26 novembre 2015

Loi Evin: les députés votent l'assouplissement... quand même

Marisol Touraine et les hygiénistes auront tout essayé pour faire capoter l'assouplissement de la Loi Evin. 

Leur travail de sape en commission des lois à l'Assemblée ayant fait long feu, ils comptaient mettre à profit le répit dû aux attentats pour reprendre en main leurs troupes de députés; dans un baroud donneur... de leçons, ils ont même essayé de réintroduire deux amendements vidant le nouveau texte de sa substance; le premier, signé Catherine Lemorton et Gérard Sébaoun (Parti Socialiste), visait purement et simplement à le supprimer.

Le second, signé du seul Gérard Sébaoun, entendait préciser "que les supports de communication ne doivent pas délivrer de message ou de mise en scène incitant à la consommation d'une boisson alcoolique". 

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Curieusement, bon nombre de campagnes anti-alcool ciblent toujours prioritairement le vin. Ce qui m'insupporte au plus au point. Alors, je les mets à l'envers.

 

Ces deux amendements ont été repoussés à une très large majorité et le texte initial, voté. Le voici dans son intégralité.

« Art. L. 3323-3-1. – Ne sont pas considérés comme une publicité ou une propagande, au sens du présent chapitre, les contenus, images, représentations, descriptions, commentaires ou références relatifs à une région de production, à une toponymie, à une référence ou à une indication géographique, à un terroir, à un itinéraire, à une zone de production, au savoir-faire, à l’histoire ou au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique disposant d’une identification de la qualité ou de l’origine, ou protégée au titre de l’article L. 665-6 du code rural et de la pêche maritime. »

Voila qui devrait éviter à l'avenir à des gens comme moi de subir les foudres des juges interprétant la Loi Evin dans un sens très élargi, comme dans l'affaire du Parisien Libéré. 

Et qui sait, nous évitera à tous, nous autres Français, de passer pour des schizophrènes quand nous tentons d'exporter des produits que la loi réprouve!

Je n'ose écrire qu'un chapitre se referme: les anti-vins ont la vie dure (est-ce le vinaigre qui les conserve, ou le formol?), et je n'exclus pas qu'ils en appellent à nouveau au Conseil constitutionnel, à moins que ce soit à l'ONU ou à la SPA (Société Protectrice des Analgésiques).

Amis électeurs et néanmoins oenophiles, retenez les noms des deux carabiniers d'Offenbach de l'abstinence (que leur métiers respectifs mettent régulièrement en contact avec les industries pharmaceutiques): M. Sébaoun, cardiologue de son état, est élu dans le Val d'Oise; Mme Lemorton est pharmacienne et députée de Haute Garonne - et plus précisément, de Toulouse.

Au fait, qu'en pense Laurent Gibet, d'IVV Toulouse?

06:40 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Une boisson "alcoolique" ? Le bon usage ne réclame-t'il pas plutôt "alcoolisée" ? Au risque d'avoir affaire à une breuvage dépendant à lui-même ! A moins qu'il n' y ait déjà là un aveu de diabolisation...

Écrit par : GLOU | 26 novembre 2015

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Chez Hervé,

Je n'ai pas une connaissance précise de ces dossiers.
Il faudrait connaître l'histoire d'un ancien président de la république française(un type très ambitieux en permanence secoué de tics nerveux) pour tenter de comprendre son abstémie.
:-)

Écrit par : laurentg | 30 novembre 2015

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Merci Laurent,
Je voulais juste être rassuré sur votre compte: à lire vos compte-rendus, vous êtes plus assidu aux dégustations qu'à la pharmacie de Mme Lemorton et je vous en félicite.

Écrit par : Hervé Lalau | 30 novembre 2015

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