22 octobre 2015

My name is Boll... Bollinger

Ce n'est pas pour me vanter, mais la semaine dernière, j'ai dîné chez Bollinger - et je dirai même plus, dans la cave de Bollinger, en compagnie du chef de cave, Gilles Descôtes.

Celui-ci avait eu la bonne idée de faire servir quelques produits de la maison avec le repas (sole, puis poularde). J'ai apprécié la Cuvée Grande Année 2005, bien sûr. Mais j'ai adoré le RD 1988. RD -  pour récemment dégorgé; récemment, dans ce cas, ne doit pas être pris au pied de la lettre, puisque le dégorgement remonte quand même à 2003!

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La preuve que dans de bonnes conditions de stockage, les bonnes cuvées peuvent se maintenir à leur optimum pendant pas mal d'années après dégorgement.

Ce qui frappe d'emblée, dans ce Champagne (servi d'un magnum), outre sa belle robe dorée, c'est sa fraîcheur. 

Ensuite viennent les notes de fruits secs, de fruits blancs; le petit côté crémeux qu'on aime, la complexité, la trame, le tissage multicouche - je vous fait un prix sur les éléments de langage, même les plus acrobatiques; mais ce qui sort du lot, c'est l'alliance entre l'acidité et le gras, la vinosité,  qui fait que pas une seconde, on ne s'ennuie avec ce vin, cet opus qui affiche pourtant une longueur record. 

Comme avec un bon James Bond.

A la toute fin du repas, Gilles Descôtes est allé chercher une dernière bouteille: "Bizarre", me dis-je, y a pas de bulles, et c'est rouge. "Normal", que je me réponds du tac au tac, c'est un Coteaux Champenois. "Ouille", me dis-je encore, descendant tout au fond de mon for intérieur, échaudé que j'ai pu être dans le passé par les vins portant cette confidentielle mention.

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Gilles Descôtes en action

Et bien j'avais tort, car cette Côte des Enfants 2009 a été un grand moment.

Un nez de fruit mûr, fraise, cerise, mêlé de fumé, ni herbacé ni infusé de bois, une bonne acidité, mais en équilibre avec la rondeur du fruit, relativement léger en alcool, c'est un superbe pinot noir - à l'aveugle, pas sûr qu'on ne le prendrait pas pour un grand Bourgogne - et en écrivant ces mots, je me pose la question: est-ce flatteur pour Bollinger, ou pour la Bourgogne?

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Bref, deux vins exceptionnels. Vous me direz qu'ils sont rares, et chers; je vous dirais que je suis juste content qu'ils existent, même s'il ne sont pas dans mes moyens. J'espère juste que ceux qui les ont, les moyens, auront la bonté d'âme de les partager.

Surtout, j'avais envie de saluer le travail de l'équipe de Bollinger, une maison médiatisée, certes, mais qui, manifestement, met toujours le produit au premier rang de ses préoccupations.

 

09:32 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

Commentaires

Pourquoi cette entame?

"Ce n'est pas pour me vanter". En quoi est-ce vantardise que de se faire recevoir, comme journaliste spécialisé, à un repas promotionnel après dégustation par un employé d'une entreprise dont c'est le métier?
Si tu avais fait la conquête de la plus séduisante des starlettes et qu'elle fût tombée follement amoureuse de toi, et si tu étais assez goujat pour le claironner, alors, oui, cela aurait été de la vantardise. Mais ce n'est pas ton genre.
En plus, tu reviens avec des descriptions claires et détaillées dans ton carnet de notes, à l'inverse de beaucoup de plumitifs qui se contentent de boire et - bien - manger avant de pondre n'importe quelle ânerie après, ou de la sortir de la disquette de presse qu'ils ont reçue (pour mac ou pour windows au choix).
Par contre, je ne savais pas que tu mangeais en tête-à-tête avec Sean Connery? Est-ce qu'il est aussi poilu que dans ses films?

Écrit par : Luc Charlier | 22 octobre 2015

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Etre invité de cette façon, ce n'est pas donné à tout le monde, surtout dans cette Maison !

Donc oui, il peut "se vanter".

Soyons clair : je suis jaloux :-)

Écrit par : MAUSS | 22 octobre 2015

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Ce dîner n'était pas organisé pour moi, je faisais seulement partie d'un groupe, essentiellement des professeurs en oeno ou en géologie, réunis pour un colloque sur le terroir, sur le Viteff. J'étais un peu le poil à gratter, et je ne me fais guère d'illusion sur ma petite importance. Maintenant, ça m'a permis de déguster de belles choses et surtout d'en parler, c'est le principal.

Écrit par : Hervé Lalau | 22 octobre 2015

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Le poil à gratter? Il mettent tant de sulfite que cela?

Écrit par : Luc Charlier | 22 octobre 2015

Alors oui, Luc, cette entame, c'est sans doute l'expression d'une certaine modestie.

Écrit par : Hervé Lalau | 22 octobre 2015

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