28 avril 2014

"The problem with Châteauneuf du Pape"

Lu sur le site de Decanter, sous la plume d'un lecteur, M. Butler:

"The only problem with Châteauneuf du Pape is that it is a blend and growers have many varieties to blend from,as back labels are not as informative as they could be, you have to find a grower whose blend you like and stick with him.Just buying a bottle of Châteauneuf du Pape can lead to disappointment."

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Cépages, élevage, climat, lieux-dits... faut-il mettre tout ça sur la contre-étiquette? LE plus simple est encore de déguster! 

(Photo H. Lalau)

 

Pour moi, le seul vrai "problème" est que des amateurs de vin aient encore besoin de se rassurer avec des mentions de cépages sur la contre-étiquette. Pourquoi ne goûtent-ils pas avant d'acheter? Pourquoi ne s'informent-ils pas? L'information sur les vins, à l'ère des forums et des blogs, n'a jamais été aussi abondante et facile d'accès. La contre-étiquette est un élément facultatif, développé en premier lieu pour la vente en libre-service, et si sa valeur est souvent limitée, c'est parce que c'est d'abord un élément de communication commerciale. Il y a des exceptions, des étiquettes vraiment informatives, mais on ne peut généraliser.

Se pose bien sûr, en filigrane de ce commentaire, la vieille question de la "typicité" des appellations.

L'AOC n'est au fond est une indication de provenance, elle garantit le respect d'un certain cahier des charge, une obligation de moyens, pas de résultats. Elle n'a jamais évité les "déceptions"; et en quoi la mention du pourcentage de Mourvèdre ou de Grenache dans l'assemblage serait-elle une garantie de qualité, voire d'identité? Je peux trouver une demi-douzaine de raisons pour lesquelles, à partir d'un même assemblage (mentionné ou pas sur la contre étiquette), les vins seront tout à fait différents à l'arrivée: le type de sols, les micro-climats, le moment de l'assemblage (raisins ou vins de cuve, vins élevés); le type d'élevage; les levures utilisées; la compétence du vigneron; sa maîtrise des rendements, etc...

Faut-il demander au vigneron de s'engager sur le goût de chaque vin, d'énumérer les molécules odorantes sur la contre-étiquette? Au nom du fameux principe de précaution, faudra-t-il bientôt apposer sur chaque bouteille des mentions du genre "produit pouvant décevoir le consommateur, le surprendre, le dégoûter ou le ravir"?

M. Butler, si vous voulez éviter toute surprise, arrêtez le vin!

00:21 Écrit par Hervé Lalau dans France, Grande-Bretagne, Rhône | Tags : châteauneuf-du-pape, précaution, cépage | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Bonjour,
Je suis parfaitement d'accord avec vous, belle analyse.
Bonne journée.

Écrit par : http://www.chateaumontredon.com/ | 18 mai 2015

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