26 janvier 2015

Capitalistes et communistes

"Le comité départemental technique de l'Aude de la Safer Languedoc Roussillon vient d'émettre un avis favorable à la candidature, pour la reprise du Château la Bastide, de l'importateur de vins chinois BHC International Wine Assets Management".

En lisant ce petit texte, sur le site de Lully Conseil, j'ai souri. Non à cause de la transaction en elle-même, mais à cause du contraste. Du paradoxe, même.

safer

Voila donc une société d'investissement d'un pays communiste qui obtient le feu vert d'une sorte de monopole d'Etat, qui a la main-mise sur l'attribution des terres d'un pays capitaliste.

Qui est libéral? Qui est cadenassé?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Chine, France | Tags : safer | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |

Commentaires

Vous ne devriez pas permettre l'achat de terres agricoles par des étrangers.
Ce devrait être interdit comme au Québec.

Écrit par : Marc André Gagnon | 26 janvier 2015

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C'est interdit aussi en Hongrie et en Roumanie. Je ne savais pas que le blog de l'est englobait le Québec...

Reste bien sur la possibilité de recourir à un homme... de paille du pays concerné.

Écrit par : Hervé LALAU | 26 janvier 2015

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PS. En Europe, en théorie, on ne peut plus traiter moins bien les autres membres de l'UE que ses nationaux. Je me demande donc si les lois roumaines ou hongroises ne sont pas attaquables devant la Cour européenne. Et au Québec, Marc-André? Un Ontarien a-t-il le droit d'acheter des terres au Québec?

Écrit par : Hervé Lalau | 26 janvier 2015

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@André Gagnon: est-ce une opinion personnelle que vous émettez? Est-ce un "principe moral"? Qu'est-ce qu'un étranger? Qui sont les indigènes au Québec? Je n'en sais rien mais Wiki parle de 98.731 âmes (indiennes). En tant que personne éprise de la liberté et certainement de la liberté d'opinion, il va de soi que je trouve intéressant que vous émettiez cette opinion. Je trouve déjà moins sympathique que vous l'ayez (mais c'est votre droit). Et, finalement, je trouve cette opinion puante et inacceptable moralement. La terre est à tout le monde, partout. Ce sont les grosses sociétés multinationales (les Chinois sont "multinationaux à eux tout seuls !) qui achètent tout. La plupart d'entre elles ont un pied-à-terre en Amérique du nord (vous savez comme moi que votre modeste Canada est un minuscule satellite des USA, économiquement et politiquement). On peut donc peut-être "regretter" que des Chinois emportent le morceau (moi pas à titre perso), mais de là à les en INTERDIRE?
Je n'ai malheureusement pas le temps d'entamer une longue série d'échanges de vues avec vous, car étranger travaillant durement en France, où j'ai apporté tout ce que j'avais, il me faut bouger beaucoup pour tenter de vendre le vin (à d'autres étrangers) et de survivre. Sachez simplement que, tout désireux que je sois de comprendre l'autre en général, votre position me paraît inconciliable avec la notion d'humanité, de respect, de liberté digne du 21ème siècle. Ce n'est pas du Jacques Cartier, ce n'est même pas l'opinion d'un homme de Cro-Magnon. C'est celle d'un pithécanthrope: le Cro-Gagnon sans doute?

Écrit par : Luc Charlier | 26 janvier 2015

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La Loi sur l'achat de terres agricoles au Québec a été resserrée en 2013 par la Loi no 46.
Elle vise à limiter l'achat de terres agricoles par des États et des compagnies étrangères à des fins spéculatives et à préserver leurs vocations agricoles dans l'intérêt des habitants du pays. Au Québec, seulement 2% du territoire est cultivable.

Auparavant, il fallait être résidant du Canada pour acheter une terre agricole, maintenant, il faut être résidant du Québec.
Une personne qui ne réside pas au Québec ne peut, sans l'autorisation de la commission des terres agricoles, faire directement ou indirectement l'acquisition d'une terre agricole.

Prenons un exemple. Si M. Charlier veut devenir vigneron québécois, il sera le bienvenu. Il devra avoir résidé au Québec pendant 1095 jours au cours des 4 années précédant l'achat.
Il doit s'engager à devenir citoyen canadien ou résidant permanent et à maintenir la vocation agricole ou d'élevage sur cette terre.
Il y a des exceptions prévues à la loi concernant les personnes ou même des compagnies qui ne veulent pas demeurer au Québec. (Voir article 16 de la Loi no 46.)
M. Charlier pourra y planter tous les cépages qu'il veut, même du Maréchal Foch.
Le climat dit tempéré du Québec a la réputation d'adoucir les caractères acrimonieux. (Les caractères des cépages.)

http://www.assnat.qc.ca/Media/Process.aspx?MediaId=ANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_73019&process=Default
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/A_4_1/A4_1.html
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2010/03/11/015-terres-arables-vente.shtml

Écrit par : Marc André Gagnon | 26 janvier 2015

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J'ai bien lu la loi québecoise que vous montrez, qui est donc une "loi du sol". Il n'y a rien d'acrimonieux à poser clairement que ce n'est plus acceptable, moralement. Où je vous rejoins - un peu - c'est que si les Québécois , dans leur ensemble, sont satisfaits de cette loi, qui suis-je pour le leur contester ? Mais on ne parle pas de loi, on parle d'éthique. Comment justifier le "tu n'es pas de ma race (ou clan / famille / faction etc ...), donc ne t'implante pas? En quoi un Chinois, ou un Anglo-saxon (il y en a des tonnes au vignoble en France depuis 300 ans et plus), un Suisse, un Hollandais, oui, même un Belge, est-il moins digne qu'un Corse, un Alsacien, un Pied-Noir ... de travailler la vigne?
Mais vous allez plus loin: vous conseillez à l'Europe de faire pareil. Vous aurez compris que voilà le noeud de ma réaction (et de la petite pique, plaisante et taquine, qui terminait mon intervention). Sur la destination à conserver, mais il n'a jamais été question de cela, je vous rejoins (et la loi canadienne aussi) à 100%. Mais on sait combien les lois sont faites pour être tournées.
Vous l'aurez compris, je ne vois pas en quoi une carte d'identité (car un "néo-canadien" ne change pas de mentalité au bout de 1095 jours) puisse être ni un inconvénient pour faire quelque chose de bien, ni à l'inverse une garantie dans l'autre sens. Merci de vos explications.

Écrit par : Luc Charlier | 26 janvier 2015

Je ne vois pas trop ce que cette loi apporte concrètement: un groupe étranger aura vite fait de la tourner en installant une filiale québécoise. Pour lutter contre un prétendu accaparement des terres, il faudrait plutôt interdire que quiconque détienne plus d'un certain nombre d'hectares… Mais ce serait sans doute anti-constitutionnel.
Au final, cette loi ne touche que les petits agriculteurs étrangers susceptibles de s'intéresser au Québec, et qui sait, d'en mettre des terres en valeur. Un peu comme nos ancêtres - et les vôtres - l'ont fait il y a des siècles.
Reste bien sûr la solution des hommes de paille ou des "joint-ventures" avec des Québécois. Et si c'tait ce business là qu'on voulait protéger?

Écrit par : Hervé Lalau | 27 janvier 2015

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