ses lettres de noblesse. Beyers Truter le transforme sur toute la gamme du rosé à l’effervescent en passant par des rouges de grande classe. C’est magnifique, plein de fruits noirs, de touches de bigarreaux, avec une délicatesse étonnante au palais.  La réserve 2006 vaut largement son pesant de cacahuète.
 
Toujours dans le même cépage mais d’un autre domaine, nous avons eu l’occasion de déguster aussi des vins élaboré par KWV, une des plus grande, si pas la plus grande, entreprise vinicole du pays. De manière surprenante, le Cathédral Cellar Pinotage est un vin qui a des tripes, pas seulement de la technique. Il laisse une impression de délicatesse et d’élégance superbe. Le Café Culture Pinotage de la même maison est quelque chose de très surprenant, à la fois vineux, puissant, et fait pour un public visiblement d’jeuns. C’est un de ces vins marche-pied qui sont fondamentaux pour permettre au plus grand nombre de découvrir les plaisirs de la dégustation. Dans un registre nettement plus complexe, plus impressionnant aussi, et peut-être un peu moins accessible au plus grand nombre, le pinotage de Stellenzicht fait partie de ces bouteilles que l’on devrait exiger de prendre avec soi lors d’un prochain départ pour une île déserte. ET je ne vous parle pas de la Syrah, pas le Shiraz, mais bien la Syrah, qui n’a rien à envier aux plus grandes cuvées d’Hermitage ou de Côte-Rôtie. Je ne serai pas complet si j’oubliais la superbe cuvée 2007, goûtée sur fût, de chez Neil Ellis, un truc qui nous a laissé sans voix pendant quelques secondes tant c’était plein.
 
Heureusement pour tout le monde, sauf moi, l’Afrique du Sud produit d’autres vins que le pinotage. En matière de bulles, goûtez au moins une fois, Pongràcz, une cuvée qui, à l’aveugle, n’a rien à envier à pas mal de Champagnes. Même si, une fois de plus, il ne faut comparer que des choses comparables, hein. Dans le genre superbe rouge complexe et plein de vie, le Merlot de chez Veenwouden est une véritable bombe. Le genre de truc qui marque longtemps le dégustateur.
 
Un peu comme le Sauvignon Jonkershoek Valley 2007 de Neil Ellis. Vingt d’jeu quelle affaire, mais quelle affaire ! grand, plein, élégant, vif, un rien citronné avec un peu de gras. Que demander de mieux, hein ? Peut-être, pour compléter ce festival de magnifiques choses, le Touriga Nacional 2006 d’Allesverloeren qui mérite presque à lui seul le voyage. En dehors de ces cuvées hors normes, nous nous sommes régalé avec une boutanche de viognier toute simple nommée Flat Roof Manor, sans bois, sans lourdeur. Tout ça nous change un peu de tant de « chabernets » internationaux sans rien à laisser comme traces à part quelques échardes de copeaux en fin de bouche..


Plus d’infos sur les vins tous les vins et leurs prix :

www.rousseu.be  (sauf KWV : PR Belux  02 663 62 62)

11:00 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |