07 avril 2014

Affaire Giboulot: 500 euros, et après?

Le tribunal de Dijon a infligé 500 euros d'amendes à Emmanuel Giboulot.

C'est trop? Trop peu?

Sans doute les deux. Trop si l'on admet que la désobéissance civique est un droit du citoyen. Trop peu, si l'on prend en compte les effets potentiels d'une expansion incontrôlée de la flavescence dorée.

La question qui me vient naturellement, c'est "tout ça pour ça". Je n'ai pas l'impression que les arguments de M. Giboulot aient gagné beaucoup à cette exposition médiatique; ce n'est pas parce que de grands journaux y consacrent des "alertes média", des "breaking news" que l'on va remettre en cause le système des traitements préventifs.

Mais plutôt que de refaire le procès, je préfère vous donner à lire le communiqué du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne.

"Le BIVB a pris acte du jugement concernant l’affaire Emmanuel Giboulot.

Il s’agit d’une décision de justice que nous n’avons pas à commenter.

Cette affaire est désormais close. La profession préfère se concentrer sur la lutte contre la Flavescence Dorée, qui reste un enjeu majeur pour le vignoble bourguignon.

Grâce à la mobilisation exceptionnelle des professionnels en 2013, un état des lieux précis de la maladie en Bourgogne a été établi. Dès lors, la filière, toutes sensibilités confondues, n’a cessé d’échanger et de travailler à l’établissement d’un plan de lutte 2014 concerté et ajusté à chaque situation.

La volonté de l’ensemble des acteurs impliqués est de réduire au minimum le nombre de traitements insecticides, ainsi que la surface concernée. Rappelons qu’à ce jour, il n’existe, hélas, aucune alternative pour lutter contre cette maladie très épidémique et mortelle pour la vigne.

N’oublions pas que la lutte contre la Flavescence Dorée, loin de reposer uniquement sur l’emploi de produits phytosanitaires, s’appuie sur 3 autres piliers (prospection, arrachage des pieds malades, traitement à l’eau chaude des plants de vigne), dont le principal est bien la surveillance du vignoble.

La guerre contre cette maladie ne se gagne pas en une seule bataille, elle nécessite un engagement prolongé de tous. L’expérience nous l’a prouvé : les vignobles où la mobilisation s’est relâchée ont vu la maladie revenir en force. Dans ce domaine, la Bourgogne souhaite conserver un comportement exemplaire.

Cette situation particulière ne remet pas en cause le fort engagement de la Bourgogne en matière de développement durable."

Et vous appelle à la commenter si vous en avez l'envie.

 

15:50 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, France | Tags : giboulot, flavescence dorée | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Comme vous, je suis partagé sur ce sujet, bien que je sois totalement en faveur d'une agriculture biologique.
Il n'y avait à priori pas d'urgence à faire ce traitement puisque la Flavescence Dorée ne s'est pas manifestée.
Pour un cas isolé, le risque reste faible...Par contre, sur les 500000 signatures de soutien, si nombreux sont des vignerons, le risque de contagion deviendrait problématique!

Écrit par : Aymeric Chauveau | 07 avril 2014

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Intéressante "brochette" d'avis dans tous les sens sur cette faire dans Le Monde, qui semble indiquer que même les "lecteurs moyens" n'ont pas une pensée unique sur la question.

http://www.lemonde.fr/planete/reactions/2014/04/07/emmanuel-giboulot-viticulteur-bio-il-y-a-une-pensee-unique-sur-les-pesticides_4397105_3244.html

Écrit par : Hervé Lalau | 08 avril 2014

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