15 mars 2017

Votre vin est-il "vegan"?

Un certain nombre de caves se sont lancés sur le créneau des vins vegan - les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petites cuvées de beaux chiffres d'affaires. Je ne leur ferai pas l'injure de mettre en doute leur engagement végétalien. Pas plus que je ne doute de la conviction religieuse de ceux qui élaborent des vins casher ou des vins halal, type Night Orient (certifiés Jakim).

Mais je ferai remarquer qu'aucun producteur n'est en mesure de prouver qu'aucun insecte n'a été maltraité à la vigne (que ce soit via des pesticides ou des phéromones), ni même qu'aucun insecte n'a été vendangé et vinifié avec les raisins.

En vertu de quoi je m'interroge sur le bien fondé d'une certification vegan. S'il suffit ne ne pas coller les vins avec des matières animales, c'est un peu facile!

Et au fait, en quoi le règne végétal mérite-t-il moins notre empathie que l'animal? 

Moi, j'ai tellement d'empathie pour les deux que le plus souvent, je les assemble dans ma nourriture.

Bien sûr, je n'oblige personne à faire comme moi, et je ne me crois en rien supérieur à ceux qui ne mangent pas de viande, d'oeuf ou de poisson. Mais c'est aussi mon droit, je pense, de dire que la justification morale dont certains accompagnent ce choix personnel ne me convainc pas.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Pour rire | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Surprenant, comme certification, en effet! Je crois que je préfère les vins bios!

Écrit par : Brigitte | 15 mars 2017

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On ne sait plus quoi inventer pour plaire aux Bobos.....

Vous avez raison M. Lalau. C'est un évidence mais il faut le dire avec force !
Le règne végétal mérite autant notre empathie que le règne animal ! Il est certainement aussi important sinon plus pour notre survie sur cette planète et on sait que les végétaux réagissent et communiquent entre eux.....
Respecter le végétaux et les animaux peut se faire aussi en les élevant ou les produisant avec respect et conscience. Les manger aussi avec respect et conscience me semble la voie la plus "raisonnable".

Merci pour votre billet du jour

Écrit par : vincent | 15 mars 2017

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Hello!

Je reste un peu interloqué par ton article.
Je te rassure tout de suite, mon engagement à vouloir faire du vin vegan dans l'entreprise dans laquelle je travaille est surtout dû à ma femme (qui est vegan) et de soutient pour elle. Le profit dans tout ça? Le vin au même prix, deslicences à acheter, de la paperasse à remplir... Mais surtout pouvoir répondre à une attente éventuelle des vegans.

C'est vrai que si tu remets en doute l'abattage d'insecte d'une manière radicale par l'homme dans le vignoble, on peut remettre en cause toute la signification du label vegan.

Sur les exigences du Label V pour les produits alimentaires il n'est spécifié que :

2. Dénomination de „VÉGÉTARIEN“
Afin qu'un produit puisse être certifié „VÉGÉTARIEN“, il ne doit contenir aucun ingrédient
(ni de substance auxiliaire) d'origine animale provenant d'un animal abattu.
Ceci comprend surtout, mais pas exclusivement, les ingrédients suivants :
•viande
•poisson
•fruits de mer
•insectes

De même, il est interdit d'utiliser des produits d'animaux abattus comme substance
auxiliaire lors de la production de matières premières et du produit final, même si
ceux-ci ne sont plus détectables dans le produit final (...)

3. Dénomination „VÉGANE“
Les produits alimentaires portant la dénomination 'VÉGANE' doivent assumer toutes
les exigences mentionnées sous 2.
En outre, ils ne doivent contenir aucune autre substance d'origine animale ni en tantque composant ni additif, notamment aucun des ingrédients suivants (liste non exhaustive)

•lait (...)
•miel
•cire d'origine animale
•lanoline
•etc.
La production des matières premières et du produit final ne doit pas s'effectuer à
l'aide de substances auxiliaires d'origine animale, même si celles-ci ne sont plus détectables
dans le produit final (p.ex. lors de la clarification de liquides à l'aide de
blanc d’oeuf).


5. Engrais
Le Label V ne pose pas de conditions quant aux engrais ou fertilisants utilisés sur la
terre où sont cultivés les matières premières contenues dans les produits Label V.
Sont permis de fait également les matières premières végétales cultivées sur des
terres fertilisées par des engrais d'origine animale.
Sont permis entre autres les engrais suivants :
•Emploi d'excréments animaux
•Engrais artificiels à base de composants non véganes
•etc.
Etant donné la conscience écologique et éthique croissante des consommateurs responsables,
nous conseillons de favoriser (n'importe où c'est possible) les matières
premières issues de l'agriculture bio-végane et de renoncer aux substances d'origine
animale dans les engrais.
Il est permis d'enterrer des produits d'abattoir (p.ex. les abats de cornes), selon
l'usage de l'agriculture bio-dynamique.


Pour moi, le fait de se débarasser de nuisibles de quelques manière que ce soit n'entre pas dans cette liste d'interdiction, car il n'est pas un additif dans le produit final. Même le fait d'utiliser dans certaines culture des insectes pour se débarasser de nuisibles n'est pas très éthique.

En parlant des insectes vendangés et vinifiés, voici sur quoi je me base:

4. Contamination par des substances d'origine animale
Au cas où le lieu de production, le stockage ou le transport représentent un risque de
contamination du produit par des substances d'origine animale, le preneur de licence
doit prendre des mesures afin de minimiser celle-ci. La contamination du produit final
par des substances d'origine animale (la somme de toutes les substances d'origine
animale) ne doit dépasser en aucun cas les 0.1 % (1 g/kg).

La certification vegan a été très importante pour moi, car je ne savais pas que le vin n'était pas forcément vegan.
Oui, je me cache derrière un formulaire, peut-être un peu lâchement :-/ mais que veux-tu, c'est ce que j'ai trouvé de plus sérieux à suivre, comparé à ce que dit la législation suisse sur la mention vegan sur les étiquettes.

Par contre, je vais ouvrir le débât sur un point auquel je me suis trouvé confronté: tu dis que s'il suffit de ne pas coller les vins avec des matières animales, c'est un peu facile.
Je vais t'expliquer que ce n'est pas si simple de convaincre des années de pratiques pour dire de faire autrement.
Voici une question que je juge intéressante : est-ce que dans les restaurants et le reste de l'alimentation, c'est aussi un dialogue compliqué entre la personne qui propose et la personne au sommet de la pyramide?

PS: quand j'ai demandé aux fabriquant d'étiquette et de carton s'il y avait contamination animale (notamment au niveau de la colle), certain étaient étonnés de constater que j'étais le premier à demander ce genre d'information. (nos emballages sont vegans ^^)

Écrit par : Lamon | 22 mars 2017

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