14 janvier 2016

Bride Valley, ou quand M. Spurrier devient vigneron

Il y a quelques années, le critique viticole Stephen Spurrier est passé du côté productif de la Force et s'est constitué un domaine viticole à Litton Cheney, dans le Dorset, avec son épouse Bella.

Ce domaine, Bride Valley, porte le nom de la petite rivière côtière qui le jouxte.

L'endroit est bucolique, vallonné, vert,  et pour tout dire, très anglais.

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Bella y élevait des moutons. Mais l'appel de la craie a été le plus fort - pour ceux qui l'ignorent, ce sont des villages de cette région (notamment Portland et Kimmeridge), qui ont donné leur nom aux célèbres époques géologiques du jurassique et aux calcaires que l'on retrouve en Champagne et en Bourgogne (entre autres). Quant au domaine, il est situé au pied de collines de craie. 

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En vert clair, la craie

En 2007, encouragés par les bons résultats de pionniers de la bulle anglaise, comme Nyetimber, les Spurrier, ont donc décidé d'y planter de la vigne, pour y produire de l'effervescent - de l'English sparkling, quoi!

Leur choix s'est porté sur la trilogie champenoise - le Chardonnay montrant d'emblée de très bonnes dispositions, tandis que les deux pinots (surtout le meunier) mettaient un peu plus de temps à s'acclimater. Au total, 10 ha des 60 que compte le domaine portent aujourd'hui des vignes.

Les Spurrier ont aussi planté un millier de plants de sureau - non pour produire de l'Elderberry wine, mais pour faire écran aux vents marins (la Manche n'est qu'à 6 kilomètres).

Et pour faire bonne mesure, les Spurrier se sont assurés le concours de Ian Edwards, le vinificateur de Furleigh Estate, un autre domaine du Dorset. Car si Bella est effectivement très présente dans le vignoble, les autres activités de Stephen l'empêchent d'être aussi souvent qu'il le voudrait à Litton Cheney.

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Le vin que je vous présente aujourd'hui est une des premières cuvées produites, le 2011 "Cuvée Réserve". 

Année d'abord médiocre, climatiquement, dans la région, 2011 a été sauvée par un bel automne. Mais le pinot noir a souffert de millerandage, aussi cette cuvée est-elle composée de chardonnay à 93%.

Elle est dosée à 8,8g de sucre. La production a été quasi symbolique (490 bouteilles, contre 20.000 en 2014). 

Que vous en dire? Qu'elle tire le meilleur partie de son millésime: elle ne montre pas énormément de puissance ni de vinosité, mais elle est très fraîche, subtilement aromatique (pomme, citron, aubépine, tilleul), la bouche est franche, comme suspendue à une acidité bien présente, mais en rien mordante. Et en finale, une jolie texture, peut-être pas crayeuse, mais lisse. 

Le mot qui me vient, c'est "allegro". Cet effervescent me fait penser à Morgan - pas la fée, la voiture...

Alors, bien joué, M & Mme Spurrier!

 

Plus d'info: http://www.bridevalleyvineyard.com/

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

490 bt au lieu de 20.000? C'est pire qu'à Majou.
Tu présentes S. Spurrier comme un "critique viticole", ce qui n'est pas faux. Mais il a surtout été un caviste, MON caviste en fait. Il possédait (louait je suppose) un magasin dans la petite impasse / galerie au coin de la Place de la Madeleine et était de bon conseil. Je lui ai acheté deux ou trois fois .... UNE bouteille en 1986. Ses prix étaient corrects, surtout si on compare aux autres points de vente sur la place (Caviar House, Fauchon, Hédiard, Lalau Publishing ...). Je pense que David a collaboré avec lui. Il t'en dira plus. Je n'étais pas encore né .....

Écrit par : Luc Charlier | 14 janvier 2016

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