24 janvier 2011

South African Wine Initiative: explication de texte

Cela sonne comme un plan d'investissement ou de marketing des vignerons sud-africains. Il n'en est rien: il s'agit d'une organisation regroupant des syndicalistes et des écologistes.

Leur but principal est d'interdire ou au moins de limiter la vendange mécanique, au motif qu'elle a mis un grand nombre de travailleurs agricoles au chômage, et qu'elle met en danger des espèces menacées comme le caméléon nain (les animaux étant "vendangés" en même temps que les raisins). Pour ce faire, l'association émet des certificats pour ceux des opérateurs qui acceptent de ne pas recourir aux machines à vendanger et milite pour que la loi oblige les producteurs à mentionner sur les étiquettes de vin s'ils vendangent à la machine.

Les employeurs du secteur viticole, quant à eux, rétorquent que l'introduction des machines à vendanger a été le seul moyen pour eux de contourner les grèves à répétition des ouvriers agricoles, et plus généralement, ce qu'ils qualifient de "sous-productivité organisée par les travailleurs et leurs représentants".

South African Wine Initiative reproche aussi à l'industrie sud-africaine du vin d'avoir provoqué un grand nombre de syndromes d'alcoolisation foetale, en payant une partie des salaires de ses ouvriers en nature (ce qui était courant sous le régime de l'Apartheid, mais qui a été interdit depuis).

 

 

23 janvier 2011

Equitable, oui, mais pour tout le monde...

Voila, je suis au Cap. Changement de paysage, changement de langue, changement de saison. La totale.

Avant d'aller manger sur le Waterfront, sans doute dans un petit restau Capemalay, pour bien s'imprégner d'une des couleurs locales, je vous raconte très vite ma dernière découverte.

Fair Hills.jpgFair Hills

Sur South African Aiways, cette nuit, j'ai bu le sauvignon 2009 de Fair Hills. Fair Hills, c'est une marque du réseau Fairtrade, le Commerce Equitable, qui veille à ce que les travailleurs reçoivent une juste rétribution pour leur boulot - tiens, il faut croire que les autres sont mal payés, en Afrique du Sud, il faudra que j'enquête.

En tout cas, je suis content d'apprendre qu'un peu du prix du vin que j'ai bu ira à une bonne cause. Mais je serai encore plus content si le vin était bon. Hélas! Il était oxydé, éventé, vulgaire, l'acidité mal fondue, sans oublier un arrière goût à réveiller un gnou (poussière, lavette, chien mouillé). La contre-étiquette parlait de "vibrant wine". Pour moi c'était plutôt "shaky". Je n'ai pas bu la moitié des 18cl.

Peut-être qu'on devrait augmenter le winemaker?

Mauvaise pioche, en tout cas, pour South African Airlines. Une compagnie aérienne, c'est un peu la vitrine d'un pays, et là, ce qui est en vitrine est non seulement peu représentatif, mais même carrément rébarbatif.

Vouloir mettre en avant le socialement correct, surtout dans un pays erncore aussi inégalitaire que le "Pays Arc en Ciel", pourquoi pas?

Sauf si c'est une excuse pour la médiocrité. Le commerce équitable doit être équitable pour le client aussi.

12:20 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |