13 mars 2015

A bon sommelier beaucoup d'enseignes....

Dominique Laporte est très demandé. En 2013, le meilleur sommelier de France 2004 (11 ans déjà, comme le temps passe!) a prêté son image à Intermarché. Voici qu'il change de crémerie, ou plutôt, de discounter: cette année, il sera l'égérie des foires aux vins de Printemps d'Aldi.

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 Au temps d'Inter...

Il serait intéressant qu'il nous dise avec quelle enseigne la coopération a été la plus agréable, la plus fructueuse, la plus enrichissante.

Et aussi, accessoirement, ce qu'il pense des vignerons qui refusent de travailler avec la grande distribution, pour ne pas se mettre en porte à faux avec leurs clients restaurateurs.

Il est sommelier, après tout. Même qu'il se présente aux titres de Meilleur Sommelier d'Europe et de Meilleur sommelier du Monde. Est-ce qu'il portera le logo d'Aldi sur son tablier?

00:27 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |

Commentaires

Il y a peut-être deux façons de voir la chose :

- soit son patron lui demande simplement de commenter professionnellement les vins que son bureau 'achat" a décidé de mettre en rayon, et là, ma foi, que les commentaires viennent d'un sommelier, quelqu'un dans la profession, warum nicht ? Certes, il devra mettre l'accent sur les qualités qu'il trouvera dans ces vins et mettre un bémol sur les défauts qu'il pourrait remarquer.
- soit il est chargé d'acheter les vins, avec une fourchette de conditions qui lui seront imposées : prix, AOC, couleur, origine et là, sa responsabilité (= son honnêteté) prend quand même une dimension supérieure.
Disons qu'il est quand même plus sympathique, jusqu'à preuve du contraire, de toujours donner un crédit positif à de tels conseils avant de condamner un peu hâtivement ce qu'on considère trop vite parfois, comme une collusion inacceptable.
Comme d'hab, ce n'est qu'un avis… :-)

Écrit par : mauss | 13 mars 2015

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Il est beau gosse, le bougre. Importance de l'enveloppe .... ("double-entendre"). Pour moi comme pour toi, Hervé, un sommelier de renom (un restaurateur non plus) ne se commet pas avec la GD. Si c'est un peu de cash qui lui manque, il devrait essayer la chanson française ... surtout s'il n'a pas de voix!
Je suis tellement content de ne plus avoir 20 ans.

Écrit par : Luc Charlier | 13 mars 2015

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De quoi je me mêle, mais pourquoi tant de dédain pour la GD ?

Écrit par : mauss | 13 mars 2015

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Dominique Laporte n'a pas de patron, à ma connaissance, il est consultant. Ce qui prouve que la sommellerie mène à tout à condition d'en sortir. Bref, il choisit donc ses collaborations à sa guise.

Trois choses me choquent:
Primo, il change d'enseignes après seulement deux ans. C'est son droit mais je trouve utile de le rappeler, car évidemment, le communiqué d'Aldi ne le mentionne pas; c'est là qu'un journaliste spécialisé peut avoir son intérêt - une mémoire.
Secundo, je m'interroge sur la latitude de M. Laporte dans les choix d'Aldi (ou d'Intermarché). Est-elle limitée aux Foires aux Vins (au quel cas cette opération ne vise en fait qu'à donner à ces enseignes une image de pro du vin qu'elles ont du mal à justifier le reste de l'année)?
Tertio, je connais la GD de l'intérieur. Je n'ai aucun dédain. Mais pas d'illusions non plus. On y trouve certainement des gens très bien, mais le système général va à l'encontre de relations suivies et favorables aux vignerons.
Par ailleurs, comment un caviste qui doit gagner normalement sa vie sur le produit vin pourrait-il résister à des enseignes qui peuvent se permettre de perdre de l'argent sur un coup, une Foire aux Vins, et en regagner sur autre chose (quitte à ne vendre que quelques caisses de grand cru achetées sur le marché parallèle)? Sans compter qu'en discountant quelques vins deux ou trois semaines par an, la GD fait apparaître les spécialistes margeant correctement comme des voleurs. Pas toujours, cependant, puisqu'il arrive même que la GD soit plus chère que le traditionnel.

A ce propos, on peut relire le billet de la maison Hugel: http://blog.hugel.com/2014/10/hugel_na_pas_choisi_les_rayons.html#.VC0L7nGmMVI.twitter

Écrit par : Hervé Lalau | 13 mars 2015

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PS. Je ne peux m'empêcher de me demander si les gens qui ont élu M. Laporte meilleur Sommelier de France pensaient qu'un jour il prêterait son concours et son image à Aldi. Rien de répréhensible, bien sûr, mais il y a quand même comme qui dirait un hiatus.
Sans compter que les épreuves de service du vin sur lesquelles M. Laporte a été noté ne doivent plus lui servir à grand chose aujourd'hui.
Et si on créait un concours spécial des Meilleurs Sommeliers à orientation GD? On minorerait les points du service, voire on les supprimerait. Ca serait plus clair, non? Et ça laisserait leur chance à d'autres pour l'orientation Restauration, où les points du service, eux, seraient majorés.
PS 2. Je précise que je n'ai rien contre M. Laporte en particulier. Ni contre M. Deluc, qui lui, a été caution de chateauonline. cf. http://hlalau.skynetblogs.be/apps/search/?s=deluc
Dans un même ordre d'idée, je repense aux grands restaurateurs qui vendent leur nom sur des plats surgelés. Mais je suis sans doute trop idéaliste, ça me perdra.

Écrit par : Hervé LALAU | 13 mars 2015

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Pourquoi pas la GD ?
Un, parce qu'elle est le vrai ennemi de l'agriculteur de petite taille, qu'elle souhaite voir disparaïtre, pour laisser toute la place à l'agro-alimentaire. Ce sont d'ailleurs les mêmes capitaux.
Deux, parce qu'elle appartient à quelques grandes familles ou à quelques grands groupes financiers qui empochent tout le bénéfice, en traitant le personnel comme du temps de l'esclavagisme, les châtiments corporels en moins. Quoique: le harassement (moral ou autre) des cadres envers les employé(e)s y est la norme plutôt que l'exception.
Trois, parce qu'une large partie du bénéfice est financier (le client paie cash, mais on paie les fournisseurs à 120, voire 180 jours).
Quatre, parce que les prix d'achat sont tirés vers le bas de manière scandaleuse et qu'il existe une entente totale entre les groupes.
Cinq, parce que c'est un désastre culturel, avec nivellement par le bas du goût.
Six, parce que la qualité des produits est mauvaise voire exécrable
Sept ... j'arrête là, on peut continuer pendant des heures.
Mort à la Gd, n'y allez pas, JAMAIS.
Donc, ce n'est pas du dédain: c'est une critique systématique et construite, doublée d'une haine véridique. Je souhaite de tout coeur (mais en vain, je le confesse) la disparition pure et simple de cette forme de commerce, délétère pour l'emploi, pour l'économie, pour la santé physique et morale et, plus que tout, pour le goût.

Écrit par : Luc Charlier | 13 mars 2015

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Je comprends votre argumentaire Monsieur Charlier, quand bien même on peut imaginer donner un droit de réponse à un autre point de vue.
Mais ce qui me pose question là, c'est le fait que cette GD continue à attirer du monde dans ses locaux.
Les gens sont ils si insensibles à l'environnement que vous décrivez et dans ce cas, comment nous décrire ?
Ou alors les gens s'en foutent comme de l'an 40 et alors là, c'est pire ?
Ou simplement, soucieux de leur portefeuille, ils cherchent bêtement les prix les plus bas quitte à accepter des qualités nettement inférieures à ce que consommaient nos grands parents ? Chose, naturellement, à analyser.
Vous traitez là un sujet effectivement sensible qui est aussi celui de Périco Legasse. Est-ce que, pour vous, le développement de centres de vente à circuit plus court et aussi à base de produits bio est une porte de sortie acceptable ?

Écrit par : mauss | 14 mars 2015

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Attention, c'est moi qui ai tort, "économiquement". Je répète sans cesse que je suis HEUREUX de ne plus avoir 20 ans. Mon modèle de vie - qui allie humanisme, effort (oui oui !), générosité, diversité - n'a jamais eu cours et il disparaîtra TOTALEMENT dans les 15 ans qui viennent. Tout ce que la SF avait inventé dans les années '60 ou '70 se réalise à la lettre, jusqu'à la pilule du bonheur (ou de l'orgasme) de Barbarella. On ouvre les portes avec l'empreinte de sa paume, on se nourrit de poudres, et "Big Brother" sait tout, voit tout, entend tout. La GD et l'agro-alimentaire, c'est le "final common path" dont a tjs rêvé le capitalisme. Et il obtient ce qu'il veut : TOUT. Il y a ceux qui combattent : je les admire mais n'en ai plus la force. Il y a ceux qui tentent d'en profiter: la majorité des gens que je rencontre dans le monde occidental. Je ne les juge pas, je les pardonne et en même temps - ce n'est pas un sentiment noble mais il me vient naturellement car je suis athée et ne crois pas aux péchés - je les MEPRISE du fond de mon esprit. Et il y a ceux, les lâches dont je fais partie, qui attendent que cela s'arrête pour eux: le grand soulagement définitif.

Écrit par : Luc Charlier | 14 mars 2015

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Je partage, Monsieur Charlier, je partage.

Écrit par : mauss | 14 mars 2015

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J'ai acheté hier .... chez ALDI: 18 bt de 2 litres d'eau (à 17 cents la bt) car l'eau "potable" de Corneilla me donne des troubles digestifs récurrents et tenaces; 8 rouleaux de PQ de qualité de base, 1,5 litres d'eau de Javel domestique, un gros flacon (3 L) de lessive liquide au savon de Marseille et des tablettes pour le lave-vaisselle plus un gros flacon de liquide vaisselle pour le "fait-main". Quand je vous disais que je suis un lâche. Circonstance atténuante: il ne me restait que 10 euros.

Écrit par : Luc Charlier | 17 mars 2015

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