30 novembre 2015

Chablis Premier Cru Fourchaume 2013, de Brocard

J'ai souvent un peu de mal avec le Chablis dans sa jeunesse. Ce n'est pas que je n'aime pas la minéralité ni l'acidité, c'est plutôt que dans les premiers mois du vin, je la trouve un peu coupante - comme si le squelette dépassait de la chair.

Mais après quelque temps, souvent, je constate que les choses s'arrangent. 

Fourchaume.JPG

J'en veux pour preuve ce Fourchaume 2013, de Jean-Marc Brocard, qui, certes, ne manque pas de vivacité, mais qui l'enrobe à présent dans une drap de soie, un gras subtil; sans rien avoir perdu de la séduction de son fruit (citron, ananas, mais aussi rhubarbe). J'aime aussi la belle pointe d'amertume qui me réjouit les papilles, comme un dernier coup de fouet pour relancer l'attelage...

Il paraît que Fourchaume produit des vins parmi les plus riches et les plus gourmands de Chablis. Tant mieux! Qui a envie de boire des vins pauvres et austères?

A propos de Jean-Marc Brocard, voir aussi ICI et ICI

12:06 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 novembre 2015

Varvaglione Papale 2013

Les Grecs ont énormément influencé la viticulture du Sud de l'Italie. En témoignent notamment des noms de cépages comme l'Aglianico, le Greco... ou le Nero di Troia. Si le lien n'est pas toujours facile à établir de manière scientifique, le lien symbolique, lui, est fort. Saviez vous que tout le Sud de l'Italie a très longtemps parlé grec (Cicéron s'en plaint assez lors de son séjour en Sicile!); et que même, il existe encore aujourd'hui près de Lecce des communes où l'on parle le Griko, un dialecte grec?

Ce qui est certain, en tout cas, c'est qu'on trouve dans les Pouilles la ville de Troia, dont les habitants prétendent qu'elle a été fondée par Diomède à son retour de Troie. Pâris sera toujours Pâris...

IMG_7842.jpg

Dans les vignes de Leporano (Photo (c) H. Lalau 2015)

Mais revenons à l'actualité, avec un vin de la maison Varvaglione, à Leporano, qui, lui, fait plutôt référence au rite latin: le Papale.

Un Primitivo di Manduria du millésime 2013, au fruité très mûr, vineux, lardé, viandeux, et qui a très bien absorbé son séjour dans le bois français. Le plus étonnant, c'est la fraîcheur qui sous-tend cette sensation de maturité. Attention, il existe une deuxième version, le Papale Linea Oro, issu de raisins encore plus mûrs, et passé en bois américain. Imaginez Mona Lisa teinte en blonde et avec les lèvres refaites. J'aime nettement moins que l'original.

IMG_7821.jpg

De la même maison, je vous conseille aussi vivement le Margrande, un Fiano del Salento tout en finezza.

Varvaglione

 

12:36 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |