29 juillet 2014

Des monopoles et des prix du vin au Canada

Sur son site Vin Québec, mon excellent confrère Marc André Gagnon a publié récemment un article relatif aux négociations sur la libéralisation du commerce intra-canadien.

Le problème n'a rien de théorique, quand on voit le différentiel de prix entre les deux provinces voisines du Québec et de l'Ontario (qui disposent chacune de leur monopole).

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Vin Québec a fait quelques relevés de prix (pour mémoire, la SAQ est le monopole du Québécois, la LCBO celui de l'Ontario)

 

Prix vins Québec vs Ontario

 

SAQ

LCBO

Diff

Diff %

Georges Duboeuf Beaujolais-Villages

16,00

12,95

3,05

24%

Carmen Reserva Carmenere

13,95

11,45

2,50

22%

Bolla Valpolicella Classico

15,75

12,95

2,80

22%

Monasterio de Las Vinas Gran Reserva

20,60

16,95

3,65

22%

Masi Passo Doble

16,95

13,95

3,00

22%

Cusumano, Syrah

14,45

11,95

2,50

21%

Wolf Blass Yellow Cab-Sauv

18,00

14,95

3,05

20%

Santa Cristina

15,50

12,90

2,60

20%

Château Puyfromage

17,85

14,95

2,90

19%

Carpineto Dogajolo

17,90

15,10

2,80

19%

Cousino Macul Cabernet sauvignon

18,95

16,00

2,95

18%

Gato Negro cab sauv

10,45

8,95

1,50

17%

Château Timberlay

18,55

15,95

2,60

16%

Hoya de Cadenas Tempranillo Res

14,50

12,55

1,95

16%

Celeste Torres

21,30

18,75

2,55

14%

Gigondas Guigal

36,25

31,95

4,30

13%

Clos de los Siete

24,85

21,95

2,90

13%

Bila-Haut Chapoutier

16,90

14,95

1,95

13%

Georges Duboeuf Brouilly

19,95

17,95

2,00

11%

Folonari

15,50

13,95

1,55

11%

Guigal Côtes du Rhône

20,95

18,95

2,00

11%

Penfolds Koonunga Shiraz/Cab

18,55

16,95

1,60

9%

Monasterio de Las Vinas Reserva

16,30

14,95

1,35

9%

Folonari Ripasso

19,50

17,95

1,55

9%

Liberty School Syrah

20,45

18,95

1,50

8%

@vinquebec 

Plusieurs commentaires de mon cru (non classé):

1° Le monopole ontarien semble plus efficace que le québécois, puisque la différence est toujours en faveur de l'Ontario.

2° Quels que soient leur province, les Canadiens ont bien du mérite à acheter si cher nos vins; à titre d'exemple, le Santa Cristina d'Antinori est vendu chez Delhaize, en Belgique, au prix de 6,99 euros, contre 9 euros environ en Ontario et 10,85 au Québec.

Et cet écart ne se limite pas aux vins d'Europe: le Gato Nero Cabernet Sauvignon, pourtant produit au Chili, est également nettement moins cher en Belgique (5,65 euros chez Carrefour Market, contre l'équivalent de 6,3 euros en Ontario et 7,3 au Québec).

On peut donc se demander où va la différence.

Pour rappel, la LCBO réalise plus de 4,7 milliards de dollars canadiens de chiffre d'affaires (sans concurrence aucune), et la SAQ pas loin de 3 milliards (dont plus de 2 milliards sur les vins). Le résultat net de cette dernière est de l'ordre du milliard.

L'Etat est-il le mieux qualifié pour vendre du vin? Certainement pas. Pas plus d'ailleurs que de l'électricité, du jambon ou des automobiles.

Si la justification initiale de ces monopoles est la protection du consommateur, leur vraie raison d'être semble être devenue de faire rentrer des taxes dans les caisses provinciales.
Et on est loin de l'objectif affiché lors de la fondation de la SAQ, en 1971 "mettre à la disposition des consommateurs l'éventail de produits désirés, de la meilleure qualité possible, au moindre coût possible".

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Canada, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

Commentaires

Pas d'accord avec toi sur l'électricité, Hervé. Je pense que l'état ne doit pas se mêler des produits de luxe (dont le vin), sans doute pas des denrées alimentaires de première nécessité (comme le jambon) mais cela se discute. Par contre, il DOIT fournir gratuitement de l'électricité (jusqu'à un certain niveau de puissance) à tous les particuliers (surtout ceux dans le besoin) et à un prix le plus bas possible à l'industrie et aux autres professionnels. Je suis évidement pour une nationalisation de toutes les sources d'énergie, de l'industrie automobile, des banques .... Et qu'on ne me dise pas que cela ne marche pas, en prenant l'exemple de l'empire soviétique. Il faut gérer cela dans la transparence, dans un système de pluripartite et en soumettant tellement à la fiscalité les cadres très élevés du privé qu'ils préfèreront un emploi dans le public. Et s'ils s'exilent, bon débarras. On n'a pas besoin d'eux en si grand nombre. Je ne crois pas du tout que ce soit le PDG qui assure le succès ou non des grandes entreprises, c'est la qualité de son "middle management". Beau débat, non?

Écrit par : Luc Charlier | 29 juillet 2014

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A tout le moins, il faut reconnaître à la SAQ un ensemble de services et d'informations peu communs dans la profession… ce qui, naturellement, n'est pas une excuse pour des prix excessifs.

Écrit par : mauss | 29 juillet 2014

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