20 août 2009

Bien vu, Fairview

Nous changeons à nouveau d’appellation pour celle de Paarl – la perle.
C’est là qu’est située Fairview, propriété d'une famille d’origine lithuanienne, les Beck, depuis 1938.

 

Fairview

Vu de Fairview

 

Charles Back, l’actuel dirigeant, est un innovateur, il expérimente tous azimuts ; il fut le premier à planter du Viognier au Cap, avec un certain succès. Succès réédité avec le mourvèdre, plus récemment. Tout ne réussit pas toujours : ses essais d’acclimater le nebbiolo n’ont pas donné les résultats escomptés.
Autre axe de recherche : les terroirs, Un domaine longtemps laissé en friche, au sens propre comme au figuré, car la plupart des producteurs ont longtemps planté un peu de tout un peu partout. Un des meilleurs exemple de cette recherche des terroirs : les syrah de single vineyard, à savoir Eenzaamheid et Beacon, deux vignes séparés d’à peine 5 kilomètres, mais qui présente des sols très différents (Beacon est beaucoup plus caillouteux) ; à l’arrivée, malgré une vinification identique, on a deux produits assez opposés, le beacon est plus tannique, plus cacaoté aussi, l’Eenzaamheid est plus suave, plus fluide, plus fumé aussi.

Fairview s’est fait également connaître pour son marketing espiègle ; comme le domaine élève aussi des chèvres, dont il fait des fromages, une seconde marque a été créée, Goats do Roam (les chèvres  vagabondent, vraiment), trois mots qui se prononcent presque à l’identique de Côtes du Rhône. Pour des cuvées de grenache syrah mourvèdre, évidemment…
Exploitant cette veine, sont nés Goat Roti, Goat Door et Bored Doe, fièrement arborés sur les étiquettes et les t-shirts maison…

 

Fairview2


Les appellations françaises originales apprécient sans doute modérément, mais en attendant Fairview fait parler d’elle. C’est bien vu…

15:44 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 août 2009

«Bienvenue au pays de la liberté»

Première visite dans le vignoble sud-africain, première grande émotion avec Kaapzicht (un domaine familial de 190ha) et ses superbes vues sur depuis la zone de Bottelary, au Nord de Stellenboch.

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Kaapzicht: bonjour la vue!


A dix minutes de la cave en 4x4, nous rangeons la voiture près d’un rocher et Danie Steytler, le propriétaire, débouche une bouteille de rosé à laquelle nous faisons honneur en regardant le soleil se coucher sur la montagne de la Table. Les derniers rayons s’impriment dans ma mémoire comme les notes délicatement acidulées du vin.
Nous retournons alors à la cave pour la dégustation proprement dite. Les vins sont nets, précis, je suis surtout impressionnés par le Kaapzicht chenin 2007, très flatteur (maracuja, pamplemousse, ananas…) et le Steytler pinotage 2006), à la fois expressif (cerise bien mûre, pruneau, cuir) et structuré. Et plus généralement, par la belle charpente acide (on la retrouve aussi dans la syrah). Sur l’étiquette, on lit des pourcentages d’alcool qu’on ne soupçonnait pas – entre 14,5 et 15°, tant les vin sont bien balancés.
Après le repas (un barbecue qu’on appelle là-bas le braai, du verbe braden, griller) nous discutons des réglementations sud-africaines en matière d’appellation. On les appelle WO (Wine of Origin).


En résumé, comme ici, en WO Stellenbosch, tout est permis, sauf ce qui est expressément interdit : à savoir ajouter plus de 15% d’un autre cépage que celui annoncé sur l’étiquette, ou utiliser des raisins provenant d’en dehors de la zone. Mais pour le reste, degré d’alcool, teneur en sucre, cépages autorisés, plantations, conduite de la vigne… bienvenue au pays de la liberté.
«C’est le Nouveau Monde, ici, s’amuse Sagi Cooper, mon collègue israélien. On peut même utiliser du raisin…».

Heureusement, chez Kaapzicht, on utilise cette liberté avec un grand sens des responsabilités…

Hervé Lalau

15:11 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |