10 juin 2016

Vinobusiness: l'avis du journal of American Economics

En attendant le verdict des juges sur l'affaire de Boüard-Saporta, et parce que j'aime bien que rien ne se perde, j'ai envie de vous faire lire un extrait du compte rendu écrit par Karl Storchmann, de la New York University, dans le Journal of Wine Economics, à propos du livre d'Isabelle Saporta. 

"The tenor of Vino Business can be summarized in three sentences. Wine is ruled by corrupt big business that is detached from their product. Large firms set the rules at the expense of small winemakers. Organic winemaking is disrespected.

The book is an easy read, entertaining, and filled with valuable information, but Saporta makes no effort to be neutral. Almost everything is suggestive and often she offers her own interpretation – even of facial expressions. For instance, when citing Michel Rolland talking about Chinese buyers “‘… it’s quite good business,’ jokes the winemaker, a greedy look in his eyes.” (p. 16).

About 15% of the text consists of citations, many of them anonymous (e.g., “’Why should they bite the hand that feeds them?’ a great winemaker adds cruelly and scornfully” (p. 84) or “’Michel Rolland has a thing in Argentina… It’s a jackpot. You can make €150,000 for an international contract. … you have a lot less hassle for way more cash".

Sa conclusion se rapproche assez fort de la mienne: "I think Saporta would have served her cause better with greater distance and neutrality and a less suggestive style".

 

Le texte complet: ICI

16:31 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

Commentaires

Karl Storchmann ne connaît rien du dossier, à l'évidence. Assister à l'audience du 9 juin 2016 à la 17ème Chambre correctionnelle au Palais de Justice de Paris de 13 h 30 à 21 h 30 a permis aux présents de mesurer à quel point le classement des vins de Saint-Emilion a été bâti sur mesure pour certains vignobles. Une véritable série de miracles qui a permis aux personnes dirigeant les institutions locales et nationale, parties prenantes dans le classement, d'en tirer un profit personnel en argent et en notoriété. C'est la raison pour laquelle une autre instruction est en cours, avec plainte contre X, pour prise illégale d'intérêt. Les premières conclusions sont très intéressantes, et accablantes pour X.

Écrit par : CARLE | 10 juin 2016

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"Assister à l'audience du 9 juin 2016 à la 17ème Chambre correctionnelle au Palais de Justice de Paris de 13 h 30 à 21 h 30 a permis aux présents de mesurer à quel point le classement des vins de Saint-Emilion a été bâti sur mesure pour certains vignobles"


On comprend aisément votre ressentiment, Monsieur Carle, vis-à-vis d'un classement qui vous a privé du rang qu'occupait votre vignoble auparavant. Mais vous donnez vraiment l'impression de faire feu de tout bois, et semblez occulter le jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui a entériné le classement actuel en vous déboutant de vos prétentions, considérant que vos arguments ne sont pas recevables. Il y-a, semble-t-il, un fossé entre votre perception des choses et celle de la justice (pour ne pas dire de la réalité).

Je crois sincèrement que plutôt que d'alimenter des querelles stériles qui nuisent à l'appellation toute entière, vous seriez mieux inspiré de consacrer cette énergie à votre vignoble, pour le faire progresser et ainsi avoir une chance de vous rattraper au prochain classement (s'il y-en a un, car le risque est grand pour qu'aucune instance ne souhaite s'exposer aux guérillas judiciaires que vous avez menées en 2006 et que vous menez encore à présent). C'est un viticulteur non classé, qui ne désespère pas de le devenir un jour, qui vous dit ceci.

Si le classement de St-Emilion devait cesser d'exister nous serions tous perdants, et l'appellation serait privée de l'effet d'émulation évident que ce classement révisable suscite depuis sa création, qui bénéficie à toute l'appellation, et a largement contribué au bond qualitatif qu'a connu le bordelais ces 30 dernières années. Aussi je ne saurais trop vous inciter à prendre de la hauteur et vous efforcer d'avoir une vision moins "court-termiste" mais également plus portée sur l'intérêt général que sur votre intérêt propre (nous sommes nombreux à St-Emilion à risquer de payer cher votre entêtement judiciaire, et ce ne sont pas les grands noms de l'appellation qui pâtiraient le plus de ces éventuelles conséquences, vous le savez pertinemment).

Enfin je ne peux m'empêcher de mentionner le fait qu'en dépit de l'argument financier que vous faites valoir, les prix de sortie de vos vins n'ont pas baissé à la suite du classement, puisque votre 2013, petit millésime s'il en est, s'est vendu plus cher que vos 2010, 2009, 2005 et 2000. Donc votre "préjudice" est selon moi avant tout une affaire d'image et donc d'ego (oui c'est vrai que la valeur de votre foncier a baissé, mais comme vous indiquez très clairement n'avoir aucune intention de vendre, et je vous en félicite, cette baisse, ou absence de hausse, est surtout virtuelle). Il faut aller de l'avant et consacrer plutôt à vos vignes le temps que vous avez passé dans les prétoires et autres cabinets d'avocats ces dernières années. Allez, haut les coeurs Monsieur Carle!

Écrit par : Marc de Cyrene | 13 juin 2016

Je préfère de loin votre façon d'argumenter, M. Carle.

Écrit par : Hervé Lalau | 10 juin 2016

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Sachons garder mesure : Karl Storchmann ne se prononce pas sur le fond du dossier mais bien plus sur ce qui sous-tend l'écriture de Madame Saporta : un parti-pris évident assez éloigné de ce que doit être un vrai travail de journaliste.

Écrit par : MAUSS | 11 juin 2016

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Je ne sais plus qui a dit, et certainement bien mieux :

"quand sur dix personnes, neuf disent "blanc" et une dit "noir", je préfère porter mon attention sur celle qui dit "noir".

Écrit par : MAUSS | 14 juin 2016

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La connaissance du dossier du classement de Saint-Emilion nécessite la lecture de l'arrêté, dit "règlement", du classement, puis la lecture de la grille de classement, puis la lecture du dossier de candidature de Croque-Michotte, puis des échanges de courriers avec les "autorités", puis de l'arrêté de classement, puis d'écouter les parties chez elles et devant les juridictions de la République. Il n'est pas possible d'exprimer un avis motivé sans se déranger et prendre du temps pour étudier le dossier. J'invite les personnes intéressées à me contacter et je leur montrerai des documents. En attendant voici un lien vers un article sur le procès du 9 juin 2016 :
http://www.ideemiam.com/actus/news/angelus-versus-saporta-retour-proces-tres-vino-business.html

Écrit par : CARLE | 15 juin 2016

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