30 novembre 2017

Michel Chapoutier craint les effets de la hausse des prix

En sa qualité de président de l’Union des Maisons et des Marques de Vin, le négociant rhodanien Michel Chapoutier se montre très circonspect face à l’évolution des prix consécutive à la faible récolte 2017.

«Il ne faudrait pas que nous refassions les mêmes erreurs. Le négoce va évidemment accepter des hausses de cours cette année, et aussi rogner sur ses marges pour conserver ses clients, réduire ses stocks, voire instaurer des contingents. Le problème n’apparaîtra donc pas l’année N, mais l’année N+1, lorsque la production considèrera que le prix de l’année de faible récolte est un “acquis social”. Comme nous devrons alors reconstituer nos stocks, la demande sera là et nous serons non seulement obligés d’acheter, mais aussi de relever nos prix de vente. Or, il y a une véritable élasticité des marchés au prix. Une hausse de 10% de mes prix aux États-Unis se traduit par une baisse de 40% de mes ventes.

De ce fait, mathématiquement, nous aurons une crise de surproduction en année N+2. Le marché appartient au collectif, apprenons à le piloter ensemble. Les conditions nécessaires à la contractualisation tiennent à l’absence de contingent de plantation, qui biaise la valeur des vins d’une appellation, et à la présence d’un observatoire économique digne de ce nom, c’est-à-dire qui fournit des indications de cours fiables.

Jouons la transparence afin que le contrat interprofessionnel devienne une facture légale et que l’on y distingue les vins bios des vins conventionnels, ainsi que les achats de vins avec nom de domaine, forcément plus chers puisqu’incluant une délégation de marque

08:14 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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