19 janvier 2016

Un Muscat sec de chez Koehly

Ah, le muscat! D'aucuns vous disent que c'est facile, voir vulgaire - pensez, un cépage que tout le monde peut reconnaître! Et puis, c'est sucré, ça fait penser aux apéros chez Grand Mère...

Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage...

Bon, avant de noyer le chien, merci d'attendre un peu ce qui suit.

Primo, un cépage aromatique est un cépage aromatique, ce n'est pas un élément à retenir contre lui. Je connais bien pire: les vins aromatisés.

Secundo, il y a de très beaux muscats en VDN, et pas seulement en Roussillon - essayez aussi Saint Jean de Minervois, Lunel, ou Beaumes de Venise. Ou Setúbal. Ou la Corse. A force de faire la fine bouche pour le sucre ceci, et l'arôme cela, ces vins vont finir par disparaître, et ça sera bien dommage.

Tertio, tous les muscats ne sont pas doux, il y en a aussi de secs, et des bons.

J'ai déjà eu l'occasion ici de vanter les mérites du Muscat de Kélibia - toujours sec. Mais plus près de nous, il y a aussi les muscats secs du Languedoc ou du Roussillon, ou encore, les muscats secs d'Alsace.

C'est de cette région que nous vient le vin choisi aujourd'hui, un Muscat d'Alsace de la maison Koehly, à Kintzheim. Un 2012, s'il vous plaît.

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Alors bien sûr qu'il est muscaté, bien sûr qu'il a ce goût de raisin caractéristique du muscat (et tellement rare dans les autres cépages, à l'exception, sans doute, du Torrontès argentin).

Mais il est bien plus que ça; ce qui me frappe d'emblée, c'est son côté floral (tilleul), voire épicé (romarin). Et puis sa salinité - ajoutez une bonne acidité, mais pas d'amertume exagérée (le défaut de beaucoup de muscats secs du Sud), et vous obtenez un produit friand, gourmand, délicieux, certes (comme si ça pouvait être un défaut!), mais aussi pas mal de complexité- celle-ci, peut-être en partie due au fait qu'il s'agit d'un vin de 3 ans - on boit souvent les blancs trop jeunes, avant qu'ils aient eu le temps de fondre leur acidité, que tout se mettre en place...

Bref, il n'y a pas de mal à se faire du bien, et par temps froid, comme aujourd'hui, c'est un grand plaisir que de tremper ses lèvres dans ce concentré de soleil alsacien. Surtout pour quelque chose comme 7,5 euros.

Bon, pour ceux qui préfèrent les tannins verts, les objets viticoles non identifiés, les vins chers et qui font mal, rien à redire: les coups et les douleurs, ça ne se discute pas!

Plus d'info: Koehly

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Je souscris totalement Hervé .Ce cépage est maltraité!
Amateur (en sec ou moelleux) j avoue qu il est très difficile à dénicher en blanc sec //Alsace ou sud grand sud
Quelquefois en GD (Gerard Bertrand le plus souvent )ou bien chez les cavistes sérieux
Un ami m en a offert un carton venant de Collioure la saison passée
A l apéro ,pas trop glacé -erreur courante et fatale - ou encore sur des St Jacques de Port en Bessin c est magique.

Écrit par : j p glorieux | 19 janvier 2016

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