13 juin 2017

Que reste-t-il de bio dans le projet de la commission européenne?

Un projet présenté ce lundi par la Commission européenne aux ministres de l'agriculture de l'Union a fait frémir les partisans de l'agriculture bio. Ce texte est censé redéfinir les modes de production, de transformation, de conservation et de commercialisation du bio dans toute l'Europe. Or, plusieurs assouplissements en matière de label bio font craindre un dévoiement du concept.

D'une part, le projet prévoit que les productions contaminées par des pesticides ne seront plus forcément déclassées du label bio. Chaque Etat pourra décider du seuil de pesticides 'acceptable'. Et une fois labellisé dans un pays, il ne pourra être refusé par les autres. 

Cela revient à rendre caduque la fameuse obligation de moyens (le contrôle à tous les stades de la production), pour le remplacer par des analyses a posteriori, et selon des règles différentes en fonction des pays.

Par ailleurs, le même projet prévoit d'abaisser le nombre de contrôles de un par an, à un tous les deux ans. 

Autre pierre d'achoppement: la possibilité, défendue par la Commission, de produire du bio hors sol - alors que pour les producteurs bio, le lien au sol et la rotation des cultures sont deux fondements de l'agriculture bio, tant du point du vue agronomique que du point du vue environnemental.

Ce texte est loin de faire l'unanimité des différents pays. 

13:54 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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