03 octobre 2016

Cépages résistants: l'administration fait de la résistance

Le 30 septembre dernier, le Comité permanent technique de la sélection (CTPS) a refusé 21 cépages résistants sur les 25 proposés pour inscription au catalogue français par le Syndicat de Producteurs d'IGP Pays d'Oc et la Fédération des Grands Vins de Bordeaux.

Aucun des cépages demandés par l'IGP Pays d'Oc n'a été retenu.

Le Président de l'ODG Pays d'Oc, Jacques Gravegeal, a adressé une lettre ouverte au Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, lui demandant de prendre en mains ce dossier et de soutenir cette demande. Pour M. Gravegeal, en effet, le CTPS outrepasse sa mission de contrôle sanitaire, alors que les cépages résistants proposés à l'agrément du CTPS sont tous déjà inscrits aux catalogues d'autres pays de l'Union européenne. 

On se perd en conjectures face au refus de ce comité (qui, faute de ressources propres, s'appuie sur le GIE GEVES).

D'une part, on voit mal pourquoi des producteurs se proposeraient de produire des cépages à problème. On voit encore plus mal quels intérêts pourrait avoir un groupement d'intérêt économique à ralentir le développement de cépages résistants aux maladies, notamment dans une perspective de santé publique; à moins, bien sûr, qu'il s'agisse de favoriser des institutions ou pépiniéristes concurrents, ou bien encore des producteurs de produits phytosanitaires.

J'espère vivement que l'intérêt général prévaudra.

 

12:11 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Décision peu enthousiasmante c'est vrai.

Je sais que quelques-uns de ces cépages sont issus d'un laboratoire allemand (Fribourg je crois), ce qui ne doit pas faciliter l'acceptation de ces petits nouveaux en France...

Les blancs que j'ai pu goûter (souvignier gris et muscaris) sont pourtant sympathiques, et curieux.
En revanche, les rouges devaient être largement dilués dans du cabernet et du merlot...

Au delà des groupes de pression, j'ai entendu divers avis négatifs (consommateur lambda, éleveur bio...) étonnants et naïfs à leur sujet : on ne veut pas de pesticides, mais avec les cépages tenant de la "tradition".

Écrit par : bastien | 03 octobre 2016

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Certaines obtentions consistent à revenir au plus près des cépages connus - on croise et recroise un cépage existant, homologué, avec un cépage résistant pour garder la résistance recherchée. Il n'y a alors plus guère de soucis en ce qui concerne le produit final que si l'on changeait de porte-greffe, ou qu'on utilisait un autre clone du cépage.

Écrit par : Hervé Lalau | 03 octobre 2016

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