23 janvier 2011

Equitable, oui, mais pour tout le monde...

Voila, je suis au Cap. Changement de paysage, changement de langue, changement de saison. La totale.

Avant d'aller manger sur le Waterfront, sans doute dans un petit restau Capemalay, pour bien s'imprégner d'une des couleurs locales, je vous raconte très vite ma dernière découverte.

Fair Hills.jpgFair Hills

Sur South African Aiways, cette nuit, j'ai bu le sauvignon 2009 de Fair Hills. Fair Hills, c'est une marque du réseau Fairtrade, le Commerce Equitable, qui veille à ce que les travailleurs reçoivent une juste rétribution pour leur boulot - tiens, il faut croire que les autres sont mal payés, en Afrique du Sud, il faudra que j'enquête.

En tout cas, je suis content d'apprendre qu'un peu du prix du vin que j'ai bu ira à une bonne cause. Mais je serai encore plus content si le vin était bon. Hélas! Il était oxydé, éventé, vulgaire, l'acidité mal fondue, sans oublier un arrière goût à réveiller un gnou (poussière, lavette, chien mouillé). La contre-étiquette parlait de "vibrant wine". Pour moi c'était plutôt "shaky". Je n'ai pas bu la moitié des 18cl.

Peut-être qu'on devrait augmenter le winemaker?

Mauvaise pioche, en tout cas, pour South African Airlines. Une compagnie aérienne, c'est un peu la vitrine d'un pays, et là, ce qui est en vitrine est non seulement peu représentatif, mais même carrément rébarbatif.

Vouloir mettre en avant le socialement correct, surtout dans un pays erncore aussi inégalitaire que le "Pays Arc en Ciel", pourquoi pas?

Sauf si c'est une excuse pour la médiocrité. Le commerce équitable doit être équitable pour le client aussi.

12:20 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

22 janvier 2011

Afrique du Sud, notions de base

Voila, je suis parti, je suis en route, j'arrive demain matin au Cap. Avant de commencer mon "trek" dans les vignobles, je vous dresse un tableau d'ensemble pour vous (re)mettre dans le bain.

D'abord, l'aire de production: avec 94.000 ha (raisin de cuve uniquement), elle est en croissance (+18.000ha en 12 ans). C'est toujours moins que Bordeaux. Mais c'est plus étendu. Si l'on excepte quelques vignobles marginaux, comme ceux du Natal (beaucoup plus à l'Est), ou de L'Olifantsrivier et de l'Orangerivier (au Nord-Ouest), la zone de production s'étend sur une grosse centaine de km de large et 450 km de long, entre Le Cap et De Rust (le long de la route 62).

100_0256.JPGLa montagne du dragon veille sur Stellenbosch (photo H. Lalau)

A l'intérieur de cette zone, les vignobles sont cependant assez dispersés.

Le climat général est de type méditerranéen, avec cependant plus que des nuances en fonction de l'altitude, de la situation par rapport aux montagnes (effet de foehn) et aux deux océans. Globalement, le climat tend à devenir plus sec à mesure que l'on va vers l'Est (le Klein Karoo a même des côtés franchement désertiques).

Le système d'appellations comprend 4 niveaux.

La région: d'Ouest en Est, Olifantsrivier, Coastal, Western Cape,  Breede Rivier, Northern Cape, Klein Karoo.

Le disctrict: Citrusdal, Lutzville (Olifanstrivier), Cape Point, Darling, Paarl, Tygerberg, Stellenbosch, Swartland, Tulbagh, Overberg, Cape Agulhas, Walker's Bay, Robertson, Worcester, Swellendam, Breedekloof, Douglas, Calizdorp. Certains minuscules, comme Darling, certains énormes comme Swartland.

Le ward: Constantia (Cape Point), Durbanville, Philadelphia (Tygerberg), Franschhoek, Wellington (Paarl).

L'estate: à titre d'exemples, Boschendal, Spier, Klein Constantia, Capaia, Cabrière, Bon Cap, Diemersdal, Fairview, Kaapzicht...

L'importance de ces dénominations varie: ainsi, on trouve plus facilement Stellenbosch sur une étiquette que Philadelphia, mais plus facilement Franschhoek que Wellington... De toute façon, la marque reste l'élément déterminant, car la spécialisation des différentes dénominations, par cépages ou par type de vin, est encore embryonnaire.

south_africa_wine_map.gifUne bonne carte vaut mieux qu'un long discours

L'Afrique du Sud recense aujourd'hui quelque 3.600 "producteurs" (au sens de producteurs de raisin, pas forcément de vignerons). Le secteur se professionalise: en 20 ans, le nombre de producteurs a baissé de 1000 unités, dans le même temps, le nombre de caves est passé de 212 à 604.

La production, quand à elle, oscille entre  8 et 10 millions d'hectolitres. Ce qui nous donne une moyenne de 90hl/ha. Un chiffre à relativiser, cependant, car les rendements oscillent entre 30... et 350hl/ha.

Côté cépages, on note une forte diversification ces 20 dernières années, avec une forte montée en puissance des rouges, qui correspond à l'ouverture sur le monde de la production sud-africaine. Alors que les rouges ne représentaient que 16% de la surface plantée en 1998, ils sont aujourd'hui à 44%.

S'il reste le premier cépage du pays, le chenin a vu son importance se réduire sensiblement ces 10 dernières années (il est passé de 32 à 18% de l'encépagement total); dans le même temps, le cabernet-sauvignon est passé de 4 à 12%, la syrah de 1 à 10%, le merlot de 1 à 7, le pinotage de 2 à 6, le sauvignon de 4 à 9, le chardonnay de 2 à 8.

Sur ce, je vous laisse. Je dois m'habituer doucement à l'idée de quitter l'hiver pour l'été. Heureusement, je sais pouvoir compter sur votre soutien moral...



12:45 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, afrique du sud | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |