06 novembre 2015

Les vins de Claudio Quarta

Après une carrière dans la biotechnologie aux États-Unis, Claudio Quarta est revenu au pays et a changé de métier, avec comme ambition de mettre en valeur sa région  - les Pouilles, et plus spécifiquement le Salento, la pointe de la Botte italienne - au travers du vin. Manifestement, il y a mis des moyens, mais aussi beaucoup de coeur, et ça paie.

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Claudio Quarta

Petit aperçu de sa production.

 

Anima di Chardonnay IGP 2014

Un Chardonnay des Pouilles? Pourquoi pas? Celui-ci est très fruité, tropical, fruit de la passion, ananas mûr, coing, épices étonnant, le bois est bien fondu (3 mois de barrique), apportant rondeur et fumé; un poil d'amertume en finale, mais c'est plutôt une bonne chose. 13/20 

Fiano Manzoni Amure 2014

Citron, cédrat, litchi, de la matière, pas mal d'amertume, une belle salinité en finale. Le Fiano semble aussi à l'aise ici qu'en Campanie. Quant au Manzoni, je n'en ai jamais dégusté pur, je n'émettrai donc pas d'avis! 14/20

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Les dénominations du Salento (document (c) Movimento Turismo del Vino Puglia)

Rose Negroamaro Salento rosé 2014

Robe saumon clair, nez de fruit mûr (groseille), assaisonné d'épices de cuisine. Bel équilibre en bouche, du gras et de l'acidité. Un rosé des Pouilles comme on aimerait en voir plus à l'exportation. 15/20

Quale 2014

Voici le projet d'Alessandra, la fille de Claudio. Son vin, mais aussi son manifeste pour la "démocratie du vin", un produit accessible à tous. 5% reversé à une institution charitable 

Très fruité, réglisse, tannins ronds, mûre, léger, plus qu'accessible: séduisant. Et charité bien ordonnée commençant par soi même, j'en ai repris un verre. Démocratiquement. 15/20

Sud del Sud rosso 2012

Le vin se réfère à la statue offerte à Lecce dans un hommage au baroque, sur laquelle figure un oiseau blanc et un oiseau noir, symboles de la tradition d'échanges de la ville, au bout de l'Europe.

Le vin représente lui aussi ce "métissage", puisqu'il assemble cépages locaux et internationaux: negroamaro, primitivo, syrah, merlot et cabernet sauvignon 

Complexe, solaire, suave et épicé à la fois, il fleure bon les sous bois et la mûre mûre 13/20 

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Moros Salice Salentino Riserva DOP 2012

90% de negroamaro et 10% de malvasia nera (vieilles vignes).

Un poil de volatile - mais ça n'est pas gênant; moka, caramel et coco au nez, le fruit -noir- arrive ensuite. Le bois doit encore se fondre, mais l'on sent le potentiel. 15 degrés d'alcool (naturel). 15/20

Un résumé, un très bel équilibre entre le territoire (le côté fruit mûr) et l'auteur - une finesse que l'on retrouve dans les blancs comme dans les rouges, l'usage du bois de mieux en mieux maîtrisé. Un domaine à suivre.

 

Plus d'info: Claudio Quarta

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Commentaires

Un très bon souvenir pouilleux


Tout le monde s’en fout, de mes expériences, mais je vous les inflige quand même. En 1984-1985, je terminais mon post-graduat en néphrologie, pour sa phase belge en tout cas, au centre de dialyse de l’Hôpital Brugmann (BXL), dans le service du Prof. Dratwa, un excellent maître de stage qui me faisait confiance en plus. A cette époque, l’Italie ne prenait PAS les gens âgés en dialyse. Cela coûte environ 50.000 € par an à la collectivité, quand tout va bien.
L’équipe de soignants autour de moi a « retapé » une mamma (environ 75 ans) venue chez ses enfants, installés en Belgique, pour se faire soigner. Elle était aveugle, à bout de souffle, nauséeuse, confuse et mourante à son admission. Elle a quitté l’hôpital sur ses deux jambes quelques semaines plus tard, avec un bon appétit ... et une fistule artério-veineuse de bonne qualité bien en place.
Ses enfants ont cru au miracle, alors qu’un hôpital ULB-VUB fait peu appel aux saints dans son arsenal thérapeutique. Ils ont demandé aux infirmières comment me remercier. Je ne le méritais pas, c’est mon boulot et c’est sa partie noble qui venait d’avoir lieu. L’amélioration de cette gentille dame, et mon salaire (modeste, j’étais en formation) me récompensaient LARGEMENT.
Elles leur ont conseillé ... quelque chose à boire (déjà !). Et ils m’ont offert quelques bouteilles de leur coin : du Salice Salentino riserva de chez de Castris. Je m’en souviens encore. Le vin était délicieux. Depuis lors, je bois souvent du vin d’Apulie et de Calabre. Ca, c’est du bon marketing pour le negroamaro!

Écrit par : Luc Charlier | 06 novembre 2015

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Les mains du miracle de Padre Pio Charlier!
Note que vu ta spécialité médicale, je t'aurais plutôt vu l'exercer dans le bas de l'Aisne plutôt qu'au fond de la Botte...

Écrit par : Hervé Lalau | 06 novembre 2015

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Très joli commentaire. Il pétille de malice, mais alors se serait plutôt à ... l'Aube de cette journée. Lozerais-tu?

Écrit par : Luc Charlier | 06 novembre 2015

PS. Mais si que ça nous intéresse! Ne serait-ce qu'ethnologiquement...
Je prépare justement une monographie sur les miracles et sur les tasses athées.

Écrit par : Hervé Lalau | 06 novembre 2015

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