05 septembre 2014

Faut-il mieux protéger les noms de lieu?

La Brasserie de Saint Omer (Pas de Calais) produit à façon pour le groupement E. Leclerc une bière du nom d'Alverigem.

Or, Alveringem est une commune belge de Flandre Occidentale.

Apparemment, tant que la commune n'est pas enregistrée comme nom de marque, c'est le premier qui dépose le nom qui en est le propriétaire.

Mais n'y-a-t-il pas un risque de tromperie pour le consommateur, qui pourrait prendre la marque pour ce qu'elle ne garantit pas, à savoir une origine? D'autant que la dernière vraie brasserie d'Alveringem, la Mout & Brouwhuis De Snoek, a fermé ses portes en 1952 - c'est aujourd'hui un joli "musée de la soif".

Je pose la question.

 

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Diablement belge? Crème de fromage d'abbaye?

A propos de l'utilisation des noms de lieu à des fins marketing, on peut trouver bon nombre d'exemples.

Ainsi, une bonne partie des fromages Maredsous (du nom d'une abbaye namuroise) sont produits, non pas dans l'abbaye, mais en France ou en Slovaquie par le groupe Bel. Les bières du même nom étant quant à elles brassées chez Moortgat en province d'Anvers.

De même, la plupart des charcuteries vendues en Belgique sous la marque Aoste n'ont non seulement aucun rapport avec la Vallée d'Aoste, mais ne sont pas non plus produits dans le hameau français du même nom, mais à côté de Gand.

Le cas le plus énorme est le Swiss Cheese - c'est sous ce nom que sont vendus aux Etats-Unis les fromages de type Emmenthal (tiens, encore une dénomination tombée dans le domaine public), qu'ils soient produits dans l'Illinois, le Dakota du Nord ou au Texas.

En comparaison avec ce genre de pratiques, le secteur vin nous paraît bien vertueux. Certes, une origine n'a jamais garanti la qualité; pas question pour une marque de s'emparer d'un nom d'AOC et de diffuser sous ce nom un vin produit ailleurs. Et comme consommateurs, je pense que nous préférons tous que les mentions sur une étiquette ne soient pas source de confusion.

09:01 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Eternel problème de la "propriété intellectuelle", au sens large. Tu sais que je suis contre, Hervé, mais je reconnais que le sujet est complexe. Je vis moi-même ce dilemne avec ma "marque", déposée à l'INPI avant même que je ne commence à vendanger le moindre raisin, en 2005. Mais il existe d'autres "Coume Majou" en Europe. De même, plein de domaines embouteillent un "Casot". Il existe même un "Roc Blanc" tout à fait ailleurs qu'à Estagel. Jamais je ne m'élèverai contre l'utilisation du même nom par d'autres, pour un produit différent. Il ne faudrait simplement pas qu'ils essaient de faire croire que c'est le mien, grosse différence! Alveringem fait croire que c'est une bière belge, de réputation meilleure que les brassins industriels de la GD française - à tort ou à raison, ce n'est pas le sujet. Il y a évidemment tromperie. Chez Leclerc, on n'est pas à cela près.

Écrit par : Luc Charlier | 05 septembre 2014

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