11 mars 2014

Marrans, ce Fleurie!

La nappe évoque le bouchon lyonnais ou le troquet de campagne, le nom sur l'étiquette peut faire marrer; mais le vin dans la bouteille, lui, fait encore mieux. Fleurit sur vos lèvres un joli sourire.

La trace d'un fruit gourmand, solaire (c'est un 2009), mais la structure solide d'une bouche un poil aigrelette, comme on aime ces Beaujolais improbablement tendus, funambules, légers mais généreux, sur le fil du plaisir. Le Gamay pinote un peu, juste ce qu'il faut, le coup est résussi, il n'y a plus qu'à le boire. Et à hisser le Pavillon pour saluer cette jolie cuvée, une des premières réalisées par Mathieu Mélinand, de retour de stage dans les grosses wineries australiennes, et dont l'ambition première était de "faire mieux que les parents", de concilier "concentartion et élégance".

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Contact: Domaine des Marrans, Jean-Jacques, Liliane et Mathieu Mélinand, Fleurie

 

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Il a tout d'un grand! Il ne manque que "cru du Beaujolais" sur l'étiquette... :-)

Écrit par : Jean Bourjade | 14 mars 2014

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Cela ramène au débat – intéressant, voire essentiel à notre échelle – qui fait rage dans le microcosme du vin. Si le Domaine des Marrans N’A PLUS BESOIN de se cacher derrière une AOC, ou plus positivement de s’appuyer sur elle, c’est tant mieux pour lui. La majorité des vignerons sont des individualistes (pas tous) : ce n’est ni bien, ni mal. L’appellation, c’est avant tout un moyen de promotion. Jadis, quand un outil était allemand, on lui faisait confiance. Quand il était français on se méfiait. Le « Hergesteld in Deutschland » était son appellation à lui. Pour beaucoup, l’appellation reste un chache-misère mais ses « membres » ne s’en rendent pas toujours compte ou bien ne veulent pas l’admettre. A l’inverse, je vous concède bien volontiers que c’est la planche de salut pour certains vignerons – et tant MIEUX dans ce cas – notamment à leurs débuts. Par contre, lorsqu’on revendique l’appellation, il faut jouer le jeu et ne pas tricher avec ses règles, ça, c’est évident. Et si on trouve les règles mauvaises ou imparfaites, pour des raisons de qualité et non pour des raisons mercantiles, il faut oeuvrer au sein de cette communauté pour les modifier ... ou bien quitter l’association (pas le lieu, le monde appartient à tout le monde)! Monsieur Bourjade, si des gens achètent du « Marrans » (ou du Lapierre) plutôt que du « Bôjo », est-ce un mal ?
Ne vous méprenez pas, je suis un grand amoureux des vins du Beaujolais, mais vous allez sans doute m’ostraciser : je les aime surtout quand ils ne sont pas vinifiés en carbonique, quand ils vieillissent sur le même mode que des pinots noirs, quand ils sont très hauts en alcool (donc de petit rendement et de vendange reculée) mais sans chaptalisation. Bref, j’aime les vins de Romanèche-Th qui ressemblent à de bons Côtes-de-Beaune, les Morgon qui morgonnent, les Côtes-de-Brouilly costauds et les Chenas construits. Vous allez trouver que je n’aime donc pas vraiment le Beaujolais qui mérite de faire figurer « Cru du BJ » sur son étiquette. Chacun voit midi à sa porte. Vive la diversité, la biodiversité autant que l’oenodiversité.
Deux conceptions s’opposent donc (j’ai été voir votre site) et je ne crois pas qu’il y ait moyen de les départager. Vous titrez : la reconnaissance par l’AOC. Vos arguments sont tout-à-fait recevables. Sur chaque point, on peut tout aussi bien développer une vue diamétralement opposée, en toute bonne foi. Vous aurez compris que cela rejoint plus mes inclinaisons. En France, on semble penser que celui qui a raison est celui qui arrive à mieux vendre, « à s’emparer de marchés ». Peut-être ? Mais quels sont ces marchés où on vend bien ? La GD, bien sûr. Montrez moi un seul domaine en France qui produit plus de 20.000 bt par an et qui ne vend RIEN en grande surface, jamais, ne l’a jamais fait et ne le fera jamais (en direct ou même par le biais d’un tiers). Il n’y en a pas, ou si peu, je vous fais une concession pour respecter le principe de précaution. Or, cette GD, elle est en train de signer la perte de tous les agriculteurs – qui poussent pourtant leur caddy devant les linéaires, et pas rien que le samedi – et de toute une série d’autres artisans aussi (boulangers par ex.).
Rien n’est simple M. Bourjade. Je ne jette pas l’opprobre (qui suis-je ?) sur ceux qui ajoutent « Cru du Beaujolais » » sur leur flacon, surtout si c’est par fierté, par fidélité à leur famille ou à leur village – je crois comme vous à ces valeurs – et cela ne m’empêchera pas de leur acheter une quille. Mais je préfère celui qui se satisfera de son nom à lui ou, mieux encore, de celui de son domaine. Pourtant, je souhaite connaître la provenance (et le millésime s’il y en a un). Et c’est souvent là que le bât blesse (regardez l’Anjou pour le moment). En vertu de quoi un groupe – même si c’est la majorité des acteurs – s’arrogerait-il le droit de garder pour lui tout seul le nom du lieu (ou de la région) où il élabore son vin, et à en priver les autres ? Bizarre quand même : les gens du Tricastin n’ont plus voulu appartenir à leur terroir dès lors que son nom avait été sali par la CN. Au lieu de se battre contre la centrale et ses effets néfastes (pas facile, je l’admets), ils ont usurpé le nom .... d’autres (plusieurs autres) et mélangé allégrément les calcaires, les argiles, les galets et la pauvre Madame de Sévigné. Le pire est que, si on doit croire les chiffres publiés (pas sûr que tout ce qui est écrit soit vrai), les ventes ont effectivement augmenté. Il faut croire que les linéaires des centrales d’achat allemandes ou le monopole suédois ont réussi à faire oublier à leurs clients que les becquerels n’arrêtent pas de mesurer le nombre de désintégrations par seconde dès qu’on quitte les frontières de la Drôme.

Écrit par : Luc Charlier | 15 mars 2014

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