25 janvier 2016

Alain-Dominique Perrin, Cahors et la solidarité vigneronne

Ce dimanche, nos confrères de Sud-Ouest, ou plutôt l'AFP, sous la plume de Loïc Vennin, consacraient un article au vin de Cahors. Vous pensez si cela m'a intéressé - je suis un fan historique de Cahors!

Mes parents en buvaient; j'y ai fait un des mes tout premiers voyages de presse à la fin des années 1980. Qui plus est, j'ai redécouvert l'appellation il y a quelques années - elle avait pas mal changé, et en bien ; je ne l'ai plus lâchée depuis.

En outre, même dans la presse régionale, ce n'est pas tous les jours qu'on en parle!

Comme le relèvent quelques commentateurs, l'article est un tantinet confus - c'est vrai qu'il n'est pas facile de résumer en peu de lignes une évolution de plusieurs décennies. L'idéal, M. Vennin, serait d'y revenir plus souvent!

Mais ce  qui a surtout retenu mon attention, c'est l'intervention d'Alain-Dominique Perrin.

Le propriétaire du Château Lagrezette ne fait pas dans le détail: "Cahors est un poids. La marque est illisible et précédée d'une mauvaise réputation. Ca va prendre 25-30 ans pour réparer l'image du cahors. Ne vous emmerdez pas. Mettez malbec en avant. Ca ira plus vite".

Notons que l'un n'empêche pas l'autre: la stratégie Malbec/Black Wine, mise en place par l'appellation, vise justement à lier Cahors et son cépage. Quant à la réputation de Cahors, elle s'améliore; et ce, d'autant plus vite que les vins de qualité inférieure sortent de l'AOC, et qu'apparaissent, à l'autre bout du spectre, des cuvées plus ambitieuses et mieux valorisées (je vous en ai déjà parlé ICI, ICI ou encore ICI).

Mais au fait, n'est-ce pas le même Perrin qui brade son Lagrezette chez Carrefour à 16,95 euros (contre 30 euros au caveau) au risque d'introduire le trouble dans l'esprit du consommateur, tant en matière de prix qu'en matière de circuits de distribution?

Finalement, n'est-ce pas plutôt Perrin qui est un poids pour Cahors?

S'il ne partage pas les valeurs de son appellation, s'il la méprise, même, au point de l'enfoncer dans la presse, je trouve qu'il devrait être logique avec lui-même, et la quitter.

Question subsidiaire: l'AOC étant un patrimoine commun, des vignerons ne peuvent-ils exclure, ou au moins suspendre, un "collègue" aussi peu confraternel? 

Pour rester dans le "ton" Perrin, tout en dentelle: et la solidarité vigneronne, bordel?

09:24 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Voilà une belle volée de bois vert, très méritée...Il est assez rare qu'un producteur procède de celle façon vis à vis de ses confrères et de l'entité AOP qui les fait vivre. On peut toujours critiquer la rigueur des décrets, les contraintes diverses qui brident l'imagination, l'audace, la capacité d'innovation des jeunes vignerons, mais vilipender une AOP dans laquelle on se trouve impliqué relève d'une tentative de suicide organisé. Cahors s'en remettra, comme on dit. Belle appellation, que des gens courageux ont restaurée avec succès.

Écrit par : TRUC Georges | 25 janvier 2016

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Perrin voulait mettre en place un classement des domaines de Cahors dont il aurait été l'un de plus beaux fleurons. Ca n'a pas marché. Il s'en va. Il se consacre désormais à ses campings de luxe, à Noirmoutier, en attendant ce qui marchera mieux. Perrin est un homme d'affaires, pas un vigneron. Il va au plus profitable,normal.
Lorsqu'il dirige Cartier, il arrive à Cahors en pays conquis, sur le mode, "moi les ploucs je vais vous apprendre comment ça marche, un vignoble". Il multiplie les voyages de people, entreprend de régenter le vignoble. Ca agace. Jean Jouffreau me racontait, en rigolant, comment, venant chercher son appui, Perrin débarque au Clos de Gamot dans la voiture maison (Rolls ou Bentley, je ne me souviens plus). Jouffreau, l'envoyait balader.

Écrit par : Alain Leygnier | 26 janvier 2016

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