08 février 2015

Bio, l'osmose inverse?

Selon certains participants à une récente réunion des instances bio de France, les bios de Bordeaux voudraient pouvoir introduire l'osmose inverse dans le réglement bio pour leurs liquoreux.

Intox? Provocation? Inconscience?

 

11:41 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : bio, bordeaux, osmose inverse | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Il y a une certaine logique. D'une part, l'osmose inverse n'introduit aucun intrant, sauf à montrer des résidus de produits détergents ou désinfectants dans l'éluant après rinçage. D'autre part, le "bio" est avant tout un avantage marketing, passé à présent sous les fourches caudines de l'administration et des certifications. Il est normal, si on élabore des liquoreux par cette méthode - et c'est cela que MOI je récuse, mais qui suis-je ? - au départ de raisins bio et dans une cave bio, que cette étape ne soit pas exclue. Le seul argument serait le surplus d'électricité nécessaire mais est-il significatif? Tu assimiles bio à "sain, naturel, pas artificiel" mais cela c'est du romantisme. Bio veut dire (ou devrait vouloir dire) sans intrant. Et les osmoseurs n'introduisent pas d'intrant supplémentaire. Moi, j'égrappe mes raisins mécaniquement et je dispose d'un groupe de froid: il s'agit aussi de "machines" électriques. Mon seul bémol, je trouve qu'on devrait mentionner quelque part: liquoreux obtenu par osmose inverse, ou bien par cryo-extraction quand c'est le cas. Et ces vins devraient coûter moins cher que leurs congénaires botrytisés, passerillés ou obtenus par dessication naturelle (vin de paille). Mais ça, c'est aux consommateurs à en juger.

Écrit par : Luc Charlier | 08 février 2015

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Pour moi, le bio, c'est aussi le respect des raisins que la nature te donne. La cryo et l'osmose sont aux antipodes de ça. Tout comme la chaptalisation, d'ailleurs. Déjà, elles devraient être interdites en aoc parce qu'elles annihilent l'effet terroir, en annihilant l'effet millésime. Je vais jusqu'à dire que si l'année n'est pas propice au liquoreux, alors il ne faut pas en faire; mais plutôt prévoir une appellation de sec pour un repli éventuel, ou passer en IGP ou vin de France.
Et pour revenir au bio, je ne vois pas à quoi ça sert de se dire proche de la nature si c'est pour la contourner.

Par ailleurs, je l'ai déjà dit à maintes reprises, je ne déguste pas en fonction des labels ou des chapelles. C'est juste que j'aime que les gens soient cohérents avec leur discours.

Écrit par : Hervé Lalau | 08 février 2015

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