10 novembre 2015

Thomas Sotto vote-t-il les lois en France?

Thomas Sotto recevait Emmanuel Macron, ce matin, sur Europe 1.

Evoquant l'amendement des sénateurs assouplissant la loi Evin, voté en septembre et confirmé hier en commission des lois à l'assemblée nationale, l'animateur radio n'a pas eu un seul mot pour soutenir la libéralisation de la promotion oenotouristique.

Il a diffusé un seul avis, celui de M. Evin, défavorable à l'amendement (quelle surprise!).

Il a laissé entendre à plusieurs reprises que les lobbies du vin étaient derrière ce texte (dont il n'a pas détaillé le contenu, ce qui serait pourtant utile si l'on veut en parler en connaissance de cause). Comme si le législateur, dans tous les domaines dont il traite, ne devait jamais tenir compte d'aucun avis extérieur. Comme si le lobby des producteurs de médicaments et des hygiénistes n'existait pas. C'est pourtant ce lobby, soutenu par la Ministre de la Santé, qui avait tenté de supprimer l'amendement précité.

Personne n'a eu l'occasion de venir défendre la position selon laquelle le vin est un produit différent des autres boissons alcooliques, en termes de culture et en termes de dangerosité. Aucun vigneron, aucun buveur, aucun sénateur ou député n'a pu exprimer son opinion. Aucun chercheur n'a pu montrer par les chiffres que le vin n'était pas responsable de l'alcoolisation des masses, et notamment des jeunes. Nul n'a cité le mot de modération.

J'ai eu l'impression que M. Sotto, qui parle d'"un débat qui ne fait que commencer" (alors que le texte est en deuxième lecture) faisait la politique en France, à la place des élus. Qu'il semblait attendre du gouvernement qu'il censure les parlementaires. 

J'ai eu l'impression que la loi Evin et ses arrêtés d'application constituaient un des piliers majeurs de la constitution française. A moins qu'il ne s'agisse de sorte de religion laïque positionnée au dessus des lois, d'une charia sanitaire s'imposant naturellement à tous, et que même la représentation nationale ne pourrait remettre en question.

M. Sotto, en toute camaraderie, puisque vous parlez dans le poste et que moi, j'écris dans la presse, je trouve que vous outrepassez vos fonctions. Vous ne faites pas preuve du plus petit commencement de pluralisme.

Et vous me courez sur le haricot avec votre prêt à penser.

Si vous êtes d'accord avec moi, amis lecteurs, dites-le!

07:24 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Je n'ai pas écouté cette interview. Mais je vois que comme très ou plutôt trop souvent les médias ne nous donnent que du prêt à penser....et surtout pas le moindre petits début d’éléments qui pourraient susciter la réflexion, le débat..... et donc le progrès......
On baigne de façon permanente dans les clichés et la caricature.......pauvre de nous !
Heureusement qu'il y a encore quelques niches comme ici ou l'on peut débattre....Merci.
Vos billets, en général pertinents, réfléchis et argumentés permettent de nous réveiller. BRAVO M. LALAU

Écrit par : Vincent Querre | 10 novembre 2015

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Il en va de même pour l'article du Monde sur le sujet :
J'ai mentionné dans le commentaire que l'article interviewait pas moins de 5 hygiénistes pour aucun vigneron ou tenant d'un autre courant... avant de me faire lyncher et de me faire traiter de lobbyiste d'alcoolier dans les commentaires... pour un club oenophile... c'est raide...
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/09/publicite-pour-l-alcool-l-heure-de-verite-pour-la-loi-evin_4805592_3224.html

Écrit par : Jocelyn GOMBAULT | 10 novembre 2015

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Merci Jocelyn. C'est pathétique. Et pour qui roulent-ils, ces commentateurs hygiénistes du Monde? A part les cannabisophiles, bien sûr...

Écrit par : Hervé Lalau | 11 novembre 2015

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