25 septembre 2014

Clos des Fées vieilles vignes 2011

Je ne connais pas Hervé Bizeul, sauf au travers de quelques billets déposés sur son blog ou sur ceux des autres, généralement bien sentis. Je ne suis pas toujours d'accord, mais qu'importe, c'est bien écrit (étonnant, pour un ancien journaliste!) et ça paraît sincère.

Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais depuis peu, je connais un de ses vins, son Clos des Fées vieilles vignes 2011, dégusté à Narbonne la semaine dernière. 

Allez savoir pourquoi, j'ai tout de suite pensé à de la syrah (sans doute une réminiscence de mes dégustations de Saint Joseph). Surprise: elle est très minoritaire dans l'assemblage (15%). Les poids lourds, dans ce ménage à quatre, ce sont les deux variétés de grenache, le grenache noir vrai et son cousin le lladoner pelut (50% à eux deux). Complétés par 35% de carignan. 

vins-vieilles_vignes_rouges.jpg

Pour une fois, le terme de vieilles vignes n'est pas usurpé: elles ont plus de 100 ans.

Dans mes notes de dégustation, j'ai écrit "Fruit noir explosif, bien mûr, feuille de laurier, épices douces, puissant et très long".

Deuxième surprise à la lecture de la fiche technique: une partie du vin a été élevée en barriques (12 mois), le reste passant en cuve béton. Je ne l'avais pas perçu. On dira donc qu'il est très bien fondu. Ou que je n'ai pas fait attention.

Quoi qu'il en soit, un vin très réussi, qui possède sans doute un beau potentiel de garde. Si des fées se sont penchées sur la cuve, il y au moins celle de la gourmandise.

07:26 Écrit par Hervé Lalau dans France, Roussillon | Tags : hervé bizeul | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

Commentaires

La fée du clos, Hervé (Lalau), c'est la compagne d'Hervé (Bizeul). J'avais fait allusion à son apparition, en fin de dégustation, lors d'un article pour IVV en 2000. Mais cette incidente ne lui avait pas plu, va-t'en savoir pourquoi. J'avais acquis à cette occasion un carton de VV 1999 (qui était le "jeune" millésime). Ce n'était quasiment QUE du lladoner, pesait > 15 vol % et était DE LI CI EUX. Mais je ne sais pas depuis quand on plante larga manu ce cépage, qui a fait son "come-back" dans les années '80, soit disant car il donne moins d'alcool, soit disant car il coule moins, soit disant car il est moins sensible à l'oïdium (le grenache noir ne l'est pas trop lui-même) et réellement car il n'est pas admis pour élaborer du VDN. Pour moi, tous ces distingos sont illusoires: c'est du grenache dont la face inférieure des feuilles est légèrement duveteuse et ces feuilles sont d'un vert un peu plus tendre. Mais, pour le reste, il se comporte identiquement comme du grenache. Point barre.

Écrit par : Luc Charlier | 25 septembre 2014

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Merci de ces infos. On se demande bien pourquoi alors on tient à distinguer les deux variantes.
Le besoin d'étiqueter?
Au fait, tu sais à quoi on reconnaît un avion de la TAP sur un aéroport?

Écrit par : Hervé Lalau | 25 septembre 2014

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Je me doute un peu de la réponse. Par contre, le sigle est l'abbréviation de "Take Another Plane".

Écrit par : Luc Charlier | 25 septembre 2014

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Bonjour Hervé et merci pour ce commentaire. Le vin est dorénavant presque entièrement élevé en cuve, avec maximum 10 % d'élevage barrique. 2009 est le millésime où nous avons commencé à abandonner la barrique sur ce vin.

Sur les Fées, le nom vient du lieu originel où j'ai acheté ma première vigne en 1997. Il y a un gros chêne, le soir, avec le soleil couchant, c'est un lieu féerique et sous le grand chêne, j'aime à rêver d'un peu de magie. Cela n'enlève rien aux qualités de Claudine sans qui rien n'aurait été possible.

Sur le LLadonner, il a été planté ici au moment de l'arrivée de l'AOC, en 1977. De nouveaux droits de plantation ont été accordés, mais pas pour faire du VDN. Hors, beaucoup de vignerons ont voulu ruser et se voyaient rapidement produire plus de vin doux naturel, pourtant déjà en crise. L'INAO a donc autorisé le LLadonner, qui ne peut être vinifier en VDN. Le cépage, peut cultivé ici, s'est donc développer. De mémoire, il doit y en avoir 500 hectares dans le 66. En 1988 et 1998, n'ayant un peu que ça, j'ai fait une cuvée de LL pur ou presque, qui s'appelait "tradition". Le cépage est très différent des Grenache Noir anciens cultivés ici. On le reconnait de loin à son port, différent, à son feuillage, plus feuillu, à ses grappes, un peu différente aussi. Faut avoir l'œil, c'est tout. Chez moi, il est nettement moins coloré, monte vite en degré sans atteindre souvent de vrais maturités phénoliques. Au goût, c'est aussi un peu plus rustique, moins fin. Peut-être aussi une affaire de massalle vs clonale. Beaucoup de LL ont été plantés sur des "terres vierges", jamais cultivées ou pas depuis lontemps, ce qui fait une différence importante au niveau vigueur. Dommage...

Écrit par : Hervé Bizeul | 01 octobre 2014

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Très intéressante vision différente d'HB du lladoner. Sans doute, comme il le dit, cela provient-il d'un matériel végétal différent et d'un "oeil" différent. On sait que c'est le cerveau qui interprète les images que la rétine lui fournit. Sur ma modeste propriété, j'en ai un hectare au Roc Blanc, planté en 1987 sur une terre vierge effectivement. Il donne peu de jus, atteint 15 degrés au début septembre mais, HB a raison, je dois souvent attendre le début octobre pour que les peaux soient "bonnes". A ce stade-là, il est indiscernable - pour les moyens dont je dispose - du "vrai" grenache noir. Et je suis fermier d'un bon 3/4 d'ha sur Saint-Paul, où il est complanté de grenache. Cela me donnait (imparfait) la matière première de la Cuvée du Casot, dont tu connais le style. Depuis la grêle du 16 juin 2010, je n'arrive pas à lui faire reprendre vigueur. Faut dire que sa "jeunesse" (planté en 1982), avant que je n'arrive, n'avait pas été tendre (relativement gros rendement, désherbage chimique +++, pas ou peu d'engrais). Donc, les techniciens qui croyaient "diminuer" le degré se sont trompés (même expérience qu'HB). Par contre, au niveau de la couleur et de ses qualités organoleptiques, je ne constate pas de différence. Pour le côté romantique, il a un joli nom ("pelut" veut dire velu et "lledoner" est le nom que donnent les Catalans au micocoulier, l'arbre à faire les fourches).

Écrit par : Luc Charlier | 02 octobre 2014

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Des fourches, mais aussi des fouets et des cravaches.

Au fait, il y a-t-il un rapport avec Miko, du Velvet?

Écrit par : Hervé Lalau | 02 octobre 2014

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