23 juillet 2014

De la relativité des chiffres, à Cahors ou ailleurs

On parle souvent de l'accroissement des surfaces viticoles. Tout est relatif.

Prenez l'exemple de Cahors. Après le gel de 1956, l'appellation se réduisait à peu de chose. On dit que seul un cep sur 100 a survécu. Le Causse, en haut de l'appellation, a été le plus touché, et pour des raisons pratiques aussi bien que de rendement, c'est la partie qui a été la moins replantée.

Près de 60 ans plus tard, Cahors compte quelque 4.400 hectares, et d'aucuns font remarquer que certains terroirs alluvionnaires en bordure du Lot ne devraient pas être dans l'aire d'appellation.

CAHORS, CRUS

Olivier Borneuf à Cahors: "Est-ce que j'ai une gueule d'alluvion?" (Photo (c) H. Lalau 2014)

Je ne suis pas vigneron. Je ne suis pas Cadurcien. Alors je leur laisse le soin de régir leur patrimoine commun, ce qui est leur boulot; je fais le mien, qui est de déguster les vins et de dire ce que j'en pense, ce qui n'engage que moi; et éventuellement, d'agrémenter mon commentaire de quelques données factuelles susceptibles d'expliquer déception ou enthousiasme. 

Ce n'est pas que je me défosse. Mais comme je n'aimerais pas que des vignerons écrivent à ma place, je pense qu'ils n'aimeraient pas que je réglemente leur appellation à leur place - même si j'ai ma petite idée.

Oui, par exemple, des premiers ou des grands crus auraient un sens à Cahors, car une seule AOC pour une telle diversité de produits, c'est un peu court - et là, ce n'est pas un avis personnel, c'est juste le reflet de la situation des vignes, des sols, des micro-climats... sans oublier la patte du vigneron. Reste à les déterminer, et là, c'est une autre histoire.

Attention également à ne pas trop émietter l'image de l'appellation, alors qu'elle est en train de s'améliorer, et de manière spectaculaire.

Mais pour revenir aux chiffres, comparons ce qui est comparable: avant le phylloxera, Cahors a compté jusqu'à 60.000 hectares. La zone (comprise dans ce que l'on appelait alors le Haut Pays) fournissait à Bordeaux de quoi remonter la couleur et la structure de ses vins...

Autres temps, je vous dis.

Aujourd'hui, avec moins, Cahors fait mieux, et en plus, il signe ses vins!

11:40 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Tags : cahors, crus | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

ça m'étonne que Bordeaux ait eu besoin un jour de se voir remonter la couleur et la structure au moment où ils étaient déjà naturellement trop tanniques...enfin, je ne sais pas, je n'y étais pas.
N'était-ce pas simplement pour une vulgaire raison de "sous sous" ..baptiser des crus classés avec du Cahors, n'était-ce pas tentant au temps où il n'y avait vraiment personne pour contrôler...??

Écrit par : Gosselin jean Noël | 24 juillet 2014

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