13 août 2014

Pétition contre la présence des aromatisés au rayon vin

Je lance officiellement aujourd'hui une pétition contre la présence des vins aromatisés (type rosé pamplemousse) au sein des linéaires vins des supermarchés, comme c'est souvent le cas.

Car ces produits ne sont pas du vin au sens strict - ils ne l'ont jamais été, ce ne sont que des boissons aromatisées à base de vin.

Les producteurs de beurre ont bien obtenu que leurs produits soient séparés des margarines; alors je ne vois pas pourquoi ceux qui élaborent des vins uniquement à partir de raisin devraient supporter la cohabitation avec des cocktails.

Surtout, je ne vois pas pourquoi, alors que la réglementation semble souvent considérer que le consommateur moyen possède un QI de 42, et n'est pas capable de reconnaître un IGP d'un AOP sur une étiquette, où de comprendre que l'on peut faire des vendanges tardives partout dans le monde, on prend le risque de lui faire croire qu'un rosé-pamplemousse est un vin comme les autres.

Vous êtes d'accord avec moi: signez ICI

Cela ne vous coûtera rien que quelques secondes de votre temps. Mais cela permettra de montrer que oui, certains font encore la différence, et que le vin n'est pas un produit comme les autres.

Et qui sait, les instances officielles relaieront-elles ce combat? 

Commentaires

Voilà, c'est fait. Et en plus, ce sera amplifié par Facebook ! ;-)

Écrit par : Michel Smith | 13 août 2014

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Si l'on veux boire un vin naturel et authentique, l'addition des aromatisés n'est pas du tout logique!

Écrit par : Russell RANEY | 13 août 2014

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Parfait!

Écrit par : Barcons Maite | 13 août 2014

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Mais attention, Hervé : il n'y pas que la GD. Je connais des cavistes qui vendent des aromatisés. Oui, des cavistes.

Écrit par : Michel Smith | 13 août 2014

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Les vins aromatises ne participent-ils pas grandement a l'extension du domaine du vin?

Beaucoup de consommateurs de ces produits ne boiraient sans doute jamais de vin sans ca. Et il y a fort a parier qu'ils seront plus faciles a amener au (vrai) vin que les buveurs de sodas.

Et puis ca donne un debouche a des flots d'excedent pinardier dont nous, les amateurs raffines, ne voudrions pas.

Et pour finir: le gout de bois est a mon sens autant une aromatisation que le pamplemousse. Suivant la logique d'apartheid d'Herve, il faudra ranger Chateau Margaux, presque tous les Bordeaux, et beaucoup d'autres en dehors des vins, dans le rayon des cocktails!
Et les vins mutes (aromatisation a l'alcool!), et tous ceux qui recoivent une liqueur ou un concentre du meme genre: et hop! Champagne, Tokay, Porto, au rayon cocktails!

Écrit par : Denis Boireau | 13 août 2014

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Pour ce qui est des cavistes, je n'en ai pas vu beaucoup qui mettaient rosé et boissons aromatisées au même endroit dans leur point de vente mais si c'est le cas je suis contre aussi.

En ce qui concerne les vins boisés, je trouve qu'il y a une différence entre mettre un vin dans un contenant qui certes, influence son goût (mais la vinification est une transformation) et lui ajouter un élément extérieur.

Je ne dénie à personne le droit de boire ce qu'il veut, je voudrais juste que les produits différents soient bien séparés.

Écrit par : Hervé Lalau | 13 août 2014

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Quid des levures exogènes sélectionnées LSA (type 71B) qui en plus d'arômatiser, inoculent et envahissent un milieu par sur-saturation? Combien de rayons faut-il ? Demandons a un expert en la matière (David Cobbold), vu que rien n'est naturel a son goût et sûrement pas une fermentation dite spontanée ! Traçabilité est mère de sûreté, une vrai étiquette se voudrait explicative et bourrée de renseignements plutôt que d'abstention d'indications.

Écrit par : David Seb | 13 août 2014

Denis, je ne suis pas d'accord avec la théorie de l'accession au vin par les aromatisés; c'est un peu comme de dire que la margarine incitera à manger du beurre. Ou que le MacDo incitera à aller un jour dans un vrai restaurant
Je trouve que la confusion (entretenue sciemment parce que les aromatisés manquent d'image) est pernicieuse.
D'un côté, le vin (le vrai) est le produit du raisin, variable selon les années, influencé par énormément de facteurs; dans le second cas, on a une recette industrielle, un goût normé - d'ailleurs, si cela incitait à venir au vrai vin (vin d'auteur? vin de vigneron? vin humain?), certains vins industriels, qui emploient aussi des recettes (levures aromatisantes) l'auraient fait depuis longtemps.
Je pense que ce sont deux segments de marchés distincts.
Et puis je ne suis pas favorable à ce que tout le monde viennent au vin, ce n'est pas mon crédo; pour tout dire, je préfère moins de buveurs, moins de production de masse, plus de qualité et des gens qui savent ce qu'ils boivent, mais c'est un autre débat.
Enfin, il y a l'aspect prix: pour l'aromatisé, on peut casser les prix parce que la qualité du vin de base n'a pas beaucoup d'importance.
Quoi qu'il en soit, puisqu'il s'agit de deux produits à la composition différente, je trouve que pour l'information du consommateur, il est mieux qu'ils soient présentés séparément, et non mélangés.
Et ça ne coûterait rien.

Écrit par : Hervé Lalau | 13 août 2014

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C'est fait !

Écrit par : Roger Feuilly | 13 août 2014

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rien à ajouter à l'argumentation d'Hervé. Je suis totalement d'accord avec cette idée.

Écrit par : Probst Laurent | 13 août 2014

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A M. Seb,

Oui, les levures peuvent être un moyen d'aromatisation.

Mais cette fois-ci, j'ai envie de traiter le cas des ajouts d'arômes en tant que tels.

Et si je voulais être puriste, je dirais que la levure participe à la vinification, alors que l'arôme est ajouté au vin fait.

Écrit par : Hervé LALAU | 13 août 2014

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Et si on faisait plutôt une pétition pour retirer le vin des supermarchés? À l'exception de Tariquet, évidemment. Faut pas trop déconner non plus! :-)

Écrit par : olif | 13 août 2014

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Olif, tu y vas fort.
Note qu'on pourrait réfléchir à la Commission européenne, à créer une catégorie "Vin de Supermarché", ce serait plus facile à retenir que VSIPG, par exemple...

Écrit par : Hervé Lalau | 13 août 2014

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et pourquoi pas une catégorie JNBPDCTDVCJNCPLPEELNIU (je ne bois plus de ce type de vin car je ne connais pas la provenance exacte et le nombre d'intrants utilisés); d'ailleurs tes rosés pamplemousses sont ils réellement VSIGP ou VDF alors qu'on a de l'AOP rosé et des acronymes en veux tu en voilà

Écrit par : David Seb | 13 août 2014

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Non, ils sont "vins aromatisés", produit de France ou d'ailleurs. Le vin qui rentre dans leur composition peut avoir une origine ou pas, elle cesse de pouvoir être mentionnée sur l'étiquette quand ils sont aromatisés

Écrit par : Hervé Lalau | 13 août 2014

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Effectivement, la réglementation interdit de mentionner le nom des vins AOP ou IGP dans la dénomination de vente des produits vinicoles aromatisés, mais a contrario cela devrait donc être possible dans une liste des ingrédients, pour que celle-ci soit exacte (l'AOP ou l'IGP étant le nom précis du vin utilisé).
Il est à noter que le nouveau règlement européen 251/2014 sur les vins aromatisés (applicable à partir du 28 mars 2015) prévoit le développement d'indications géographiques spécifiques à ces produits.

Écrit par : Norbert | 13 août 2014

Déjà difficile de trouver des propriétaires-récoltants en supermarché mais avec ce type de produits, il y en a encore moins.

Écrit par : Bertrand Borghino | 13 août 2014

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Merci, Norbert.

Je me demande si les arômes devront eux-aussi être produits dans l'aire de production.

Écrit par : Hervé Lalau | 13 août 2014

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Hervé, J'y cours.... Et no comment. Evidentissimme c'est tout...

Écrit par : isarn bernard | 14 août 2014

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OK, j'admet que l'idee que les vins aromatises puissent conduire de nouveaux consommateurs vers le vin n'est pas demontree.
J'ai bien aime les contre-exemples de la margarine et du McDo.

Quant a retreindre le monde du vin a une elite, cette idee me fait froid dans le dos. Laissons ca a l'infame JR et aux lecteurs de la RFV. Mon humamisme beat me fait tendre vers l'universalisme.Mais effectivement nous voila dans un autre debat. Et puis j'ai peut-etre faux la aussi.

Mais pour ce qui est des ajouts d'aromes, ou tracer la limite? Quid des liqueurs dans les Champagnes? Et les copeaux, chips et autres bouts de bois plus ou moins crames dans la majorite des rouges? Et l'alccol dans les vins mutes?

Pour les levures aussi il faut definir une frontiere: a partir de quand un intrant est-il constitutif de la creation du vin et quand devient-il un aromatiseur exterieur?

Moi je dit tout ca parceque j'adore les debats d'idees avec Herve, mais en pratique je suis d'accord pour separer clairement les produits en grande distribution. L'exemple de la separation des beurres et des margarines est parfaitement pertinent.

Écrit par : Denis Boireau | 20 août 2014

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Oui, mais quand on sépare les Beurs, ne crée-t-on pas un ghetto? Ils ont essayé du côté de Francorchamps, en créant plusieurs logements de standing pour les investisseurs des émirats évoluant dans le milieu de la formule un: les fameux Spa-ghetti!

Écrit par : Luc Charlier | 20 août 2014

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