19 octobre 2015

Trop aromatique?

Un vin peut-il être trop aromatique?

Dit comme cela, ça paraît curieux, surtout de la part de quelqu'un comme moi, qui avoue être très "nasal" dans son approche du vin.

Et pourtant, la réponse est oui. Surtout si l'idée est d'assortir le vin à des plats.

J'en veux pour preuve ce spumante italien rapporté d'une récente dégustation chez In Vino Veritas.

 

Arômes.jpg

Cette cuvée, notre panel ne l'avait pas sélectionnée, justement à cause de ses arômes entêtants de raisin, de maracuja et de pomme verte. Pourtant, le vin était propre, net, et j'ai donc voulu le tester dans d'autres conditions - au calme, chez moi, à l'apéro, puis sur différents plats.

Le verdict est très mitigé. Pas de doute, c'est bien fait, mais le nez est vraiment envahissant. J'ai servi le vin à mes filles - respectivement 20 et 24 ans, en me disant que c'était peut-être un style trop jeune pour moi.

Elles aussi ont été étonnées par la richesse des arômes, brièvement séduites, mais aussi rapidement lassées. 

Aucun accord - poisson fumé, viande blanche en sauce n'a fonctionné. 

Même avec les cacahuètes, j'ai eu un peu de mal à finir mon verre!

C'est peut-être moins une  question d'arômes que d'équilibre - ce qui plaît sur un Asti, ou une Clairette ancestrale, quand les agrumes et les fruits blancs semblent survoler le vin, quand l'acidité fait un mariage d'amour avec le sucre, peut devenir devient agaçant dans ce type de spumante.

Bref, voilà, me semble-t-il, une fausse piste. D'autant plus regrettable que ni la matière première ni la compétence oenologique ne me semble en cause - je ne sais pas si ce sont les levures utilisées, ou la maturité des raisins qui peut expliquer ce déferlement d'arômes. Je suis certain que c'est délibéré (la maison est sérieuse), que c'est c'est l'effet recherché, et à ce titre, rien à dire, le but est atteint.

C'est juste que ça me gave, comme on dit chez les moins de 20 ans.

A bon entendeur, salut! 

 

 

09:30 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |

Commentaires

Qui boit de l'effervescent à table, anyway, à part les nouveaux riches et des journalistes achetés (consciemment ou à leur insu) par les maisons champenoises? Je concède qu'on a le droit d'être plouc.

Écrit par : Luc Charlier | 20 octobre 2015

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I do - il faut bien que je vide les rebuts (rebus) des dégustations d'IVV, ne serait-ce que pour tenter d'en repêcher. OK, mauvais exemple.
Et puis, tu dois être extra-lucide car effectivement, je rentre d'Ay où j'ai été invité à dîner (bon , pas tout seul) par Bollinger. Ce sera mon prochain billet.

Écrit par : Hervé Lalau | 20 octobre 2015

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Tu connais mon attachement à Dirk Niepoort. Cet homme au goût si sûr (à mes yeux) est un inconditionnel de Bollinger, surtout leurs vieux millésimés. Il m'en a fait goûter plusieurs fois, notamment son millésime de naissance, en magnum! Je n'accroche pas trop, pourtant c'est du pinot noir (surtout). A contrario, je ne suis pas fou des blancs de blanc, mais je flashe pour Sélosse. Va comprendre!

Écrit par : Luc Charlier | 21 octobre 2015

Ce n'est pas le lieu pour débattre, mais tout de même, une remarque par rapport à votre commentaire, Monsieur Charlier. L'image de l'artiste qui ne fout rien est un cliché. De l'artiste qui serait pur parce qu'il reste dans l'ombre et l'oubli aussi. Comme tout le monde, on travaille, on est souvent entrepreneur, ce qui est mon cas, on s'occupe de tout, de la com à la compta, comme les artisans ,rien ne nous arrive acquis et nous nous réjouissons du succès quand il nous visite. Mais quand bien même, le travail n'est pas une vertu, mais une nécessité. Votre remarque suppose des artistes qui paressent et s'amusent tandis que les autres gens travaillent et s'emmerdent. Votre remarque serait-elle jalouse ? Bossez, mon cher, ça n'a pas l'air de vous rendre heureux mais envieux, je continuerai quant à moi mon labeur de flemmard dans le rêve parfaitement impossible d'une société où chacun fait ce qui lui plaît quand ça lui plaît. Alors même si je suis au bureau 7j sur 7, je le proclame : vive les faignants, les réveurs, les artistes, ces gens qui refusent le monde tel qu'il est et inventent des échappées libres.

Écrit par : GLOU | 21 octobre 2015

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Comme quoi la provoc' marche. Pourquoi pas le lieu pour débattre? J'ai eu la chance - je n'ai AUCUN don artistique moi-même mais cela ne me rend pas envieux: je trouve cela seulement dommage pour moi - de rencontrer souvent André Van Noten , auteur de nombreux timbres et de cartons pour la tapisserie Chaudoir, et une fois ou deux Paul Delvaux. Des illuminations pour moi. J'ai fréquenté pas mal de jazzmen, célèbres voire TRES célèbres. Et puis j'entends les jérémiades de Jane Birkin. J'ai passé le week-end dernier (mon anniversaire) sur les traces de Soulages, avec ma famille et un proche de M. Olivier Strebelle. Jamais EUX ne font allusion à cette "qualité", aussi fumeuse que celle de "philosophe" (Onfray, BHL, mon cul) ou de chercheur. L'art qui se monnaie - non pas l'oeuvre, pièce unique, ce qui est NORMAL à mes yeux, je vous le concède - mais qui devient bien de consommation me débecte. On peut ne pas être d'accord. Je ne détiens pas la vérité, juste une opinion, réfléchie, pensée mais qui peut être erronée. Pas de jalousie, pas d'envie, juste une différence.

Écrit par : Luc Charlier | 21 octobre 2015

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S'ils se contentent de donner au lieu de monnayer, les artistes vont avoir du mal à manger ! Je salue votre esprit de dialogue et vous invite à nous découvrir : http://www.glou.pro/. Bonne journée.

Écrit par : GLOU | 22 octobre 2015

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