02 novembre 2015

Dernières grives, premiers émois (et moi, et moi...)

Pas pu résister. J'avais aimé ce vin sur place, chez Tariquet, lors du pique-nique improvisé pour nous par les Vins de Gascogne, sur la terrasse. Je l'ai re-débouché chez moi, ce matin, avec fébrilité. 

Rien que son nom, les Dernières Grives, avait fait renaître en moi des souvenirs d'enfance - la plaine qui fume à l'automne, chez ma Grand-Mère, dans l'Oise, les oiseaux dans le lointain. 

Dieu qu'il passait bien sur la croustade gasconne, ce vin!

Faute de croustade, on a mangé de la tarte aux pommes, ce midi, chez moi.

 

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Et l'accord était aussi très réussi entre les arômes de coing et de miel du vin, et les dernières pommes du jardin.

Notez que vous n'avez même pas besoin de ce genre d'alibi gastronomique!

Avant la tarte, j'avais goûté le vin tout seul, à l'apéro. Le premier mot qui m'est venu, c'est funambule. Drôle d'idée, non,? C'est que l'équilibre entre acidité et sucrosité est tout bonnement bluffant. Un peu plus, un peu moins, et on tomberait. Dans le mou ou dans l'acerbe. Mais là, la magie du Manseng opère, c'est charmant, et c'est vif à la fois. 

Le fruit d'un beau travail à la vigne, sans doute, pour obtenir la maturité optimale, et d'une vinification très propre - il faut dire qu'on mangerait par terre, chez Tariquet.

Bref, je pourrais en parler des heures, mais je préfère me resservir. Avec modération, bien entendu!

20:02 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Pense à Mathieu, frère Hervé.

"Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. (Mathieu XXV, 14-30)".
On peut expliquer différemment ce texte fondateur du christianisme. Mais il est vrai que le... talent était aussi une unité monétaire.
Je sais que David me reproche à moi de ne pas aimer le succès (des autres) ni les grosses structures établies. Mais entre La Clape, les Côtes de Gascogne et quelques autres encore, est-ce que vous ne croyez pas qu'il est temps de tourner ses regards et ses propos laudatifs vers d'autres horizons, plus à taille humaine et usant d'autres moyens, marchant sur d'autres chemins?
Non licet omnibus adire Elusam.

Écrit par : Luc Charlier | 04 novembre 2015

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Que ceci est dit en termes raffinés, Luc! Oui, on ne prête qu'aux riches.
Mais bon, je ne fais pas le décompte des billets que je consacre aux petits, aux gros, aux caves particulières, au négoce, aux coopératives.
Il se trouve que j'ai eu envie de redéguster ce vin que j'avais apprécié sur place, et que pour cette fois, le plaisir était intact.
J'avais une raison particulière d'en parler: le fait que d'autres que toi (tu les connais), à mon retour de Gascogne, m'aient dit "beurk, Tariquet Classic, c'est de la grosse cavalerie", alors que j'avais à peine dit que nous l'avions, Marc et moi, sélectionné à l'aveugle dans une dégustation.
Ce Dernières Grives, c'est un autre aspect de Tariquet, d'une production plus limitée, et je pense que cela vaut un billet.
En fait, tu l'as compris, j'aime les contre-pieds; ce qui veut dire aussi bien mettre en avant des petits vignerons oubliés dans leur coin que des gros injustement (à mon sens) accusés de faire de la daube.
Mais je ne me fais pas d'illusion sur l'impact de tout ça. Ceux qui n'aime pas les gros continueront à ne pas les aimer, ceux qui ne s'intéressent qu'aux Grands Crus à ne s'intéresser qu'aux Grands Crus. Peu de gens sont capables de remettre en question ce qu'ils croient savoir.
Moi, mon truc, c'est la découverte. C'est pour ça que je suis journaliste, d'ailleurs.

Écrit par : Hervé Lalau | 04 novembre 2015

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Hervé, la foi nous sépare, mais la bonne foi nous réunit. Si toute la presse te ressemblait - moi, je n'ai jamais été qu'un dilettante - il se peut que les journaux auraient des lecteurs. Pas sûr.
Je suis de ceux qui affirment: Tariquet , c'est de la daube (c'est une opinion, pas une insulte). Et j'ajoute: sulfitée à mort. Là aussi, ils restent certainement dans les limites fixées par la loi (et laxistes). Ma compagne est un baromètre très fiable, avec toutefois un seuil de détection très bas, trop bas pour être transposable sur la population générale. En outre, j'ai des contacts, amis est un mot trop fort, du côté d'Eauze et ils me racontent - je n'ai pas de preuve - comment les terres se redistribuent par là. La safer est la même pute partout. Décidément, Proudhon avait raison sur la propriété et je crois, moi qui suis un adversaire de la peine de mort, que la justice sociale nécessiterait une purge. Mais qui doit en décider?
La majorité des agrlculteurs possèdent des terres (moi aussi). Il est normal qu'ils soient "de droite". Et jamais la justice ne s'accommode du libéralisme. Les "entrepreneurs" (= capitalistes) ne désirent qu'une chose : tout. Et ils l'obtiennent. Et la presse les aide. Toujours, partout, tout le temps. On croit que les intelligents deviennent toujours riches, et que les pauvres sont bêtes. Si tu savais le nombre de golfeurs, le nombre de skippers, le nombre de "PDG" idiots que j'ai rencontrés dans ma vie ...

Écrit par : Luc Charlier | 04 novembre 2015

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