21 juillet 2014

Les bouteilles de La Dominique voyageaient en toute discrétion

Un camion transportant 18.000 bouteilles du second vin du Château La Dominique, millésime 2011, a versé dans un rond-point aux abords de Saint Emilion. 16.000 ont été détruites dans l'accident. Le reste le sera, "pour éviter tout problème", annonce le propriétaire.

Ce qui m'a étonné, à examiner les photos publiées par Sud-Ouest, c'est le fait que les bouteilles n'aient porté ni étiquette, ni capsule congé.

Le Château La Dominique n'étiquette et ne capsule donc pas chez lui? N'est-ce pas un peu curieux, même pour un second vin, de se promener ainsi tout nu?

La France est championne des règlements en tout genre - interdit de mentionner le mot château sur l'étiquette d'un vin, même issu d'un château identifié, si le vin n'a pas l'AOC; interdit de mentionner la teneur en alcool autrement qu'en demi-degrés; interdit d'employer des mentions comme "vendanges tardives" ailleurs que dans quelques rares AOC; interdit de vinifier du Maury ailleurs que dans le finage de Maury, j'en passe et des plus étranges...  

Mais l'on constate que des vins peuvent très facilement quitter les chais d'un Saint Emilion Grand Cru (le sommet de notre pyramide qualitative) non étiquettés et non capsulés. Une déclaration de douane suffit, apparemment. C'est paradoxal.

Mais où allait donc ce vin?

12:18 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : saint emilion, capsule congé, étiquette, la dominique | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Commentaires

Quel est l'intérêt de répandre ainsi gratuitement de la suspicion sur les mouvements de bouteilles...?
C'est parfaitement réglementé.
Une déclaration de douane (en fait, un "acquit à caution", il me semble), ce n'est pas rien.
Et c'est une question tout à fait différente des règlementations d'étiquetage.
Il n'y a pas que les camions qui se renversent...
Mais il faudra peut-être un jour se pencher sur la dangerosité des ronds-points pour la production viticole.

Écrit par : Norbert Olszak | 21 juillet 2014

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Quel est l'intérêt, M. Norbert? Aucun si ce n'est de chercher honnêtement à comprendre le pourquoi. Je ne vois pas l'intérêt qu'a La Dominique à faire transporter ses vins, même légalement, d'un entrepôt à un autre, avant qu'ils ne soient étiquetés. C'est mon droit de poser la question.
Et ne me dites pas que vous n'avez jamais entendu parler de "vignes de papier" (j'ai le droit de produire ici, je ne le fais pas, mais ça me donne la possibilité de déclarer du vin que j'achète ailleurs), ou de fraudes aux appellations - L'affaire Giscours, par exemple...
Malgré l'efficacité que vous supposez à notre réglementation, je constate moi que ce la plupart des fraudes ne sont pas révélées par les douanes, mais sur dénonciation d'anciens employés.
Maintenant, rien ne dit qu'il y a quoi que ce soit d'illicite dans le cas de La Dominique.
Par ailleurs, j'émets à nouveau un doute sur la garantie qu'offre un consommateur la vinification dans l'aire de production. Obligatoire à Maury et à Pomerol. Mais pourquoi là et pas à Pommard, à Gevrey, à Meursault, à Margaux etc...
Pas de rapport avec le reste? Mais si, M. Norbert: tout ceci est censé protéger le consommateur des contrefaçons. Est-ce efficace? Non.

Écrit par : Hervé Lalau | 21 juillet 2014

Mes petits amours (au masculin car vous êtes tous deux UN amour pris séparément), au-delà des questions de destination qu'un Prudhomme de Saint-Emilion a le droit de se poser, il est effectivement possible de transporter des produits viticoles (marcs, lies, vin en vrac, vin en bouteille) sans étiquettage ni preuve "collée" du paiement de l'accise, s'il est accompagné des formulaires de douane ad hoc. Tout ceci a été informatisé maintenant - avec quelques balbutiements du système Pro-Douane au début et toujours des complications lorsqu'il y a panne. Au départ d'un simple numéro, généré par le système lui-même, tout officiel habilité et tout professionnel ayant les codes peut entrer dans un ordinateur et y trouver, 24/24 et dans tous les pays de l'UE, les renseignements concernant la marchandise.
Par contre, les acquits classiques comme ceux qu'on allait chercher à la perception près de l'Eglise de Pomerol du temps des soeurs Robin, tandis qu'elles collaient les étiquettes du Ch. Le Gay sur vos bouteilles, et les formulaires du type VA2 etc, ont disparu, si je ne me trompe.

Écrit par : Luc Charlier | 21 juillet 2014

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Ah oui, j'oubliais : est-ce qu'on a contrôlé l'alcoolémie du chauffeur?

"Dominique, nique, nique, s'en allait tout simplement
Routier, pauvre et chantant.
En tout chemin en tout lieu
Il ne parle que du Bon Dieu (...)
Ni chameau ni diligence , il parcourt l'Europe à pied
Scandinavie ou Provence, dans la sainte pauvreté ..."

Mais a l'époque il y avait moins de giratoires que maintenant et les soeurs pouvaient garder le sourire. Cela n'a pas duré pour Jeanne Deckers par contre et on sait comment la pauvre a fini. Les dominicain(e)s n'ont pas fait preuve envers elle de beaucoup de charité chrétienne. Mais la maison de disques Philips et le fisc encore moins!

Une partie de la famille de mon père était issue de Wavre (et de Walhain) et c'est ainsi que je peux vous renseigner sur la tombe de cette vedette du pop catho. Pour Jean-Sébastien Bach, c'est l'église Saint-Thomas de Leipzig, mais je n'y ai pas de famille. Mon prince, on a les dames du temps jadis qu'on peut !

Écrit par : Luc Charlier | 21 juillet 2014

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