03 juillet 2014

Ce bon Rousseau

Nombreux sont les vignerons qui prônent un retour à la nature. Et militent par l'exemple de leur vin, avec plus ou moins de bonheur - mais les vignerons dits conventionnels non plus ne font pas tous de grands vins.

Certains de ces "naturistes", au sens philosophique, évoquent Steiner (qui ne s'est jamais intéressé au vin), d'autres Rousseau. 

Cette tendance s'accompagne souvent d'une certaine prise de distance avec la science. Il faut dire que Rousseau lui-même n'était pas tendre avec le monde scientifique de son époque. Voici ce qu'il en dit dans son Discours sur les sciences et les arts, en 1750:

"L'astronomie est née de la superstition ; l'éloquence de l'ambition, de la haine, de la flatterie, du mensonge ; la géométrie de l'avarice ; la physique d'une vaine curiosité ; toutes et la morale même, de l'orgueil humain."

Pourtant, en 1750, on ne parlait pas encore d'oenologie, ni de pesticides.

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10:54 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, Pour rire, Suisse | Tags : vin, nature, rousseau, état de nature, philosophie, oenologie | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

Commentaires

"Rousseau lui-même" !

Tu sembles le vénérer, Hervé. Il n'y a que les Français eux-même, et leurs afidés issus de l'enseignement francophone à l'étranger, pour lui accorder la moindre importance. Il s'agit d'un schizophrène rendu encore plus délirant par des affections physiques débilitantes. Sa "pensée" n'a même pas valeur anecdotique. Note que "votre" Onfray ne vaut guère mieux, mais lui au moins, il est drôle (parfois). Et on ne parlera plus de lui 15 ans après sa mort. Rousseau, vos profs de "philo" (une matière qui ne figure au programme d'aucun autre pays européen) nous le rabâchent depuis 250 ans.

Écrit par : Luc Charlier | 06 juillet 2014

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C'est curieux que tu dises ça car je n'ai aucune affinité particulière avec Rousseau.
Et à l'école, mes profs non plus.

Écrit par : Hervé Lalau | 06 juillet 2014

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J'ai réagi non pas à une supposée complicité entre le petit protégé de Mme de Warens et toi, mais au ton de ton papier: "Rousseau lui-même" etc ... Déjà, le culte des "penseurs", cela me gonfle, mais celui-ci dépasse tous les autres. Tu as eu de la chance d'échapper à la rousseaumanie durant tes études moyennes.
Voici une fois encore le "syndrome du blog". J'ai cru subodorer une approbation envers JJ Rousseau - qui n'y était que dans mon esprit. Et j'ai sans doute "sur-réagi" (over-reacted"), bien dans mon style.
Avec des proches, cela ne prête pas à conséquence. Parfois, cela déclenche tout un pataquès.
Mais revenons-en à Rousseau. Je suis sûr qu'on peut trouver dans ses écrits des idées recevables, surtout si on les sort de leur contexte général. Sinon, ce que j'en connais était chaque fois très loin de ma perception du monde, des choses et des gens. Même si la société a changé, même s'il a vécu dans un environnement très particulier et, d'une manière, très protégé, il a presque "faux sur tout".

Écrit par : Luc Charlier | 06 juillet 2014

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Ya pas d'mal, l'ami!
Mais quant à moi, je suis plus Voltaire, ou Diderot, que Rousseau. Avec, bien sûr, tout ce qu'il faut prendre et laisser dans les oeuvres de gens qui ont vécu dans leur époque - mais je ne suis pas moins conditionné qu'eux, juste différemment
Pour Rousseau, je me rappelle encore les synthèses que j'ai du faire il y a 35 ans sur ses "belles pages" au sujet de l'état de nature et d'autres sur l'éducation. Ah, l'Emile! - "Tout est bien sortant des mains de l'Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme…". Un peu péremptoire...
Et puis bonjour la place des femmes dans son monde idéal…
Déjà, mon prof de français de l'époque nous expliquait qu'il n'avait pas toujours mis en pratique son bel enseignement, abandonnant ses enfants, notamment. Je ne sais pas si l'on peut mettre ça sous le compte de la licence poétique - est-ce qu'il y a une licence philosophique?

Écrit par : Hervé Lalau | 06 juillet 2014

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