26 mai 2014

Fesles en sec

Vous connaissez sans doute le Château de Fesles pour ses excellents liquoreux (Bonnezeaux, Coteaux du Layon). Peut-être vous rappelez-vous que ce domaine à un temps appartenu au grand pâtissier Lenôtre - quoi de plus normal que de vouloir apparier ce type de vins à des desserts?

Puis le château est entré dans la famille Germain; enfin, voici quelques années, dans l'orbite de Lacheteau, la filiale ligérienne du groupe Grands Chais de France. Les propriétaires passent, les vignes demeurent. Et l'équipe technique.

Ce n'est pas par esprit de contradiction (quoique), mais je vous parlerai aujourd'hui du vin "sec" produit ici - en Anjou blanc, donc, puisque que Coteaux du Layon et Bonnezeaux sont réservés aux doux. 

Et plus spécifiquement du Chenin Sec Cuvée la Chapelle 2010 "Vieilles Vignes".

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Ce qui est remarquable, avec ce vin, c'est qu'il commence comme un grand liquoreux de Loire, avec toute sa palette d'arômes très riches - camomille, coing, miel - mais que la transition vers le sec se fait sans à coup, tout naturellement, au travers d'un léger voile fumé; en bouche, on entre d'emblée dans le vif, dans la partie plus acide du sujet, mais les arômes du nez ne nous quittent pas, aussi le vin n'a-t-il rien de dissocié. La finale, sapide, est presque aussi longue que celle d'une liquoreux, avec en prime petite touche d'amertume sympa et de réglisse.

Un grand coup de chapeau au chef de culture, aux vendangeurs et aux vinificateurs, à toute la chaîne de patience et de soins qui a permis de faire de ce vin autre chose qu'un sous-produit: un grand produit, mais sec.

 

 

07:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Loire | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

Commentaires

Walking up hill backwards

Mon grand Hervé, tu prends les choses par le petit bout. Ce sont les liquoreux qui constituent une "oddity", notamment quand on les produit par le biais de tries successives. A maturité "normale", le chenin est capable de donner toutes les nuances que tu décris. Sa botrytisation ajoute des choses, mais en camoufle aussi certaines. Va voir chez Papin (Dom. P Bise), grand producteur de liquoreux, son blanc sec (Clos du Garde ou qqchose comme cela) est remarquable aussi.
Autre sujet, je me suis remis entre les oreilles (version D Barenboim avec le E-W Divan) la symphonie fantastique hier, en entier. L'homme de la Côte Saint André fait de la botrytisation d'orchestre. Moi, je continue à aimer.

Écrit par : Luc Charlier | 26 mai 2014

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Tu as 100% raison. Reste qu'on ne se pose pas toujours la question, et qu'on prend les liquoreux pour la norme dans ces domaines, et moi, j'avais envie de revenir à la base.

Écrit par : Hervé Lalau | 26 mai 2014

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Dans le Valais aussi

Hervé, malgré leur goût pour le vin de chasselas, les Valaisans adorent boire les cuvées du château de Fesles dans leur chef-lieu, m'a-t-on dit. Les Helvètes sont friands de Fesles à Sion.

Écrit par : Luc Charlier | 26 mai 2014

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Alors là, M. Charlier, c'est un grand cru du calembour: non seulement il marche tout seul, mais en plus, c'est une contrepétrie (comme la boîte du même nom); Ben oui, qu'est-ce qu'ils aiment à Lyon?

Écrit par : Hervé Lalau | 26 mai 2014

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On fait ce qu'on peut, maître. Le deuxième aspect ne m'avait pas échappé mais est un pur produit du hasard.

Écrit par : Luc Charlier | 26 mai 2014

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