28 mars 2014

Vade retro bouchonnier

L'autre jour, lors d'un voyage de presse, j'ai dû me farcir une heure de présentation à propos des avantages supposés des produits d'un bouchonnier (si c'est lui qui le dit!).

C'est qu'il était sponsor de l'événement. Et les organisateurs ont fait le forcing pour nous faire assister à la présentation, mes collègues journalistes et moi. Dieu sait pourtant qu'on aurait préféré être ailleurs!

Pourtant, je ne vois pas comment je pourrais en parler. J'écris pour des consommateurs et les consommateurs ne choisissent pas les bouchons des vins qu'ils boivent. Ce sont les producteurs.

Une exception, peut-être; les capsules à vis. Comme elles se voient, le consommateur pourrait à la rigueur se déterminer en fonction de cette différence. A titre personnel, vous savez que je suis favorable à ce type de bouchage. Mais je ne me fais pas d'illusion sur mon influence.

Dans tous les autres cas, le consommateur ne découvre le bouchon qu'une fois la bouteille ouverte, alors je pourrais bien lui vanter le Diams, le Nomacorc ou l'Amorim que cela ne changerait rien.

Je constate quand même que nous autres journalistes sommes de plus en plus les otages de ces fournisseurs de la production, que ce soit au sein des concours que des présentations de presse.

Je profite de cette modeste tribune pour leur dire, ainsi qu'à leurs charmantes attachées de presse (qui ne font que leur boulot, bien sûr), que leur communication m'ennuie. Que même si j'en avais l'envie, je ne pourrais les aider. Et que je n'en ai pas l'envie.

Je le dis poliment aujourd'hui, mais j'ai bien peur un jour de ne plus pouvoir me retenir de le dire de manière plus véhémente, et publique, lors d'un de ces événements sponsorisés.

 

 

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : bouchon, communication, vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Certes, le consommateur ne choisit pas le bouchon, mais il peut choisir le vin en fonction du bouchon.
C'est ainsi que j'ai arrêté d'acheter le vin d'un certain domaine bourguignon quand il a opté pour une sorte de suppositoire plastique, manifestement de haute technologie mais vraiment trop laid.

Écrit par : Norbert | 28 mars 2014

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Je pense reconnaître ce domaine, qui n'est ni un lieutenant, ni un colonel du vignoble. Pourtant, ses vins sont délicieux. Je ne vois pas, moi non plus, l'intérêt de ce bouchon, en plus très désagréable à perforer, tactilement. Il faut en conclure que le liège ne les a pas satisfaits, ce qu'on comprend d'autant plus aisément lorsqu'il s'agit de préserver les arômes si fruités du bon pinot noir. Pourquoi diable ne sont-ils pas passés à la capsule?

Écrit par : Luc Charlier | 29 mars 2014

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